La première collaboration Jaoui-Bacri nous offre déjà une œuvre savoureuse, une sorte de pièce de théâtre filmée où la principale particularité, c'est de ne jamais voir le personnage principal. Les dialogues acerbes, authentique et l'interprétation remarquable de tous les comédiens nous font passer un très bon moment, jamais pompeux.
Plusieurs coups de génie : déjà le fait de ne pas faire apparaitre à l'écran 2 personnages architecturaux. Excellement joué car adaptation d'une pièce de de théâtre.
Réalisée en 1993 par Philippe Muyl, il s’agit de l’adaptation de la pièce de théâtre du même nom écrite par Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri. Le scénario reste simple et efficace. Lors d’un dîner entre amis (Zabou Breitman, Sam Karmann, Jean-Pierre Bacri, Agnès Jaoui et Jean-Pierre Darroussin), les convives se retrouvent à tour de rôle dans la cuisine. C’est l’occasion de régler leurs comptes et livrer des vérités qui blessent. Bref, dans ce huis clos à la mise en scène très théâtrale, seuls quelques très bons dialogues viennent donner du rythme à un film qui a parfois tendance à s’éterniser.
Une comédie réjouissante emmené par un casting épatant. Ce huis clos qui se déroule presque intégralement dans la cuisine d'un appartement est très réussi. Les dialogues sont percutants et sonnent juste. Et il y a surtout ces acteurs au sommet de leur forme : Jean-Pierre Bacri est un ronchon remarquable, Agnès Jaoui y est resplendissante en femme active dont la vie est moins réussie qu'en apparence, Sam Karman et Zabou Breitman sont le couple qui organisent le diner et qui perdent un peu pied et enfin il y a Jean-Pierre Daroussin tout en décontraction. Bref un petit moment de bonheur.
Revu avec beaucoup de plaisir le premier Bacri/Jaoui au cinéma (scénario et jeu), un classique toujours aussi génial avec des dialogues et une interprétation formidables (extraordinaire Jean-Pierre Darroussin), seul le personnage de Zabou Breitman est trop chargé.
Une pièce de théâtre du duo Bacri-Jaoui, gage de qualité d'écriture. Si on ne rit pas aux éclats, cette galerie de personnages (incluant, en dehors des scénaristes, Darroussin, Karmann et Zabou) et des dialogues pointus animent avec beaucoup de rythme le huis clos dans cette cuisine
J'attendais beaucoup plus de cette comédie vaudevillesque. "Cuisine et dépendances" raconte les coulisses d'un dîner entre amis. On ne participe pas au repas (les protagonistes non plus d'ailleurs..), tout se passe dans la cuisine de la maîtresse de maison, Martine (Zabou Breitman rarement aussi hystérique et énervante). A tour de rôle, chacun des invités viendra mettre son grain de sel ou de l'huile sur le feu. Plutôt bonne idée de départ (le film est l'adaptation de la pièce de théâtre écrite par Jean-Pierre Bacri et Agnès Jaoui), le film pêche par son casting inégal. Si les acteurs sont reconnus et généralement bons, ils sont ici utilisés à contre emploi. Jacques (Sam Karmann) est trop mou et manque de piquant et Fred (Jean-Pierre Darroussin assez moyen), ce frère accro au poker ne semble pas vraiment concerné, tantôt benêt tantôt larmoyant, on y croît pas du tout. Reste les deux meilleurs du film, Jean-Pierre Bacri comme à son habitude.. désagréable mais attachant et Agnès Jaoui très classe dans son rôle de Charlotte. Le film manque de peps (et ce n'est la BO très latino et rythmée qui gommera cela), les sujets abordés sont répétitifs et dépourvus d'intérêt pour le spectateur (les discussions stériles qui tournent en boucle sont spoiler: les dettes de jeu du frère, la jalousie déguisée de Martine et la "bonne humeur" relative de Georges et le tout dans une cuisine au style particulier limite anxiogène.
Un couple de bourgeois invitent à dîner des amis perdus de vue depuis 10 ans. Le génie du réalisateur est de ne jamais montrer ce fameux dîner et de nous faire vivre au contraire l'envers du décors: la cuisine et ses dépendances. Les interprètes excellent dans leur rôle avec une mention spéciale pour Zabou Breitman qui porte le rôle de la mairesse de maison avec un naturel et un humour irrésistibles. Le scénario écrit par Jean Pierre Bacri et Agnès Jaoui est tout simplement brillant. Un film à revoir ou découvrir qui a remporté de nombReux prix tout à fait justifiés.
Personnages sympathiques, situations d'agacements. Le plat était-il trop salé ? On ne voit finalement rien du dîner, tout se passe en cuisine. Nous sommes dans les coulisses du repas d'amis. Pas mal, sans être très intéressant et encore moins drôle. Bonne mise en scène et bons acteurs.
Sorte d' « Un air de famille: les origines », « Cuisine et dépendances » ne cherche pas à nous la faire à l'envers : le film misera tout sur son texte et ses comédiens, ce qui, au vu du projet, est assez logique. Adaptation de la pièce de théâtre éponyme écrite par Jean-Pierre Bacri et Agnès Jaoui, on sent presque d'emblée leur patte à travers ce ton très mordant, ces répliques au cordeau aussi bien pensées pour créer des situations fortes que pour faire avancer l'intrigue, n'épargnant personne dans un portrait au vitriol où les non-dits, les aigreurs, les ressentiments, le mal-être de chacun sont exposés avec intelligence, en disant parfois long sur les relations humaines, l'amitié, le couple... Pas mal de pessimisme, donc, mais un minimum d'humanité, aussi, non sans quelques idées, dont celles de ne jamais voir le « fameux » invité ou encore la compagne d'un des personnages, brillant plus par ses talents physiques que son intelligence. Dommage que le poids scénique reste écrasant de bout en bout, donnant constamment à l’œuvre des allures de théâtre filmé, y compris dans les dialogues, certes forts bien écrits, mais aussi un peu trop, donnant l'impression d'un léger manque de naturel pouvant, parfois, nuire à la crédibilité d'ensemble. Enfin, l'interprétation s'avère inégale : Zabou en fait souvent trop et Jean-Pierre Darroussin a du mal à convaincre en « loser » se voulant magnifique, au contraire de Bacri, Jaoui et Sam Karmann, tous trois excellents. Au final, la comédie (dramatique) a du sens, mais est aussi un peu vaine, pas grand-monde n'évoluant après cette soirée, ce qui est à la fois pertinent et un peu triste, donnant l'impression d'un film plus prompt à critiquer qu'à proposer des solutions. Mais bon, au vu de ce que nous pouvons voir au quotidien, et sans doute encore plus qu'à l'époque de sa sortie, peut-être « Cuisine et dépendances » a t-il raison dans son analyse, quitte à la trouver figée, voire un peu négative. Efficace.
Trois ans avant l’excellent "Un air de famille", il y a eu "Cuisine & dépendances" friandise, douce-amère, et premier long-métrage mettant en scène le talentueux trio Jaoui-Bacri-Darroussin. Telle la chanson "Place des grands hommes" de Bruel, que se passe-t-il en dix ans dans l’existence de tout un chacun ? A priori, pas grand chose, ou plus exactement peut-être trop de choses, et passé un très bref instant d’euphorie, les petites rancœurs, les illusions perdues et leur cortège de regrets s’invitent allègrement au fil d’une soirée qui n’en peut plus de s’éterniser et qui au départ se voulait être celle des retrouvailles entre vieux amis. Avec pour corollaire tous ces sentiments confus qui nous font nous questionner sur ce que nous avons fait de notre vie... et subséquemment sur celle de ceux dont nous pensions être proches. Mention spéciale à Zabou pour sa prestation impeccable dans le rôle de bobo maniaco-hystérico-dépressive.
Un film au concept prenant, des acteurs superbes, des dialogues percutants, des situations plus vraies que natures, des rires, des fou-rires, une prestation magnifique de la part de Zabou.
Revu très récemment ce film passe les années . Il est très bien écrit et interprété par toutes et tous . Jean Pierre Bacri y est incroyable ainsi que Sam Kerman . Un très bon film et une comédie française intelligente !