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Lavoixdulapin
3 critiques
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4,0
Publiée le 22 mai 2024
La maladie d'Alzheimer, bien que difficile, révèle souvent la profondeur de l'amour et de la patience des aidants. C’est ce que le film montre des moments de connexion et d'amour. C’est un film qui met en lumière la force et la résilience humaines qui offre une lueur d'espoir et de soutien.
La collocation ce n'est pas facile, d'autant plus quand elle se passe entre un père dépassé, une belle-mère avec Alzheimer et une fille en phase rebelle. Le film se centre autour de la jeune Manon, une adolescente introvertie. Pour calmer la crise de sa grand-mère, elle se fait passer pour sa mère adolescente, qui elle était décomplexée. Au fur et à mesure, Manon s'ouvre au monde en adoptant le style de sa défunte mère lorsqu'elle était jeune. Tout en découvrant le passé de sa mère, et sa grand-mère ancienne militante féministe, Manon voit la vie autrement. Cette perte soudaine de repère altère forcément sa relation avec un père qui n'arrive pas à comprendre. Un chamboulement porté par une prometteuse Fantine Harduin. On aurait aimé tout de même qu'Olivier Gourmet, Hélène Vincent, aient plus de place dans cette équation. En effet, leurs personnages ont des cheminements plus dramatique, mais peu exploré.
Parler de la maladie d'Alzheimer avec, sinon légèreté, du moins fantaisie, vous pouvez compter sur le cinéma belge pour relever le défi. A l'instar du très drôle La vie démente, Colocs de choc, qui porte le titre de Rétro Therapy outre-Quiévrain, est bien davantage une comédie qu'un drame, une histoire en partie autobiographique pour sa réalisatrice, Élodie Lélu, qui a donc choisi un sujet très personnel, pour son premier long-métrage de fiction. C'est un récit qui raconte moins une sénescence qu'une renaissance, mettant en parallèle et en symbiose les chemins de vie d'une adolescente et de sa grand-mère, avec une transmission de valeurs identitaires et féministes au programme. Colocs de choc n'est cependant pas un film militant, il montre surtout de la tendresse pour l'ensemble de ses personnages et réussit à susciter une vive émotion, sans la rechercher systématiquement. A écriture précise et mise en scène sans chichis répond une interprétation largement au-dessus de la moyenne, avec une Hélène Vincent meilleure que jamais et un Olivier Gourmet toujours aussi bon. Déjà chevronnée, malgré son jeune âge, Fantine Harduin, la native de Mouscron, crève littéralement l'écran dans un rôle complexe dont l'essence ne cesse d'évoluer au fil des minutes.