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YoufromParis
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4,5
Publiée le 5 juin 2024
Film d'une poésie qui m'a ému jusqu'aux larmes ! Personne d'autre que Rithy Panh n'aurait pu aussi bien filmer cette révolution qu'il l'a vécue de l'intérieur !
Témoignage filmé d'une journaliste du Washington Post, la crédibilité du récit en est ainsi affirmée. Le traitement cinématographique est intéressant, qui jongle avec des figurines, des images d'archive et une fiction. JACOB sera le point faible car son jeu d'actrice est minable et rend désagréable toutes ses interventions. COLLIN, l'ambigu soutien du régime, est lui impeccable. L'horreur de l'Histoire sera symbolisée par ce pauvre vieux paysan, interviewé à l'improviste, spoiler: sacrifié aux crocodiles . Et les phrases terribles s'accumulent : "nous avons un meilleur rendement grâce à une conscience révolutionnaire forte", "plus de classe exploiteuse ni de classe exploitée", "les anciens citoyens sont nuisibles en tant qu'ennemis de la Révolution", "la solution est leur élimination", "mieux vaut l'absence d'hommes que des hommes imparfaits". Et entendre "le temps des cerises" interprété par Tino ROSSI dans le palais présidentiel nous glace le sang littéralement!
Base sur une histoire vraie dans un contexte genocidaire voici le récit d’une interview de Pol pot par une jeune journaliste de 30 ans dotée d un incroyable réel cran.après une incursion tronquée, manipulée ,barricadée, en pleine guerre du Vietnam ,elle se confirme les dires de quelques escales, soit un massacre quasi général et l emprisonnement,l internement en camps de rééducation,la torture sous prétexte pseudo idéologique. Il faut se rappeler ces moments inimaginables de barbarie qui ont traumatisé des générations. Film a voir, livre à lire.
Le film ne souffre pas de son mini-budget, bien au contraire, il déploit lentement l'oppression la plus étouffante, jusque dans un final assez brutal. Un film hautement nécessaire.
A vu « Rendez-vous avec Pol Pot » de Rithy Panh. Film hybride mélangeant fiction, images d’archives, et reconstitution avec des figurines en plâtre mais néanmoins intense dans le fond et tout à fait homogène et cohérent malgré sa forme. Extrêmement singulier, bizarrement poétique et très bien réalisé, le réalisateur cambodgien s’inspire des écrits de la journaliste Elizabeth Becker pour raconter l’invitation de Pol Pot qu’ont acceptée en 1978 trois Français (une journaliste (Irène Jacob), un reporter photographe (Cyril Guet) et un intellectuel sympathisant du régime du Dictateur (Grégoire Collin) pour faire un reportage à la gloire des Khmers rouges. Les trois français s’aperçoivent très vite qu’ils sont cantonnés dans un périple totalement organisé et balisé à la gloire de la propagande qui les éloigne totalement du génocide qui est en cour et de la misère dans laquelle périt la population encore vivante. Une tension insoutenable s’installe très vite, et le réalisateur sait avec pudeur, retenue et inventivité nous faire ressentir l’horreur de cette radicalisation politique dont les trois témoins français sont maintenus pour un temps à distance. Les trois acteurs eux aussi utilisent l’économie de moyen dans leur jeu ce qui augmente encore plus le malaise ambiant qui monte en puissance au fur et mesure. Un film sobre et obsédant. Un film qui propose un rendez-vous avec l’Histoire passée et toujours en devenir de revenir.
Je suis sortie de la salle avec un sentiment d’inachevé, avec un avis très mitigé. Tout d’abord, je n’aime pas de façon générale le format carré, puis ce mélange de fiction/réalité, d’images d’archives parfois remplacées par des figurines ne m’a pas convaincu. Panh a probablement souhaité par cette mise en scène mettre en avant la déshumanisation, l’horreur or pour moi cela a enlevé toute sorte d’émotion, donc on ne s’attache pas, on ne souffre pas, on ne s’offusque pas pour ce peuple pourtant victime d’un dictateur. L’aspect politique est peu abordé, Les acteurs sont bons, mais on s’ennuie beaucoup durant la première heure. Pour autant ce n’est pas un mauvais film. Il n’est pas à voir absolument mais à voir quand même.
Film sans intérêt car on n'apprend rien sur cette période tragique du polpotisme. De plus la réalisation avec ce melange de personnages en bois ou carton n’amène rien , acteurs moyen et histoire que l'on n'arrive pas a croire.
Film qui reconstitue minutieusement le séjour de trois journalistes invités à la rencontre de Pol pot l’un ancien ami connu en France et qui se rendent compte de la réalité de l’horreur et en rend compte de trois façons, le film d’acteurs, magnifiquement mis en scène, la maquette de très nombreuses figurines et scènes infilmables et des images d’actualité. Ce film entre en résonance de façon saisissante avec certains discours actuels dits révolutionnaires et évoque de façon glaçante la distance entre idéologie proclamée et réalité humaine.
Vu hier à l’ugc Les Halles, encore bouleversé par ce récit poignant et intelligent, un immense artiste, et un trio d’acteurs d’une justesse inouïe, Irene jacob est magistrale.
Un film tenace et poétique. Tenace du début à la fin, pour exprimer l'indicible, les horreurs et les incohérences d'un régime génocidaire. Poétique, dans la mise en scène. Le jeu des acteurs est brillant. Les sons aussi. J'ai vraiment adoré. Du début, à la fin, qui celle-ci reste en mémoire.
Superbe radioscopie de l'une des plus terrifiantes dictatures de l'Histoire. La fiction sied également à Rithy Panh qui reste fidèle à la thématique et la démarche de ses documentaires.
Il faut déjà bien connaître l'Histoire car le film n'explique presque rien de cette révolution qui mène à une nouvelle forme de société dirigé d'une main de fer par le dictateur Pol Pot et ses Khmers Rouges. Trois journalistes américains sont invités au Cambodge pour rapporter au Monde l'extraordinaire Révolution qui se met en place. La trame est longue presque ennuyeuse car il ne se passe rien de particulier à part quelques séquences de films d’époque en noir et blanc et des animations de personnages en bois. On s'ennuie ferme. Tous ça pour un entretien dans la pénombre avec le dictateur dans les dernières minutes qui n'apporte pas grand chose non plus.
Les bons retours sur le film m'avaient convaincu à le rattraper. Je n'ai vraiment pas regretté.
Exigeant, ambitieux et original, le film combine avec habileté différents registres : des images d'archives, des scènes jouées par des comédiens et d'autres par des figurines dans des maquettes, pour un résultat cohérent.
Si les massacres perpétrés par les Khmers rouges restent toujours hors champ, l'ensemble n'en est pas moins puissant, à travers le récit glacial du massacre du peuple cambodgien.
La mise en scène de Rithy Panh, qui excelle d'habitude dans le genre documentaire, est ici très réussie, avec un soin tout particulier apporté aux cadres, comme dans cette très belle scène d'introduction dont l'image de l'affiche du film est tirée.
Enfin, que dire d'Irène Jacob, que l'on voit décidément trop peu au cinéma, si ce n'est qu'elle est une nouvelle fois fascinante de bout en bout, dans ce rôle de journaliste d'investigation en quête de récit et de vérité.
En résumé, un film pas si facile d'accès que ça mais d'une maîtrise indéniable, dont l'ambition et l'atmosphère ne sont pas sans rappeler l'exigeant Onoda, d'Arthur Harari.