Ce film raconte l’histoire d’un père séparé qui a choisi la vie sauvage dans une île islandaise déserte à l’écart de tout et de tous. On suit la cohabitation avec son fils qu’il entraîne avec lui : agréable au début mais devenant plus difficile ensuite. La réalisation nous fait profiter des beaux paysages du Grand Nord mais j’ai trouvé cette adaptation un peu trop longue et manquant un peu de rythme malgré la bonne prestation de Swann ARLAUD.
Bernard CORIC
(Film visionné en projection de presse le 14/11/3035 au Club Marbeuf à PARIS)
Avec Sukkwan Island, récit très personnel, David Vann a obtenu le Prix Médicis 2010 et un très gros contingent de lecteurs, la plupart éblouis par "un suspense insoutenable" alors que d'autres n'ont retenu que le côté malsain du roman. Quid de son adaptation aujourd'hui, avec Swann Arlaud dans le rôle principal, assez remarquable d'ailleurs ? Disons que l'appréciation va différer selon que vous ayez lu ou non le livre, avec aussi la sous-catégorie de ceux qui ont oublié les circonstances de l'événement le plus important qui s'y déroule (spoiler: page 113, pour être précis). Les circonstances du projet de voyage dans le grand Nord où un père et son fils, qui vit seul avec sa mère, ont déjà du mal à paraître vraisemblables. Quant aux situations décrites en long et en large, ensuite, dans un environnement hostile, on les a toutes déjà vues auparavant dans de nombreux films liés à la survie. spoiler: Mais le pire, au fond, est le sentiment final d'avoir été manipulé, de bout en bout. Précisons quand même que le portrait du père est largement édulcoré par rapport au roman, dont le côté sordide est bien plus frappant. Il était difficile de rendre cette noirceur acceptable dans un film et ce sont donc les paysages, très beaux, surtout quand la neige recouvre tout, qui se substituent en grande partie à une intrigue spoiler: dont on ne nous révèle les vrais tenants et aboutissants qu'à la toute fin du métrage.