Insomnia est mon second rendez-vous avec la filmographie de Christopher Nolan dans cette rétrospective de son travail, il semble que celle-ci risque de m'enchanter bien plus que prévu. Autant je n'avais aucun doute concernant Memento, vu hier, autant Insomnia étais dans mes - lointain - souvenirs un peu en deçà comparé aux reste de ses autres films. Il est belle et bien son esquisse la plus calfeutré, celle qui a le plus de failles, il y'a néanmoins une cohésion et une quête de perfection consciemment vaine en tout point fascinante. On retrouvera plus tard ses obsessions.
Pour me recentré sur ce film en lui-même, je dois dire que dès l'intro, mon œil s'arrête sur la direction de la caméra, sur cette idée du plan qui va dans le sens de nous donné les clés à nous spectateurs. Cette envie de nous filé le trousseau et de nous le repiquer dès que l'occasion se présente est un phénomène bien acté dans la pensée de Nolan. Bon, là je me recentre vraiment, fini les fausses promesses. Insomnia va creuser la psyché de ses personnages et désosse les conséquences de ses choix, des crimes, de leurs habitudes fait de frustration et de carences affectives manifestent, ou non. Les métaphores pleuvent pour attesté du contraste, le jour omniprésent, l'insomnie qui en découle, la fatigue et les hallucinations qui altère toute réflexion et objectivité possibles ... Il n'y a pas de traitement pur et dur, seule la foi et son questionnement reste. Celle-ci sans être dépeinte en sainte se niche au contraire dans l'horreur, dans le chaos et la solitude. La scène de la conversation téléphonique entre Dormeur et Finch ou ce dernier narre son " accident " rebondit tel un écho sur tout le reste. La course poursuite sur les rondins qui précède cette scène de plusieurs minutes tiens de pendant à l'affrontement. C'est bien là que la mise en scène de Nolan donne à ce film tout son crédit.
Voilà pour ce qui concerne ses points " forts ". Il y'a en revanche quelques endroits quelques peu plus nébuleux dans le Polar du cinéaste britannique. Le surjeu des acteurs est par exemple un poids sur l'ensemble de la copie. Non pas que ses derniers polluent ou obscurcissent l'histoire avec toute une panoplie trop garnie à des fins crapuleuses. Non le problème se situe plutôt sur la direction qui les poussent à trop s'employé, à poussé les curseurs pour coller aux attentes et aux cahiers des charges d'un genre très codifié. Al Pacino connais les affres du rôle de flic, c'est peu de le dire et pourtant il charge et fonce à pieds joints sans nuances. Je suis un peu difficile, mais vu le monstre, il y'a forcement de quoi. Robin Williams lui ce type si sympathique va sur un terrain qui nous désarçonne forcement et réussit son pari mais comme pour son confrère il y va trop fort. Hilary Swank elle n'a que peu de place face à ses deux exigeants covedettes mais s'en sort avec les honneurs.
L'écriture du film est un autre bémol. Du moins de façon saccadé. On voit parfois les choses venir, il manque ce mystère, on appuie aussi un peu sur les boutons avec facilité pour nous pousser vers la porte à prendre. Encore une fois l'application aux standards alourdit. Je fais un peu la fine boche là ... Insomnia reste néanmoins un Thriller magnifique. Les décors, les images et ses motivations parlent de tous ses attributs mieux que personne.