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Cuzion
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3,5
Publiée le 1 mai 2025
Ils sont certains films qui, sur le papier, ne me semblent pas obligés d’être vus au cinéma. Des films qui n’annoncent pas de scènes époustouflantes, de paysages grandioses ou une bande son nécessitant un effet spatial adéquat. Des films qui sont du théâtre, j’y vais pour le spectacle au premier sens du terme mais contrairement au théâtre, il manque l'interaction humaine avec les acteurs. Des films que j’appelle, sans vouloir être trop dans le jugement, des films du dimanche soir, des films qui clôturent une fin de semaine et qui sont là pour que l’on attaque le lundi reposé. C’est ce que je me suis dit en allant voir La Cache, avec un bonus, voir encore une fois Michel Blanc sur grand écran. Finalement, j’avais en partie tort sur mon jugement. Alors oui, avec La Cache, on se retrouve au théâtre grâce à cette ambiance de huis-clos. Car c’est bien de celà dont on parle. Le titre du film déjà, La Cache, annonce potentiellement un enfermement physique, voire psychologique d’au moins un des personnages. Mais ce n’est pas seulement un personnage, c’est une famille entière qui se cache du monde extérieur. Cette famille qui ne vit que par et pour cet appartement, qui ira jusqu’à considérer comme extérieur à elle ce fils qui a choisi de quitter l’appartement et de vivre ailleurs (et pourtant toujours à Paris). Même leurs sorties se font en huis clos, le grand-père dans son cabinet de médecin ou à l’Académie (qu’il ne supporte pas), la grand-mère qui s’ouvre aux autres en les interviewant mais sans quitter sa voiture, et les deux fils qui oscillent entre analyse politique depuis une chambre et atelier d’art mais qui ne semblent pas enclin à vouloir changer leur mode de vie. En plus de cette famille, nous avons deux extrêmes, l’arrière grand-mère (joliment appelé l’arrière pays) bloquée physiquement par sa santé et mentalement rattachée à ses origines russes, et un petit-fils, attaché à son grand-père et obsédé par “le chat sous la cuisine”. Tout ce petit monde ne semble pas ancré dans la réalité qui l'entoure (Paris, mai 1968) et surtout qui ne semble pas vouloir participer à ce monde. Pour entrer dans cet univers, Lionel Baier choisit quelques montages techniques que j’ai fini par apprécier, plaçant une poésie hors du temps et qui donne au film une certaine patte. Je retiens surtout les effets visuels pour les scènes en voiture. De vieux films qui tournent en boucle en arrière plan (montrant bien un tournage en studio), des boucles qui reviennent allégrement suivant le sujet abordé par les passagers mais des boucles qui s'arrêtent net, laissant un écran monochrome quand la conversation laisse supposer un changement dans le sacro saint rituel familial. Reste que dans les films théâtraux, la majeure partie du succès se joue avec les acteurs. Et là, sans dénigrer le travail de la troupe, il n’y a vraiment que le couple Michel Blanc (le grand-père) et Ethan Chimienti (le petit-fils) qui me semble porté le film. Sans cette complicité qui semble s’être installée entre les deux acteurs, La Cache ne sortirait pas forcément du lot des films théâtraux que j’ai pu voir. Ils sont attachants et tous les deux montrent qu’à n’importe quel âge, on peut être perdu et surtout on peut sauver les autres. Je sais, c’est du déjà-vu et qu’il n’y a rien d’original mais là, j’ai encore une fois vu une jolie poésie s’installer au fur et à mesure de la narration et c’est particulièrement agréable. Alors oui, c’est un film du dimanche soir que l’on peut voir chez soi mais comme au théâtre, sortir, soutenir et savoir que l’on a passé un moment un peu hors du temps (comme cette famille) est toujours un bon moment. C’est donc bien un film de cinéma.
Un film enchanteur, d’une douceur et d’une sensibilité extrêmes. Une famille très spéciale, attachante jusque dans ses dysfonctionnements. Et quel casting ! Michel Blanc magnifique et Dominique Reymond impériale, c’est évident. Mais il y a aussi les « petits rôles » distribués à de merveilleux acteurs qu’on ne voit souvent qu’au théâtre en Suisse romande, je pense en particulier au fabuleux Gilles Privat, ici dans le rôle le plus improbable qui soit. Et Lionel Baier lui-même, parfait dans un rôle de voisin catho des plus antipathiques, qui ajoute de la profondeur à ce film en apparence tout en légèreté.
On a l'impression que tous les interprètes s'ennuient dans ce film, même le petit garçon qui incarne Christophe. Il faut dire que les personnages n'ont pas vraiment d'épaisseur, que l'ensemble est brouillon et assez caricatural, malgré des références assez intéressantes à Mai 68. Quelques scènes flirtent même avec le ridicule, spoiler: comme le clin d'œil à Jean Yann ou l'arrivée inopinée du Général.
Dommage pour Michel Blanc, qui méritait vraiment mieux pour son dernier rôle.
Un film plein de poésie, d'humour. Il retrace avec finesse des moments sociologiques, l'histoire des personnages à des moments film plein de sensibilité. Un film dans lequel les acteurs sont réellement au service de leurs personnages. Un film plein d'humanité . Merci
Film très farfelu, avec un sujet grave en toile de fond. D’excellents comédiens connus ou inconnus. Un dernier clin d’œil de Michel Blanc. Mieux vaut ne pas avoir lu le livre dont il est tiré « La Cache » de Christophe Boltanski.
Une famille d'originaux cloîtrée dans son appartement pendant mai 68, la petite histoire dans la grande, racontée à petits traits touchants et pertinents.
Un manque de rythme des longueurs, la salle n'était pas très remplie, il n'y a aucun fou rire, peut être à classer comme drame mais comédie bof, les acteurs sont bons mais le scénario... Je dirais déjanté
Réalisation atypique qui peut surprendre, nous avons bien aimé. Forte émotion sur le dernier plan du film lorsque Michel Blanc tourne le dos à la caméra pour s'en aller pour toujours...
En mai 68, le jeune Christophe vit les événements depuis l’appartement de ses grands parents, juifs et encore marqués par le souvenir de la seconde guerre mondiale. Entre souvenirs, débats, et insouciance, le film dégage un élan de tendresse. Drôle et efficace, la Cache est aussi le dernier rôle du comédien Michel Blanc. Sa dernière apparition, de dos, une valise à la main, est la plus belle conclusion d’une brillante carrière. Une scène bouleversante.