Après le succès d’Egō, la réalisatrice Hanna Bergholm souhaitait poursuivre son exploration de l’horreur corporelle à travers une nouvelle angoisse intime : la maternité. Inspirée par ses propres expériences de mère, elle a imaginé Nightborn comme un “conte de Grimm moderne”, nourri de folklore finlandais et de peurs très contemporaines. Le scénario, coécrit avec Ilja Rautsi, cherche autant à provoquer le malaise qu’à interroger l’amour parental dans toute son ambivalence.
Le casting de Rupert Grint a pris une dimension très personnelle pour l’acteur. Il a révélé avoir lu le scénario au moment même où il apprenait qu’il allait devenir père. Cette coïncidence a renforcé son lien avec le personnage de Jon, confronté à la peur de ne pas protéger sa famille. L’ancien interprète de Ron Weasley a ainsi trouvé dans Nightborn une manière plus sombre et adulte d’explorer les angoisses liées à la parentalité.
Pour donner vie au terrifiant bébé Kuura, l’équipe a privilégié les effets pratiques plutôt que les images de synthèse. La créature a été incarnée grâce à un mélange de maquillages spéciaux, d’animatronique et de marionnettes manipulées en direct par cinq marionnettistes. Gustav Hoegen et son équipe ont ainsi créé une présence tangible sur le plateau, permettant aux acteurs de réagir à quelque chose de réellement “vivant” pendant les scènes les plus dérangeantes.
La demeure familiale du film n’a pas été choisie uniquement pour son esthétique inquiétante. Hanna Bergholm voulait que la maison reflète l’état émotionnel du couple principal : belle en apparence, mais rongée de l’intérieur. Le décor évolue ainsi subtilement au fil du récit, avec des éléments de pourriture et de dégradation qui symbolisent l’effritement de la relation entre Saga et Jon. Même la route menant à la propriété a été pensée pour accentuer l’impression d’enfermement progressif.
Le film puise largement dans les légendes scandinaves autour des trolls et des créatures vivant dans les bois. Pour la réalisatrice, la forêt devait représenter à la fois la nature sauvage et la part primitive enfouie en chacun des personnages. Loin d’un simple décor horrifique, cet environnement devient une extension psychologique de Saga, dont les peurs et les pulsions semblent contaminer le paysage lui-même.
Afin d’ancrer son interprétation dans une sensation physique très concrète, Seidi Haarla a travaillé au contact d’éléments réels sur le plateau : terre humide, mousse, fluides organiques et maquillages lourds. L’actrice a expliqué que cette approche sensorielle l’a aidée à traduire l’isolement et la dégradation mentale de Saga sans tomber dans un jeu trop théâtral. Une expérience qu’elle décrit comme “épuisante mais libératrice”.