Prey est un titre courant, alors attention de ne pas vous tromper où vous pourriez tomber par accident sur ce métrage, l’un des plus horribles que j’ai pu voir récemment avec Vanquish ! Le film commence pourtant sur des bases classiques mais appréciables pour un film
d’attaque animale
comme je les aime ! On a le sentiment de rentrer rapidement dans l’histoire et j’ai même envie de dire que les 20 premières minutes réservent des surprises !
Impossible de connaître l’ordre des morts
! Le souci c’est qu’après… Tout est calamiteux ! Déjà formellement c’est un désastre. Ok le coin de désert fait vrai, mais le film est très mal réalisé, il esquive toutes les scènes qui auraient exigé un peu de tension et d’action, on s’ennuie ferme même lors des attaques qui refusent également toute violence graphique. Le film fait très cheap, très pauvre, mais ça aurait pu passer avec une réalisation affutée, maline,
et une intrigue entièrement basée sur le côté huis-clos-survival dans la savane
. Mais ce n’est pas le choix que fait Prey, le choix de l’efficacité pragmatique,
Prey fait le choix du film à messages
. Réalisé par un moine boudhiste, le film déborde de références religieuses.
C’est un véritable film mormon où tout est beaucoup trop orienté vers le divin pour convaincre.
A la limite qu’un personnage le soit, pourquoi pas, mais le côté
conversion des crapules c’est trop !
Le film vire rapidement au grotesque le plus assumé et le héros devient littéralement insupportable de mollesse et de niaiserie. Du coup plutôt que d’être un pur film survival divertissant on a le droit à une sorte de relecture des principes bibliques en pleine savane et c’est très chiant, faut être honnête !
Très chiant et ce malgré les acteurs qui essayent de faire ce qu’ils peuvent. Evidemment ils sont carrément pollués par des dialogues ridicules la plupart du temps et des situations littéralement incohérentes (à noter d’ailleurs que le réalisateur ne s’est même pas documenté à minima sur le comportement des lions !), mais ils n’ont pas grand-chose à défendre non plus. Mena Suvari est en mode figuration,
Ryan Phillippe est insupportable en médécin mormon
qui se prend pour un saint martyr,
et finalement seul surnage Emile Hirsch malgré les rebondissements débiles autour de son personnage.
Prey est une catastrophe ambulante. Mou, bourré de situations drôles à force de loufoquerie, plombé par un discours chrétien aussi subtil que Rambo avec un bazooka, avachi par une mise en scène inepte, je suis pantois. La déception est d’autant plus grande que pour une fois dans un film d’attaques de lions il y avait de vrais lions à l’image ! C’est mieux que le numérique, mais comme le reste ne suit pas du tout…