Film "difficile", qui ne peut laisser indifférent, même si l'on peut s'y perdre de temps en temps quant à saisir les ressentis des protagonistes.
Mise en scène remarquable, ambiance de l'époque et des lieux très recréée par un jeu d'éclairage quasi permanent en ombre et en lumière tamisée, beaucoup de bistre, de gris, de noir, de rouille...
Les conditions de vie de l'époque et dans ce pays sous emprise russe inpitoyable sont dénoncées au passage, dont leurs méthodes d'intimidation, leur mépris, leur brutalité de mots comme de gestes, exerçant en permanence une pression psychologique qui est déterminante du déroulement de l'histoire.
Cette dernière retrace quelques années de la vie d'un jeune garçon, orphelin de père mais qui ne veut pas y croire, dans un premier temps, puis qui va refuser qu'un autre homme tente de prendre la place de ce père idéalisé.
Dans tout le film, la position de la mère est extrêmement difficile, tiraillée entre de multiples difficultés et sentiments, exploitée, manipulée, jugée...ce qui se traduit par un texte particulièrement sobre, voire infime, quelque peu désespérant.
Dans tout cela, un vent d'amour parvient cependant à souffler çà et là, dans une forêt de paradoxes et de combats intérieurs, avec des séquences paroxysmiques, ponctuellement très violentes.
Mais le tout reste savamment maîtrisé gràce à une mise en scène intelligente, qui entretient un certain suspense, et balade le spectateur comme la spectatrice, entre diverses issues potentielles du drame, et, jusqu(à la dernière image, le ou la laisse dans l'expectative. Oui le film est "difficile", car ce qui se joue dans chacun et chacune des existences ici mêlées est difficile à vivre, et difficile à cerner. Film très sensible, à bien lire entre les lignes des regards et des silences, pour qui souhaite en saisir toute la portée.