Mémoires d’un escargot est signé Adam Elliot, réalisateur qui a été oscarisé en 2004 pour son court animé Harvie Krumpet. Il s’agit de son deuxième long métrage en pâte à modeler et du septième opus de sa « Trilogie des trilogies » : trois courts métrages (de moins de 10 minutes), trois moyens métrages (d’environ 20 minutes) et trois longs métrages (de plus d’1h30). "Quand j’étais étudiant au Victorian College of the Arts en 1996, j’ai mis au point une stratégie de carrière, à savoir ne tourner que neuf films [...] J’ai eu la chance d’en avoir déjà réalisé sept sur neuf… il m’en reste encore deux à faire !", souligne-t-il.
A l'instar du précédent long-métrage d'Adam Elliot, Mary et Max, Mémoires d'un escargot est destiné à un public adulte, en raison de ses thématiques sombres.
Le réalisateur déclare : "J’aime raconter des histoires empreintes d’humour et de compassion. Ce sont des réflexions sur notre quotidien, ponctuées de moments de joie, mais aussi du désespoir qui accompagne les épreuves de la vie. Depuis plus de trente ans, mon but est simple : faire rire les spectateurs… et les faire pleurer."
Le réalisateur s'est inspiré de sa mère qui, quand elle était âgée, était une collectionneuse quasi compulsive. Quand il a fallu se débarrasser de certaines de ses possessions, Adam Elliot s'est demandé si cette collection ne relevait pas de la névrose : "Ces questionnements ont fini par nourrir l’intrigue du film que je considère comme une analyse du caractère de ma mère, mais aussi du mien. J’ai lu beaucoup d’ouvrages sur la psychologie du collectionneur et j’ai aussi vu des documentaires et des reality shows assez racoleurs. J’ai découvert que les collectionneurs ne sont pas rares et qu’il s’agit même d’une forme d’épidémie et du résultat d’un consumérisme effréné."
Comme dans toute son œuvre, Adam Elliot met en scène des personnages marginaux et fait de la différence le thème central de son film : "J’adore affubler mes personnages de particularités et de petites manies et j’essaie de leur donner de l’épaisseur et une certaine excentricité. Je cherche à les rendre aussi empathiques, universels et réalistes que possible. Mes histoires sont des tranches de vie, des histoires de gens auxquels on peut s’identifier – des amis, des proches un rien excentriques, et toutes les personnes originales qu’on croise dans la rue."
Outre sa mère, le réalisateur s'est aussi inspiré d'une amie collectionneuse haute en couleur : "Elle avait brûlé la vie par les deux bouts, avait été prostituée, toxicomane, auteure de récits fantastiques, naturiste et créatrice de mode (dans le désordre !). Elle collectionne les animaux empaillés, les objets de brocante insolites et les amis. [...] Néanmoins, elle a vécu une enfance traumatisante, subissant onze opérations de la lèvre qui l’ont défigurée et marquée psychologiquement."
Chaque accessoire, chaque élément de décor, chaque personnage a été fabriqué à la main par une équipe qui a passé près d’un an à concevoir les 7000 objets nécessaires au projet. En l’espace de cinq mois, le réalisateur a dessiné à la main les 1600 vignettes du storyboard sur des feuilles, avant de dessiner les 200 personnages, 200 décors et les milliers d’accessoires qui devaient ensuite être fabriqués. Le tournage a duré 33 semaines, durant lesquelles 135 000 prises de vue ont été réalisées.