Derniers Avis : Koyaanisqatsi, la prophétie - Page 2
Koyaanisqatsi, la prophétie
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Petitgraindesable
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1,5
Publiée le 19 mars 2018
Outrageusement démonstratif, étalage de moyens énormes pour nous assommer d'images trafiquées à l'excès, d'une beauté parfois époustouflante, mais surtout simpliste et prétentieux. La musique de Philip Glass, entêtante, que j'aime énormément dans certains ballets contemporains, est ici insupportable parce qu'elle se cumule à des images tout aussi entêtante. Trop c'est trop ! Une épreuve ! Godfrey Reggio est au cinéma ce que Yann Arthus-Bertrand est à la photo : capable d'obtenir des financements faramineux pour assouvir son narcissisme. Certains sont éblouis par leur travail, mais l'éblouissement peut rendre aveugle.
Véritable OVNI cinématographique en 1983, Koyaanisqatsi s’apparente plus à un film expérimental qu’à un documentaire. En effet, le film de Godfrey Reggio est un enchaînement d’images sans véritable lien narratif si ce n’est des blocs thématiques (paysages sans intervention de l’homme, transports, véhicules militaires, vie d’une grande ville en accéléré…) et sans aucun commentaire. Le spectateur est libre de donner un sens à cette suite de séquences ou de se laisser porter par la splendeur des images et envoûtante musique de Philip Glass. Godfrey Reggio signe ainsi un film d’une grande beauté et hypnotisant qui n’ennuie jamais une seconde malgré son absence totale de narration.
Koyaanisqatsi est considéré comme le premier long-métrage à utiliser le time-laps, c’est-à-dire l’effet d’ultra accéléré sur des images d’une durée initiale plus longue. Sans aucun dialogue, le film se fait succéder des images de natures, de vies sociales d’individus et de paysages somptueux arrachés et détruits pas des bulldozers et la pollution. Mis en musique par Philip Glass, le long-métrage est une expérience cinématographique unique qui ressort 35 ans plus tard en version restaurée. Si les images splendides sont montées avec un tel talent par Ron Fricke, qui réalisera plus tard le chef d’œuvre Baraka, elles apportent surtout une vision négative de notre monde qui ne respecte plus la nature. L’ultra mondialisation prime sur tout le reste, même sur ce qui nous porte. Une véritable claque à ne pas manquer ! Ah et au fait pourquoi ce titre ? A l’origine Godfrey Reggio ne souhaitait pas donner de titre prétextant que le langage n’est plus capable de décrire le monde dans lequel nous vivons. Pour des raisons légales il n’a pas eu le choix. C’est donc le mot Koyaanisqatsi qui a été choisi. Il s’agit de la contraction de deux mots en langue Hopis, une tribu amérindienne du nord-est de l’Arizona et qui signifie la folie de la vie. D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44 et notre site cinephiles44.com
"Koyaanisqatsi" ressort cette semaine à la Filmothèque. C'est une œuvre d'anthologie, qui compte parmi les 1001 Films à voir avant de mourir. Ce documentaire, sans parole, sans voix off, tourné en 1982, à la pire époque de l'histoire du cinéma ("E.T.", "Tron", "Conan le Barbare", "Tootsie", "L'As des as"...), n'a pas pris une ride.
De quoi s'agit-il ? Le titre du film a été volontairement choisi pour être opaque au spectateur. L'imprononçable Koyaanisqatsi désigne en langue hopi une vie déséquilibrée. Et c'est en effet des déséquilibres du monde que traite ce documentaire écologique avant l'heure, quatre ans avant Tchernobyl, six ans avant que Time élise la planète "homme de l'année", dix ans avant le Sommet de Rio, vingt-cinq ans avant le Prix Nobel décerné à Al Gore...
"Koyaanisqatsi" filme la Terre - en fait limitée aux frontières des États-Unis - la beauté primitive de ses immenses espaces naturels (la Monument Valley, le parc de Haleakal� à Hawaï...), l'empreinte indélébile qu'y laisse la présence humaine (le barrage de Grand canyon, des exploitations minières à ciel ouvert, deux essais nucléaires...) et la fourmilière que constituent les grandes mégalopoles brillantes de mille feux à la nuit tombée. L'absence de tout dialogue,, de tout commentaire, de tout sous-titre laisse le spectateur face à ces images qui montrent plus qu'elles démontrent. Il ne s'agit pas d'instruire le procès à charge du progrès technologique mais de montrer "la beauté de la bête" pour reprendre les mots de Godfrey Reggio.
Novateur par son thème, "Koyaanisqatsi" l'est plus encore par la façon de le traiter. Jouant sur les échelles d'espace et de temps, filmant l'infiniment grand et l'infiniment petit, utilisant à la fois le ralenti, l'avance rapide et le time lapse, "Koyaanisqatsi" est d'une étonnante modernité. Les œuvres qui voudront utiliser les mêmes recettes se contenteront de bégayer : "Baraka" (1992), "Dogora" (2004), "La Marche de l'empereur" (2005), "Home" (2009), "Samsara" (2013)...
Et surtout il y a la musique de Philip Glass. On la redécouvre à ses origines, avant qu'elle devienne ultra-célèbre et que, tarte à la crème et pont-aux-ânes, elle vienne illustrer la première scène élégiaque venue du cinéma hollywoodien. On est frappé de sa modernité. On réalise combien, à l'époque de Vangelis et John Williams, elle fut novatrice et iconoclaste. Elle est si envoûtante qu'elle en devient la vedette du film, prenant le pas sur les images pourtant sidérantes de Ron Fricke.
Pas de personnage, pas de dialogue, pas d'intrigue et faudrait appeler ça un chef d'œuvre ? La musique de Philip Glass est la seule chose que je retiens, le reste ce n'est rien que de belles images qui auraient pu figurer à la une d'un numéro du "National Géographic" et ces dernières ont été assemblées avec d'autres, plus apocalyptiques et toutes sorties de leurs contextes pour créer chez le spectateur un sentiment qu'on va surexploiter après « Koyaanisqatsi », la culpabilité. La culpabilité d'être un homme parce que nous sommes tous mauvais. Le monde va trop vite, trop de progrès, trop d'humains... Ce film ne nous fait pas un procès mais d'autres après lui s'en chargeront. Le réalisateur de « Koyaanisqatsi » lui, se contente d'inventer un constat, d'en contempler les effets en amalgamant tout et absolument rien... affligeant ! Je mets toutefois 3 étoiles rien que pour la beauté des images et l'innovation visuelle parce qu'à l'époque, ce film a été une petite révolution...
Très belle expérience, on en prend plein la gueule, je ne mets pas 5 étoiles car j'ai eu un peu de mal à entrer dans le film, il m'a fallu un bon quart d'heure.
Un constat amer qui replace l'homme au centre de sa condition de terrien. Il hérite d'une planète et va la détruire. L'homme est malfaisant ou faible?? Passionnant, muet et tragique.
Très impressionnant , à visionner dans de bonnes conditions ( bonne qualité , écran assez important , noir ) car tout est dans le visuel et la musique de Philip Glass ( bluffante ; je conseille à ceux qui s'intéresse à lui le morceau "Music with changing parts" également , qu'a utilisé Quentin Dupieux pour Réalité , son dernier film ) ; Beaucoup de choses à dire sur ce que nous raconte cette oeuvre , beaucoup de gens semblent s'être déja attardés la-dessus dans les critiques , je ne vais pas les imiter . Je conseille simplement à toute personne curieuse et aimant l'atypique de se lancer dans ce film absolument exceptionnel , qu'il faut aussi revoir
Plutôt déçu du regard anthropocentriste qui plane encore un peu trop sur ce documentaire dont j'aurais souhaité un recul total. Malgré les modulations apportées par le technique du film et son mouvement perpétuel, le regard, ici, est encore trop humain pour s'assurer à mes yeux un potentiel de fascination intact. Les soucis viennent surtout du montage parfois suggestif, qui oriente quand même pas mal le ton du film vers la fable écolo. La plupart des plans, des tableaux esquissés, sont d'ailleurs recentrés sur l'humanité moderne, sur la question du bien fondé de son mode d'existence, sur sa légitimité et sa place véritable. Encore ancré dans cette veine aussi clichée que moraliste, le film restitue de lui-même sa contemporanéité, et perd l'absence de visage qui avait rendu le début du voyage aussi spirituel. À briser les habitudes du regard et à donner à voir le temps et l'espace comme des données déformables à l'infini, Koyaanisqatsi arrive en effet par intervalles à faire vaciller l'esprit dans l'ordinaire de ses perceptions, à laisser s'esquisser en arrière-plan tous les mondes possibles quand celui que nous connaissons n'est finalement dû qu'à la rigidité de notre propre regard. En extrayant à travers notre œil même notre incapacité à nous dépasser, le film aurait pu générer une puissance souveraine et instiller profondément l'impression d'être perdu, à travers l'espace-temps et la méconnaissance qui nous sépare de lui. C'est le regard de Dieu que Reggio parait chercher à atteindre dans une manière nouvelle de chercher Dieu du regard. C'est donc dommage que son montage finisse par le trahir, en revenant à des intentions beaucoup trop prosaïques qui cassent la spirale d'infini et le vertige qui ne demandaient qu'à se mettre en place. Franchement déçu.
Bon, un tâche difficile à réaliser, c'est de parler de ce film. En fait il est impossible de savoir à l'avance comment va réagir une personne devant Koyaanisqatsi, certains vont s'endormir, d'autres s'ennuyer, certains vont trouver le propos simpliste, et pour les autres ça sera des nuances d'appréciation allant de l'adoration inexplicable au bouleversement total. Chacun va voir le film à sa façon, et le mieux reste de le regarder. Personnellement je n'avais que moyennement envie de voir ce ''diaporama'' d'une heure et demie, en tout cas c'est comme ça que j'envisageais le film, j'en attendais au mieux une bonne surprise, alors après le bien que j'en ai entendu je l'ai regardé un soir où j'étais motivé. Seul, bon son, bon écran, bonne conditions. Puis est venu le générique pendant lequel je me remettais lentement du spectacle hallucinant auquel je venais d'assister, et les dix minutes qui ont suivi, j'ai compris la définition du mot claque, incapable de bouger de mon siège, encore ému de ce qu'il venait de se passer. Et ce qu'il s'est passé pour moi devant ce film, je ne saurai l'expliquer, il y a aucun mot pour décrire ce phénomène, à part Koyaanisqatsi.
Tout ce que je pourrai vous dire c'est que j'ai été envouté dés le début par le charme des images et de la musique, puis rapidement hypnotisé par des séquence surréalistes (ce plan séquence de l'avion, mon dieu), et puis il y a cette séquence en accéléré qui m'a littéralement mis en transe pour me briser en mille morceaux dans le dernier segment du film qui est le spectacle le plus terrifiant et inexplicable que j'ai vu. Vraiment je ne comprends pas ma réaction face à ce film monumental qui n'est, a priori, pas mon genre de cinéma, une sensation extrêmement profonde et incontrôlable, un truc qui ne m'est jamais arrivé. Alors si vous avez envie de voir ce film, foncez, faites vous votre propre avis, et si vous l'avez aimé, je vous recommande les deux autres films de cette trilogie, Powaqqatsi étant pratiquement parfait visuellement.
Enfin pour les plus curieux j'ai fait une critique vidéo de cette saga (dispo aussi sur youtube) :
Produit par Francis Ford Coppola et mis en scène par Godfrey Reggio, Koyaanisqatsi n'est ni un film, ni un documentaire mais plutôt une expérience ainsi que plusieurs images mises en musique sans aucune voix-off, ayant pour but de symboliser les trois prophéties Hopis.
Je ne savais guère à quoi m'attendre avant de me lancer dans Koyaanisqatsi, et finalement c'est captivé et même fasciné que j'en ressors. Je ne connais pas précisément ce qu'ont voulu mettre en scène les auteurs, mais j'imagine qu'il doit y avoir plusieurs interprétations possibles, de mon côté, j'y ai surtout vu une vision pessimiste de l'humain, l'impression de voir l'homme penser maitriser la nature alors que ce n'est aucunement le cas et des humains qui, à l'image des fourmis, travaillent à la chaîne et suivent les mêmes courants. L'une des forces des propos, c'est de ne jamais essayer d'imposer un message précis, mais plutôt d'essayer de faire tendre vers plusieurs réflexions.
Tout passe par les images, c'est la force de l'oeuvre et l'absence de quelconques paroles ou dialogues est totalement maitrisée et bien aidée, il est vrai, par une bande-originale envoutante et dont la répétition renforce l'atmosphère. Le montage est ingénieux, les séquences bien choisies et on reste, tout le long, fasciné par ces images et il en ressort une vraie puissance où l'on passe par différentes sensations et visions, de plans sur des humains, les constructions de ces derniers ou encore l'importance de la technologie et du matérialisme durant notre ère à des images naturelles de toutes beautés.
C'est donc via un savant mélange de fascinations et diverses réflexions que l'on découvre des images mettant à mal la nature humaine et son évolution, le tout sublimé par d'ingénieux choix de séquences ainsi qu'une bande-originale envoutante à souhait.
Koyyyyaaaaa-nisqaaaatsiiiii.... La sublime musique de Philip Glass tourne dans la tête suite au visionage de ce veritable OVNI. Une reussite cinématographique a tout points. La musique : sublime , Les images et les times-lapses : merveilleux , et la réalisation , exellente. Koyaanisqatsi est le film qui m'a permis de découvrir ce veritable génie qu'est Godfrey Reggio. Ce film, très sincerment,, et pour moi (et je pense que pas uniquement) l'une des plus grandes experiences cinématographique que j'ai pu vivre. Une claque, une pure, qui nous laisse scotché, et qui nous laisse un tat de reflexions et de peur. Ou irons nous ? Jusqu'a ou la technologie va arriver ? Va-t-elle totallement envahir nos vies ? Existons-nous face a la cruelle routine quotidienne? Ce film est réelement unique, et aucun autre film du même genre ne parvient a l'egaler, non pas d'un point de vue esthétique, mais philosophique et naratif. Alors a tout les amoureux du Cinema, du vrai, je ne peut que vous conseiller de voir, ou plutot de vivre cette véritable experience unique que nous livre Godfrey Reggio a travers son film : Koyaanisqatsi
Ce n'est pas un simple film, on est là en face d'une expérience visuelle et sonore qui touche à la mystique du méditant. L'ensemble est profondément bouleversant, car on est livré aux images sans fil interprétatif. La musique de Philip Glass rajoute un glacis d'hallucinations à l'orgue. La filiation avec Samsara et Baraka est bien entendu évidente. A revoir encore et encore pour essayer d'en faire le tour...
Pas une seule parole, pas une seule intrigue, seulement des images et de la musique. Et malgré ça, le film arrive à communiquer tout plein de choses, de façon efficace sans susciter d'ennui. Le principe du film est de filmer l'humanité de façon objective et de laisser le spectateur se faire son propre jugement. Puis à la fin, la signification du titre est révélée : Koyaanisqatsi désignant la vie se désagrégeant. Le thème du film : la répétitivité. Il se divise en deux parties : la première est purement contemplative, belle, et la seconde est plus explicite, sombre, dépressive. Beaucoup d'idées noires sont communiquées : la place de l'homme sur terre dans une société en perdition, le sens de la vie de l'homme dans cette société, la répétitivité de ses actions, l'importance de la science et sa supériorité vis-à-vis de la nature, nature qui est pourtant notre base... On se rapproche du documentaire mais on reste dans du cinéma expérimental, un film écologique et musical rythmé par Philip Glass, qui livre une composition collant parfaitement à l'image et totalement culte.
Cela faisait longtemps que j'avais envie de voir ce film, c'est fait. Que dire? Pour moi c'est un véritable tour de force... Godfrey Reggio réalise un véritable OVNI avec aucun dialogue, une succession de plans et une musique de Philip Glass pendant 1h20, comparant l'Homme à une fourmi. Non seulement les plans sont très biens filmés, intéressants et évocateurs, je ne me suis pas ennuyé une seconde! Il fallait vraiment avoir du courage pour réaliser un film comme ça, car le public est très restreint... Ce que j'aime aussi c'est que le spectateur doit faire sa propre opinion. Un film génial mais trop peu connu hélas.