Huis-clos se déroulant dans la cuisine de Martine au bord de la crise de nerfs, recevant une brochette d'invités tout aussi paumés qu'elle lors d'une soirée interminable. Les acteurs et actrices sont incroyables de crédibilité surtout Bacri comme à son habitude. Un petit film vite oublié mais très agréable.
Ce n'est pas habituellement mon genre de film, français et théâtre filmé mais là j'ai aimé. Un huis clos donc: un couple de bobos invite à dîner d’anciens amis perdus de vue, amis qui ont “réussi”. Lui, journaliste-presentateur tv-romancier qu’on ne verra jamais (comme une divinité moderne), et elle, journaliste. Sont aussi invité un frère et un ami, 2 ratés, pique-assiettes aigres et désabusés. Ce qui devait être une soirée conviviale vire doucement à l’autopsie sociale. Les petites phrases fusent, les masques tombent, et chacun règle ses comptes. Jalousies, rancœurs, regrets. Le tout dans les coulisses puisque on ne voit jamais le lieu de l'action, où on ne voit jamais le principal personnage autour duquel gravite toute l'intrigue, c'est ça qui fait l'originalité de ce film. Interprétation brillante.
Oui, dix ça fait beaucoup. Surtout quand c'est sur dix. Mais le fait est que je n'ai rien à reprocher à ce film.
Faut dire déjà qu'il s'agit d'un huis clos, ou presque, et que ça fait généralement mon bonheur. Mais en plus, et quitte à être enfermé entre quatre murs avec quelqu'un, Jean-Pierre Bacri en est l'un des personnages principaux.
Une histoire fort simple au demeurant, un couple de la petite bourgeoisie invitant d'anciens amis à la maison pour un dîner. Les petits plats sont mis dans les grands puisque Charlotte est mariée à une grande star de la télé. C'est sans compter sur la présence de Georges qui est resté amoureux de Charlotte et de Fred le frère de Martine et ses soucis d'argent et de jeux.
Tout le monde est très bon là-dedans, et Jean-Pierre Bacri, Georges, est à nouveau accompagné de certains de ses habituels comparses qui font un boulot excellent. Zabou Breitman brille particulièrement.
Autant le dire d'office, si Jean-Pierre Bacri n'est pas apprécié, il vaut mieux ne pas regarder ce film. Cet acteur a réussi tout au long de sa carrière à créer un flou entre sa vraie personnalité et celle de ses personnages; il fait ici ce qu'il fait de mieux : il fait lui.
Bref, une madeleine proustienne que je savoure régulièrement depuis des années.
Attention à celui qui lira ma critique d'Un air de famille, elle risque de ressembler énormément à celle-ci.
Ce film peut ressembler à "Le dîner de cons", en moins hilarant toutefois. Comme l'indique le titre, c'est dans la cuisine d'un appartement que le film prend place en majeure partie. Le jeu des acteurs est très bon, et les dialogues sont assez soutenus. D'anciens amis se retrouvent pour un dîner, et voilà que toute l'histoire se construit autour de cette soirée. Les personnages ont chacun leur personnalité, avec leurs points de vue tranchés mais aussi leurs faiblesses. C'est somme toute assez réaliste. Il y a aussi quelques touches d'humour appréciables. De plus, la cuisine en question est assez marquante de par ses meubles et ses couleurs vives. Une bonne surprise.
Le mélange parfait entre la pièce de théâtre et le cinéma. 30 ans après le film n’a pas vieillit. Les sujets d’amitié, famille, amour de jeunesse et argent sont abordé de manière subtile puis explosent. La musique et la réalisation donnent une dimension réaliste et de tension qui souligne le jeu des acteurs déjà excellent. En somme un huit clos iconique et intemporel.
Un film français comme on les aimes, avec l’inimitable Jean-Pierre Bacri. Un huit clos indémodable repris plus récemment avec Le Prénom que j’affectionne également. Un humour certain, un film typique qui n’a rien à envier aux comédies d’aujourd’hui.
Ce dîner entre amis, où l'on a invité un vieux camarade devenu une célèbrité de la télévision, tourne au règlement de comptes. Les frustrations se dévoilent, et les rancoeurs ou ressentiments, entre frère, soeur, beau-frère, deviennent au fil de la soirée de plus en plus explicites. On n'est pas loin de l'esprit de Bronzés par la nature de français moyens des personnages, par l'acuité, entre ironie et causticité, dont les auteurs Jean-Pierre Bacri et Agnès Jaoui font preuve, et par la qualité cinglante des dialogues. La cuisine,spoiler: lieu unique , théatre d'un pugilat verbal, convoque à tour de rôle les protagonistes fuyant le dîner pour rendre compte, exaspérés, de la tournure des évènements. A l'origine, le film est donc une pièce de théatre. Philippe Muyl en a gardé la structure et sa mise en scène respecte l'unité de lieu, ne dénature pa le principe de la comédie. Laquelle est brillante, sans temps mort et fort bien interprétée. Bacri, cynique et jaloux, Zabou, maitresse de maison bourgeoise et enervée, et Jean-Pierre Darroussin, en baba cool souffre douleur, font un joli numéro.
Adapté de la pièce de théâtre d'Agnès Jaoui et de Jean-Pierre Bacri, Cuisine et Dépendance en reprends les codes. Ainsi, le lieu quasi unique (une cuisine dont on ne sortira qu'à quelques rares exceptions), ce qui laisse songeur sur la pertinence d'en faire un film... L'œuvre n'en est pas pour autant inintéressante, brillant par son écriture ciselée des dialogues et l'interprétation brillante de tout le casting. Mais la mise en scène est totalement absente, donnant une impression de "théâtre filmé".
Une belle plongée dans ce groupe d'amis qui se questionnent, s'interrogent, critiquent, et s'entrelacent. Des personnages et des dialogues bien écrits nous permettent vraiment de profiter de cette oeuvre vraiment agréable, tant par le développement que par le talent d'acteurs.
Premier film du célèbre duo d'acteurs auteurs Bacri/Jaoui. On perçoit déjà la plume acerbe et le sens pertinants des dialogues. Ici tout sonne juste et les acteurs s'en donne à cœur joie (mon coup de coeur pour Zabou hilarante en bourgeoise hysterique). Seul bémol la mise en scène bien sage et coincée dans le scaphandre inévitable de l'adaptation cinématographique d'une pièce de théâtre.
Adaptant leur pièce de théâtre, Jaoui/Bacri nous montrent la contre-soirée du côté de la cuisine... Ça parle des absents (on ne verra jamais le principal centre d'intérêt) qui sont dans le salon. Médisances et jalousies... Mais leurs problèmes ne sont pas très intéressants...
Adaptation ciné par le duo Jaoui/Bacri de leur pièce à succès, un savoureux et piquant règlement de compte à OK Cuisine pendant que la soirée s'éternise au salon, servi par des dialogues exquis et un casting impeccable. C'est toujours la contre-soirée dans la cuisine où il y a le plus d’animation !
Le cynisme est déjà bien présent après trois minutes, ne serait-ce que dans le non verbal des hôtes et de leurs invité-e-s. Les diners entre amis sont en effet propices au pire des huis clos horrifique en termes d’exacerbation des ressentis… 4 minutes, et Bacri râle déjà !! Au menu du diner, hypocrisie et faux-semblants sous fond d’importance des hiérarchies sociales…
C’est la guerre de tranchée dans la bourgeoisie parisienne, c’est l’apocalypse urbaine, le paroxysme des mesquineries citadines. Souvent des soixante-huitards qui se sont installés, faisant vivre la citation acerbe prêtée à Aristide Briand : » Quand on a 20 ans, et qu’on n’est pas de gauche, c’est qu’on n’a pas de cœur, mais quand on a 40 ans et qu’on n’est pas de droite, c’est qu’on n’a pas de tête « . La passion, l’amour, l’éternelle adolescence qui s’étouffent sous les affres ménagers capitalistiques, c’est la perte des illusions, la mort des rêves. Alors, on se venge, on se déchaîne pas mal sur les autres, mais surtout sur soi. On se connaît tellement qu’on ne peut plus que se détester. Aigreur et gloires, miroir de l’autre. Cette anthropologie sociétale était totalement en phase avec l’époque des années 90, et portée comme elle l’est par la troupe Bacri/Jaoui, se retrouve magnifiée dans cette apologie guerrière contemporaine terrifiante.
C’est la folie moderne, ou ce qu’on possède finit par nous posséder, ou ce qu’on a, définit ce qu’on est. Ce qu’ils ne supportent pas, c’est ce qu’ils sont devenus. Du coup, Cuisine et dépendances se mue en psychothérapie de groupe, mais sans le psy !! Le pugilat est total, sans qu’un coup ou qu’une insulte ne soit partagés. L’influence théâtrale est totale et son adaptation sur grand écran confine à de la haute voltige. C’est aussi affaire de mise en scène, avec ce grand écrivain que l’on ne voit jamais comme ce fut le cas dans la pièce, et où tout se joue dans la cuisine, avec les comptes rendus de chaque personnage, qui nous donne à voir les coulisses du repas où c’est évidemment le plus important qui se trame. Pour autant, rien n’est figé, la caméra bouge avec les personnages, et le sentiment de mouvement est permanent alors que précisément, le lieu est unique.
C’est aussi la puissance de l’écriture, avec ce style névrotique et cynique. La cuisine est au-delà d’une coulisse, elle est l’arrière-plan des refoulements psychiatriques les plus vils. Ce quintette d'acteurs est une véritable chorale impressionnante de maîtrise de son art, les mêmes qui avaient joué dans la pièce originelle, et participe au plaisir de redécouvrir une œuvre qui n’a jamais vieilli tant elle discourt avec acidité et causticité de la haine de l’autre, donc de soi, et tant l’intemporel Cuisine et dépendances parle si bien en mal de nous…