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2,5
Publiée le 20 juillet 2026
Horn et Alboury sont physiquement séparés par une barrière, mais pas seulement... L'un est du bon côté et l'autre, du mauvais. Non pas d'un point de vue du bien ou du mal, mais au niveau hiérarchique, avec l'un qui est supérieur à l'autre. Claire Denis propose une parabole sur le colonialisme et la ségrégation raciale, mais cela se limite à une longue dispute qui manque de tension. L'impressionnant calme d'Alboury contraste avec le comportement de Horn et Cal, qui sont irascibles et à cran. Ils se trahissent eux-mêmes, donc Claire Denis n'a même pas besoin de faire d'effort sur le plan narratif. Le développement de l'histoire est malheureusement faiblard et ne mène à rien de réellement captivant ou intéressant. On reste beaucoup trop proche du texte d'origine de Bernard-Marie Koltès, sauf que le cinéma demande autre chose, notamment au niveau de la mise en scène. Ce n'est pas mauvais grâce aux acteurs qui sont impliqués, mais l'ensemble est finalement assez quelconque.
Adaptation de la pièce Combat de nègre et de chiens de Bernard-Marie Koltès, Le cri des gardes se déroule dans l'atmosphère poisseuse et militarisée d'un chantier de travaux publics géré par une compagnie occidentale, en Afrique de l’Ouest. Respectant la règle des trois unités de lieu, d’action et de temps, ce film solidement mis en scène par Claire Denis s'avère un brin trop clinique pour convaincre totalement. Il n’empêche que le personnage mystérieux incarné par Isaach de Bankolé, dont la figure élégante et fantomatique réclame à cor et à cri le corps de son frère supposément mort suite à un accident du travail, porte en lui toute la charge du propos sur les affres du néocolonialisme.
Je n'attends pas d'une œuvre cinématographique qu'elle soit fidèle au texte dont elle s'inspire ou qu'elle adapte car chaque medium artistique a, à mes yeux, ses prérogatives et ses spécificités. Par ailleurs je tiens B-M Koltès pour le plus grand auteur de théâtre de langue française du vingtième siècle que j'aie lu. Il me semble que le film de C. Denis ressort peu à l'art cinématographique et tombe trop dans le piège du théâtre filmé, genre dont je n'ai jamais compris l'intérêt, la force du théâtre résidant fondamentalement en la présence des corps "livrés" au public présents au moment de la représentation. Englués dans des répliques qui les immobolisent les acteurs de ce film ont bien du mal à transmettre des émotions quand leur alter ego y parviennent immédiatement au théâtre bénéficiant de surcroît de la magnifique langue koltésienne... ruinée dans le film de C. Denis par l'usage de l'anglais. Mais pourquoi donc ??? Bref, seul le grand métier de la réalisatrice évite le naufrage complet.
Adaption brillante d'une pièce de théâtre que je ne connaissais pas. Quelques effets de montage un peu maladroit dans les flash back mais une interprétation remarquable de Isaac de Bankolé. Son rôle rejoint un peu sa prestation épurée dans "Muganga". Un film austère et prenant.
Nouveau film de Claire Denis adapté d’une pièce de Bernard-Marie Koltès. On y suit la nuit tragique qui suit la mort d’un ouvrier sur un chantier en Afrique de l’Ouest. Le coeur du sujet est la restitution du corps, alors que celui ci n’a en réalité pas été victime d’un accident… Beaucoup de tension dans les scènes de face à face entre le chef de chantier et le frère de la victime, mais le soufflet retombe à cause de personnages assez inutiles autour.
Ce n'est pas le film de Claire Denis que je préfère mais je ne le regrette pas et j'irai voir sans hésitation ses prochains films. Quand on apprécié une réalisatrice on doit tout voir comme dans une exposition de peinture. L'ensemble donne une image intéressante.
Le cinéma de Claire Denis m'a toujours intéressé notamment de par son rapport qu'elle entretient avec le continent africain.
Si " le cri des gardes " m'a captivé pendant sa première demi-heure, ce qui suit se délite malheureusement peu à peu, au risque de faire passer à la trappe les différentes thématiques qui le traverse ( le racisme, la lutte des classes, la violence...)
Il manque sans doute un regard psychologique plus profond, pour donner une autre ampleur aux quatre et uniques personnages.
Je ne me suis pas ennuyé, mais il y a un manque de finition problématique dans " le cri des gardes " et ses thématiques intemporelles, mais exposées de façon un peu trop sèche. Claire Denis a déjà été mieux inspirée.
Ai vu « Le cri des gardes » de Claire Denis d’après la pièce de théâtre de Bernard-Marie Koltès « Combat de nègre et de chiens ». De suite l’on est époustouflé devant la beauté du cadre et de la photographie d’Eric Gautier. Claire Denis transcende et transforme en sublime décor de cinéma un chantier industriel de travaux public en plein désert d’un pays d’Afrique de l’ouest, avec sa sublime terre rouge et ses containers en tôle pour abris. Ce lieu presque solitaire est entouré de barbelés, de miradors et de gardiens africains armés. Ils protègent une habitation sommaire uniquement réservée aux blancs dans laquelle vit Horn (Matt Dillon) le patron, Leone (Mia McKenna- Bruce) sa jeune fiancée, et Cal (Tom Blyth) un ingénieur. Derrière les grilles, un homme fait le siège et réclame le corps de son frère mort inexplicablement sur ce chantier. C’est Alboury (charismatique Isaac de Bankolé). Unité de lieu, de temps (une nuit) et d’action. Claire Denis signe une oeuvre hypnotique toute en silence, en sueur, en désir, en tension. 4 acteurs pour un tragédie en train de naitre. Grace à une mise en scène superlative et à une exploitation du décor à son maximum, Claire Denis arrive à arracher le texte de sa dimension théâtrale. On est résolument subjugué devant la beauté des plans. Les éclairages et le décor industriel est inquiétant, la nuit envoutante et les rafales de vent annonciatrices d’un drame. Le film est exigeant et dense mais passionnant. La dénonciation du racisme et du colonialisme est présente dans chaque scène et dans les confrontations entre Matt Dillon et le magnifique Isaak de Bankolé. Claire Denis a adapté le texte original pour le mener vers le thriller intimiste en lui donnant plus de concision et de fluidité. « Le cri des gardes » imprime la rétine et l’épiderme du spectateur pendant de longues heures après être sorti de la salle. Un film radical mais un très grand moment de cinéma.
Un film très fort, limite tenable de tension par moments où l’on craint le pire. Isaach de Bankolé est, une fois de plus, majestueux dans son opiniâtreté à vouloir repartir avec le corps de son frère assassiné.
Dans la nuit africaine un homme est immobile devant les barbelés et les gardes d’une entreprise internationale, il ne bougera pas tant qu’il n’aura pas récupéré le corps de son frère. Tué par un expatrié. On sait combien Claire Denis aime l’Afrique et on ne peut que saluer un film qui parle de néo-colonialisme et de racisme. Mais après la manière compte et ici elle peine à convaincre et à plaire, un sujet maximaliste filmé de façon trop minimaliste.
Ce film est censé représenter la confrontation du monde "occidental - blanc" par Horn ( le chef de chantier) et Alboury (censé représenter la communauté Africaine). Hélas le scénario est INCOMPREHENSIBLE où toutes les situations sont caricaturales ! La réalisatrice a un idée très vague, de ce que peut être une "base vie" dans des chantiers internationaux. ( Je connais bien le sujet) Elle résume ça à un empilement de containers ! Tout est HORS sujet ! Tous les personnages blancs sont des caricatures ! Le seul qui s'en sort est Isaac de Bankolé, très digne !!! Bref ce film est une caricature et il est - grave - à côté du sujet ! Pourtant ce sujet méritait mieux !
L'un des meilleurs films de Claire Denis, fidèle au thème récurrent des ambiances troubles en milieu africain, et adaptation à la fois fidèle et personnelle de la pièce de Koltès. Aurait mérité mieux que sa sortie en sortie en salles (presque) en catimini.
Claire Denis tient enfin la promesse faite à Bernard‑Marie Koltès en adaptant Combats de nègres et de chiens, transposé en huis clos nocturne sur un chantier d’Afrique de l’Ouest, entouré de grilles et de miradors. Sans en faire un film « sur » le racisme ou la colonisation, Le Cri des gardes montre comment ils s’infiltrent dans les gestes et les paroles de trois Blancs – Horn, Cal, Léone – pour qui l’Afrique reste surtout une idée et un décor d’aventure. Face à eux, Alboury, interprété avec une puissance silencieuse par Isaach de Bankolé, ne réclame que le corps de son frère pour permettre le deuil et affirmer une dignité minimale. La mise en scène crépusculaire, les plans fixes et la prose acérée de Koltès font surgir l’injustice comme thème central : ce n’est pas tant l’horreur spectaculaire que la normalité scandaleuse d’un système où la mort d’un ouvrier est ramenée à une simple compensation financière. En cela, le film rejoint notre présent marqué par l’intolérance et les conflits, rappelant que l’art n’« explique » pas le colonialisme, mais dévoile les failles humaines qui le rendent possible. Lire l'intégralité de la critique sur le site d'Africultures.
En pièce de théâtre, ça devait être bien, mais en film c’est long, on s’ennuie à mourir, ! j’ai mis deux étoiles parce que j’ai toujours été amoureux de matt Dillon qui apparemment ne vieillira jamais c’est tout .