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2,0
Publiée le 15 janvier 2025
Clara et Irène sont très différentes l'une de l'autre, mais ça ne les empêche pas de se rapprocher au cours d'un été qu'elles décident de passer ensemble. L'une est discrète et renfermée sur elle-même tandis que l'autre est plus ouverte et aventureuse. Ce n'est donc pas une surprise si c'est Irène qui prend les devants pour leur escapade en Sicile ou qui décide pour tout. On pense alors à un récit d'émancipation ou d'éveil en tout genre, mais "Quell'estate con Irène" se montre aussi fermé que le personnage de Clara. En dépit d'un cadre solaire et de l'insouciance de la période estivale, d'autant plus qu'elles sont libérées de certaines contraintes, on se retrouve face à quelque chose de terne et de statique. Des personnages quasiment déshumanisés qui n'ont presque rien à dire et qui passent leur temps à faire la tête. C'est très compliqué de se passionner pour des personnes qui ne nous donnent rien... Au final, un film décevant et sans profondeur au scénario minuscule.
Carlo Sironi, dont Sole avait été grandement apprécié, fait un retour moins probant avec My Summer with Irène (mais pourquoi encore un titre anglais pour un film italien ?), chronique estivale contemplative dans laquelle les contingences matérielles n'existent pas, à l'instar du monde des adultes, presque invisible. Sous le soleil de la Sicile, à la fin du siècle dernier, le film n'est évidemment pas qu'un récit d'apprentissage radieux et d'une amitié naissante entre deux adolescentes. Mais il peine à être autre chose qu'une œuvre dont la douceur et l'insouciance émollientes ne sauraient dissimuler les spoiler: épreuves de la maladie traversées en amont par ces deux jeunes filles. C'est donc le temps de la rémission fragile, une période suspendue qui ne dit rien de ce que l'avenir peut réserver. Lorsqu'on qualifie un film de "joli", il y a souvent comme une forme de condescendance vis-à-vis d'un tempo languissant et d'une quasi-absence de moteur narratif. Même si la menace plane et rend chaque moment de joie précieux, My Summer with Irène reste trop sur son quant-à-soi pour susciter plus qu'un intérêt poli, eu égard à la qualité de ses images. Ainsi qu'au jeu des deux comédiennes, notamment "notre" Noée Abita, aux yeux toujours aussi expressifs et avec sa faculté d'exprimer des sentiments opposés en une fraction de seconde.