A première vue, Le Grand Phuket, qui se déroule en Chine et non en Thaïlande, semble être un nouveau récit d'apprentissage autour d'un jeune garçon de 14 ans, aux prises avec la solitude, le harcèlement et l'école, entre autres avanies. Mais le premier film de Liu Yaonan, qu'il aurait tourné sans l'assentiment des autorités chinoises, dispose de quelques atouts pour se singulariser. Dans le décor désolé d'un quartier périphérique en pleine démolition, en premier lieu, et dans ses échappées oniriques et fantastiques symbolisées par de courtes séquences d'animation, comme une métaphore des tourments intérieurs d'un adolescent qui ne trouve sa place nulle part. Volontairement, le film n'explique pas tout dans une intrigue qui peut surprendre par la présence de nombreux trous dans sa narration. Certaines situations ne sont peut-être pas réelles, mais le sentiment général n'en est pas trop affecté, dans le sens où l'on comprend de mieux en mieux le personnage principal et son mal être. Bien que le dénouement ne soit guère satisfaisant, Le Grand Phuket laisse une impression plutôt positive, avec quelques moments forts, une mise en scène inspirée et une interprétation convaincante, faisant oublier un scénario tout de même lacunaire.