Nos folies
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FaRem

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3,0
Publiée le 26 novembre 2025
"Las Locuras" raconte la vie de six femmes au cours d'une seule journée, à Mexico. Un film choral avec des histoires qui se croisent de manière plus ou moins subtile. Je ne vais pas revenir sur chaque histoire, mais ce sont des portraits intimes de femmes confrontées à différentes choses comme un point de rupture, une crise existentielle, des tourments, des incertitudes, des désirs ou une crise familiale. Pour ce qui est de la folie, je ne suis pas convaincu... C'est presque théâtral dans la manière dont c'est présenté, mais pas dans le mauvais sens. C'est cohérent avec ce qui se joue sur le moment précis, car même s'il n'y a pas de continuité, les personnages sont parfois confrontés à des décisions. "Las Locuras" est comme un film d'anthologie avec donc des histoires qui fonctionnent mieux que d'autres. Il n'y en a pas de mauvaise, mais celle qui m'a marqué est sur le repas de famille qui tourne au règlement de compte. C'est cruel, fort et assez représentatif de la culture locale, de l'époque et des thèmes des autres histoires. Au final, un film pas inoubliable, mais pas mal.
Le_Général
Le_Général

122 abonnés 384 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 23 novembre 2025
Ce qui distingue Nos folies, c’est cette façon silencieuse de suivre une journée où six femmes — proches, lointaines, parfois totalement étrangères — se débattent avec une réalité qui se déplace sous leurs pieds. Le pitch est simple, presque nu : dans Mexico, sous une lumière plate qui laisse affleurer les textures de la peau et les hésitations du regard, ces femmes traversent un moment où quelque chose se fissure. Pas un événement spectaculaire, mais une bascule intime. Comme dans certains films choraux d’Alejandro González Iñárritu, on sent que les trajectoires se frôlent sans s’expliquer, que le lien se fait plus par résonance que par récit. Mais ici, Rodrigo García adopte une approche plus douce, presque anti-dramaturgique. Le film déconcerte précisément parce qu’il refuse l’architecture classique. Il choisit le glissement plutôt que le choc : une voix qui se trouble, une posture qui s’affaisse, un geste qui hésite plus longtemps que prévu. La folie, telle que Nos folies la traite, n’a rien d’un effondrement. C’est un décalage — une perception qui change d’angle. Cela évoque parfois la façon dont Lucrecia Martel filme le trouble intérieur, ou comment Claudia Llosa laisse la fragilité émerger dans les silences. Le montage épouse cette sensibilité : il coupe avant la résolution, il retient une seconde de trop, il crée des vides. On a l’impression que le film protège la vie intérieure de ses personnages en refusant de la nommer. Certains spectateurs y verront un manque de tension — pourtant cette absence d’effet est ce qui confère au film sa vérité. Le son construit une profondeur rare : la pluie qui insiste, le mouvement de la ville, les souffles, les bruits qui s’éparpillent sans jamais devenir motif musical. Cela rappelle la manière dont Martel utilise l’environnement sonore pour faire sentir la chaleur, l’oppression ou le dérèglement émotionnel. Ici, ces éléments dessinent un contraste permanent : le monde extérieur avance vite, presque brutalement, pendant que ces femmes tentent de rester alignées, de tenir debout malgré l’inclinaison de leurs propres pensées. On quitte Nos folies avec l’impression d’avoir approché une vérité fragile — une vérité qui circule entre les scènes, qui ne s’impose pas, mais qui persiste comme une vibration lente. Une vérité qu’on reconnaît, même si elle n’a jamais été dite. Ma note : 12 / 20

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