''The hill'' a fait sensation à sa sortie en 1965, tout le monde en parlait. A le revoir il garde son coté sauvage et fort et constitue un spectacle prenant dont on sort satisfait. Par contre, coté cinéma ce n'est pas un grand film, le thème à prit largement le dessus sur la forme, les personnages sont presque tous caricaturaux en dehors de Joe Roberts. C'est le grand acteur Shakespearien Harry Andrews qui se remarque d'abord et que l'on gardera en mémoire avec Osie Davis qui lui tient la vedette dans un genre opposé, son personnage de Jacko King étant bien réussi. C'est un scénario complètement farfelu avec des acteurs dont la démarche cadencée fait souvent rire tant elle est grotesque et pourtant il ne faudrait pas, car le propos est dramatique. L'idée est intéressante et bien développée, la fin par contre est contestable. Je n'en ai pas souvent vu de semblable; elle semble dire : voila je vous ai raconté une histoire, je n'ai rien à ajouter, vous avez compris ce que je voulais exprimer, maintenant terminez la comme vous voudrez! Le fait est que les personnages des geôliers sont difficile à tenir des qu'ils sortent de leurs cages protectrices, un accroc sérieux les déstabilise, raison de plus pour aller au bout du raisonnement. La qualité des comédiens joue ici un rôle majeur car l'intérêt ne provient que de leurs réactions, trop souvent Sidney Lumet a négligé sa mise en scène au point même de l'enlaidir. C'est parce que je crois qu'il a fait exprès de la mettre au même niveau que la morale qui règne en permanence sur ce camp britannique installé en Lybie que je lui accorde 4 étoiles.
Je ne connaissais pas La colline des hommes perdus avant d'avoir cherché sur AlloCiné et d'avoir lu la critique de MDCZJ qui m'a donnée envie de voir. C'est un film de guerre carcéral (donc forcément dénonciateur), qui se passe durant la seconde guerre mondiale...dans un camp de prisonniers anglais (plutôt un camp disciplinaire mais la différence s'arrête au nom) où l'on suit 5 prisonniers victimes de l'autorité excessive du sergent Williams. Parmi leurs punitions, ils doivent monter une colline qui est l'emblème du film (même si je m'attendais à la voir plus souvent). La confrontation entre les prisonniers et les matons va ériger une brillante critique du mode de fonctionnement dépassé de l'armée tout en montrant des hommes basculer dans la bestialité. Les acteurs sont excellents, surtout Sean Connery, qui prouve qu'il peut jouer autre chose que James Bond, la réalisation est excellente ; Sydney Lumet sait tenir une caméra et l'histoire est plutôt bien écrite, avec un début qui présente les personnages, des moments d'émotion et des moments où on a envie, comme les prisonniers, de se révolter, tout ça jusqu'à la fin, où on atteint l'apothéose du film. Par contre, seuls reproches : des personnages un peu caricaturaux et des longueurs. Malgré cela on a un film avec une ambiance froide et oppressante, renforcée par l'absence de BO et par le noir et blanc. Un excellent film encore méconnu, malheureusement.
Sans plus. Beaucoup de films évoquent le sujet des camps disciplinaires et celui-ci n'a rien de bien original. Il ne vaut que pour Sean Connery, les autres acteurs étant bons mais pour la grande majorité, inconnus. Le film traite du racisme avec un africain dans le lot qui joue sur les clichés de l'époque. Je n'ai pas trouvé le film si dramatique ni très drôle. Pas de passage marquant, pour moi. Je préfère de loin les films contemporains. Ici, pas grand chose à apprendre, un peu de discipline par la fatigue et l'usure physique, plus que par l'usure morale.
Un brûlot antimilitariste qui fustige l’autorité avec force et intensité. Le malaise augmente avec le refus d’obéissance qui devient une sorte de rébellion salvatrice. Leur seule façon de rester en vie est la confrontation violente aux supérieurs. C’est fort et sans concession.
En pleine Seconde Guerre Mondiale, un sous-officier tient d'une main de fer une prison militaire, en particulier grâce à une colline artificielle qui lui permet d'épuiser et de briser ses prisonniers. Jusqu'à l'arrivée de cinq nouveaux venus, qui vont perturber les choses. "The Hill" surprend, car on est loin d'un film de stalag où des prisonniers Alliés sont gardés par des Allemands. Ici, des Britanniques sont enfermés par leur propre camp, matérialisé par des sous-officiers rigides et cruels qui cherchent à les anéantir. Le film est ainsi un plaidoyer anti-militariste, et surtout une critique de l'autorité stérile, et des chaînes de commandement. Les acteurs sont en forme, avec en tête un Sean Connery qui cherchait à l'époque à casser son image de James Bond. Mais l'on repère également Harry Andrews, impressionnant en sous-officier qui parvient à tenir les prisonniers sous sa coupe. De plus, la mise en scène de Sidney Lumet est inspirée. Elle joue sur les intérieurs réduits (cellule pour 5, couloirs...), les effets de caméras (plongées et contre-plongées), et des effets de montage percutants pour l'époque. Elle accompagne à merveille un scénario solide, poussant petit à petit chaque personnage à bout. Bref, à la fois film de prison, film de guerre, et drame psychologique, "The Hill" vaut le détour.
« La colline des hommes perdus » sorti sur les écrans en 1965 est sans doute avec « Network » (1976), le film le plus radicalement engagé de Sidney Lumet. Dans la lignée des « Chemins de la gloire » (1957) de Stanley Kubrick, il propose une critique au vitriol des méthodes de commandement ayant cours au sein de l’armée britannique durant la Seconde Guerre Mondiale, là où Kubrick brocardait avec autant de virulence l’incurie et le cynisme des généraux de l’armée française durant la Grande Guerre. Sidney Lumet a déjà huit films à son actif et vient juste de terminer « Point Limite » dans lequel il retrouvait Henry Fonda pour alerter sur les dangers de l’arme nucléaire dans un contexte de Guerre Froide entre les États-Unis et l’Union Soviétique quand il est sollicité par Sean Connery pour réaliser l’adaptation d’une pièce de théâtre de Ray Rigby (The Hill) inspirée de sa propre expérience dans une prison militaire britannique. Sean Connery qui ne souhaite pas se voir enfermé dans le rôle de James Bond qu’il a déjà endossé à trois reprises a négocié avec EON Production la possibilité de tourner dans les films de son choix entre chaque épisode de la saga. C’est ainsi qu’il tournera à trois reprises sous la direction de Lumet. Dans une prison située dans le désert libyen, l’armée britannique cherche à mater tous les dissidents ou fortes têtes qui pourraient nuire à la discipline aveugle qu’elle attend de ses soldats face à l’ennemi nazi. Il s’agit certes de réadaptation mais aussi et surtout d’intimidation par l’exemple dans le but dissuader les candidats potentiels à la rébellion. Pour ce faire, le commandement choisi à dessein a toute latitude pour atteindre ses objectifs. La porte est donc ouverte en toute conscience à tous les abus. C’est ce que dénonce avec force « La colline des hommes perdus » dirigé par un Sidney Lumet qui ayant fort bien intégré les enjeux, recourt à une réalisation privilégiant les plans moyens ou rapprochés afin d’être au plus près de l’expression des visages et des corps. Sadisme de certains gradés, déni de la part d’autres, humiliation, peur, lâcheté, souffrance, épuisement, homosexualité refoulée ou brimée, tous les travers de la condition humaine décuplés par l’enfermement et la contrainte sont largement exposés et sans ménagement. Lumet n’accorde aucun répit au spectateur formidablement aidé par son chef opérateur Oswald Morris et bien sûr par des acteurs plus vrais que nature, dirigés dans les environs d’Alméria en Espagne sous une chaleur torride. Il faut donc rendre hommage aux Harry Andrews, Sean Connery, Ian Bannen, Ossie Davis, Ian Hendry, Michael Redgrave, Jack Watson, Alfred Lynch et Roy Kinnear troublants de vérité et dirigés par un Sidney Lumet particulièrement investi qui a su trouver le ton juste pour mettre à nu la nature humaine dans ce qu’elle a de plus sombre et de plus vulnérable. On notera la très épisodique présence à l’écran du commandant de la prison qui n’est montré par Lumet que sortant au petit matin de la couche des prostituées qu’il fréquente dans le village voisin, très loin des contingences de la prison qu’il dirige. « Cacher ces horribles choses que je ne saurais voir » sera à coup sûr la réaction de l’encore plus haute hiérarchie de la grande muette quand une « bavure » viendra rompre l’horrible monotonie de ce centre de rééducation inavouable. Si on ne peut qu’être d’accord avec le propos du film, il demeure malgré toutes les bonnes volontés une incapacité de l’homme au fil des siècles et par-delà les progrès sociétaux, techniques et économiques à renoncer au règlement des conflits par la guerre. Vaste problématique.
Immersion dans un camp disciplinaire anglais dans le désert libyen durant la Seconde Guerre mondiale. Un Lumet militant et enragé qui dénonce les abus de pouvoir et l’avilissement de l’autorité militaire, porté par une interprétation impeccable, Sean Connery en tête. 4,25
Oeuvre carcérale choc dans une atmosphère impitoyable et oppressante, servie par d'excellents acteurs et réalisée avec brio par Lumet. Noir et blanc impeccable, plans-séquences superbes, contre-plongées vertigineuses et, étonnamment, très bon doublage VF.
Il n'y a ni scènes de conflit armé, ni flingues et fusils, ni balles et cartouches, et pourtant, "The hill" fait bel et bien partie des essentiels du film de guerre. Dans un quasi huis-clos, défile sous nos yeux une violente charge antimilitariste qui dénonçait les traitements barbares que l'on infligeait au soldat qui, lessivés physiquement et mentalement, se levaient contre l'absurdité de la guerre et de l'Armée de leur pays. Armée Britannique en l'occurrence, mais on peut transposer le propos à n'importe quelle Armée. Film qui, s'il ne peut être considéré comme un chef d'oeuvre (en raison de personnages trop stéréotypés et d'une dernière partie trop braillarde et chargeant inutilement la barque), reste malgré ses faiblesses criantes un incontournable qu'il vous faudra voir une fois, et doté d'une interprétation en tous points remarquable. Le cinéma anglais de cette époque me manque énormément et je ne crois pas être le seul dans ce cas.
Le réalisateur Sidney Lumet filme le calvaire de cinq soldats anglais punis pour des crimes divers et envoyés dans un camp de prisonnier libyen pour y purger leur peine. Eprouvant pour les nerfs tant la torture physique et psychologique subie par ces hommes sous la houlette d’un sous-officier sadique est restituée de façon étouffante à l’écran. Dénonçant l’abus de pouvoir de l’autorité hiérarchique, le mépris de l’ordre militaire pour la dignité humaine.
Un film fort et percutant focalisé sur le conditionnement dans l'armée et la rééducation par les exercices forcés. Le film entièrement tourné dans un camp disciplinaire tient en haleine grâce à des acteurs solides et possédés par leur rôle (le chef sadique, un Sean Connery déterminé et humain). Lumet signe ici une de ses perles avec un vrai travail dans la réalisation.
Le film est l'accusation fondamentale de l'armée et d'un système militaire que Sidney Lumet développe plus particulièrement dans la seconde partie où se dévoilent plus manifestement le cœur du sujet et son origine théâtrale. Le soldat qu'interprète Sean Connery n'est pas nécessairement un rebelle dans l'âme mais il conteste le pouvoir absolu que confère dans certaines situations l'uniforme d'un gradé, ce quasi droit de vie et de mort, d'asservissement, que s'arroge une poignée d'officiers sadiques, sans doute convaincue que la hiérarchisation des rapports garantit l'impunité. Le phénomène est d'autant plus aigu que les victimes sont des soldats punis et, à ce titre, peu de chose pour l'encadrement. La première partie du film évoque dans un camp disciplinaire perdu dans le désert la châtiment physique et moral infligé aux prisonniers, punitions cruelles parmi lesquelles la fameuse colline de sable à gravir inlassablement. A ce moment, le film est plus spectaculaire que dialectique ou théorisé. Mais, en explorant de façon plus pointue les attitudes, notamment de soumission, de chacun des compagnons de cellule du caporal Roberts, Sidney Lumet multiplie les points de vue, donne toute son acuité au sujet et une forte intensité dramatique grâce auxquelles il dépasse les stéréotypes.
Quelle claque ce film ! Le scénario est solide, les personnages bien dessinés, et les acteurs qui les incarnent à l'écran sont globalement très convaincants. Le film brasse plusieurs thèmes avec beaucoup de talent : la cohésion d'un groupe soumis à une très forte pression extérieure, la responsabilité que chacun conserve même au sein d'une chaîne de commandement, à quel moment doit-on refuser un ordre... La mise en scène est vraiment bonne, très maîtrisée.
L'homme est un loup pour l'homme. Voiçi le thème principal de ce film ultra-engagé que l'on doit au regretté S. Lumet. Il dirige ici son 2ème film et s'octroie certains des meilleurs acteurs britanniques de l'époque. Le scénario fait lentement monter la mayonnaise tandis que Lumet joue avec sa caméra pour nous offrir une mise en scène diablement inventive et mouvante, collant au plus près de la souffrance de ses hommes qui triment pour rien ou sinon à cause de délits insignifiants. Il brosse le portrait d'une galerie de personnages qui représente un bel éventail de la race humaine et nous sert un drame parfois déchirant, souvent brillant et même certains menus détails m'ont chiffonné, ne nous le cachons pas, on est devant un très grand film, l'un des meilleurs d'un auteur qui compte pourtant une belle ribambelle de chefs d'oeuvre à son palmarès. C'est dire le niveau. D'autres critiques sur