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Nitnelav
15 abonnés
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5,0
Publiée le 25 juin 2025
Un film fort et juste. Les témoignages sont bouleversants sans être appuyés. La mise en scène reste discrète, ce qui rend l’ensemble très sincère. C’est simple, puissant, et ça reste en tête longtemps !
Farahnaz Sharifi est née en 1979 en Iran au moment même de la chute du régime du Shah et de l’arrivée au pouvoir d’une théocratie autoritaire. Elle y a grandi, y a fait des études de cinéma et n’en est partie qu’en 2022 pour l’Allemagne dont elle n’est jamais revenue. Obsédée par les images, elle en a collecté de toutes sortes, des photos, des films Super 8 tournés par des familles qui souvent ont pris le chemin de l’exil. Ces images, confisquées par la police et revendues à la sauvette, révèlent « l’autre planète » des Iraniens, celle qui leur a été dérobée et qu’ils habitaient en cachette, dans l’intimité de leurs foyers, loin du regard panoptique des pasdarans.
Son documentaire autobiographique instruit le procès du régime des mollahs et de l’oppression qu’il fait subir aux femmes, étouffées derrière leur tchador. Il évoque les figures courageuses de ce combat : celle oubliée de Homa Darabi, qui s’est immolée par le feu en 1994, après avoir déchiré le foulard qu’elle portait, et celle désormais mondialement connue de Mahsa Amini, dont la mort en septembre 2022, a lancé le mouvement « Femme, Vie, Liberté ».
Oscillant sans cesse entre le particulier et l’universel, entre l’histoire de sa vie privée et la condition féminine en Iran, "My Stolen Planet" est particulièrement convaincant. Il l’est autrement plus que "Lire Lolita à Téhéran" qui m’avait tellement déçu. L’accuserait-on d’être tendancieux, on verrait mal ce qu’il y a à dire pour défendre un régime qui bâillonne les femmes, qui appelle au crime, qui distille la haine et qui espérons-le, finira bien un jour par tomber.
La documentariste iranienne, exilée forcée en Allemagne, revient sur la condition féminine dans son pays, depuis l'arrivée au pouvoir des religieux.
" My stolen planet " c'est un cri, une souffrance que connaissent sans doute la plupart des exilés.
Séparation involontaire et retour impossible ( les risques de son arrestation sont trop grands ) " my stolen planet" parvient à transmettre au spectateur une partie de la tragédie intime qui l'a traverse au quotidien.
Farahnaz Sharifi signe un documentaire iranien bouleversant, encore un. Au milieu des films super 8 des familles dansantes avant la tombe islamiste, l'image d'une mère qui perd la mémoire et celle des disparus passés en boucle. Tant de courage au milieu des violences d'Etat et des morts n'attirent pas l'attention d'une jeunesse occidentale bien née.
Le meilleur film que j’ai vu cette année ! Les témoignages, les archives et les expériences personnelles, sans doute l’une des approches les plus sincères de ce sujet.