Une intrigue qui se tient, sans l'aide d'aucun raccourci ou facilité, dont le final répond parfaitement à la question du film : "Qu'est-ce qu'un fantôme ?". Une réponse mêlée de philosophie, d'humanisme et d'un regard d'enfant inimitable, L'Echine du Diable tient ses promesses. On regrette seulement la longueur du film qui compte quelques temps morts, et des effets spéciaux pas toujours au point (les explosions sont à revoir). Autrement, certaines scènes sont glauques à souhait (l'explication du syndrome de " l'échine du Diable " et ce qu'en fait le vieil homme est effroyable, et "Santi" est très réussi). Les enfants jouent bien, les dialogues ne sont pas trop copieux pour nous concentrer sur un silence parfois pesant, et quelques sursauts sont à prévoir. L'alliance des enfants vivants et spoiler: de Santi pour faire tomber le satané meurtrier de ce dernier est une bonne idée pour dédramatiser les peurs enfantines des revenants. Même si on évitera bien entendu de mettre un jeune public devant ce film... Guillermo Del Toro est dans le registre des peurs à niveau d'enfants, dans une ambiance sombre qui est réussie, et la fin se veut intelligente et visuellement bien construite.
Ce qui caractérisent les films d'épouvante, c'est souvent leur ton décalé , et, souvent, les grands films de genre le sont car ils empruntent un ton plus sérieux. Ici on évoque les peurs enfantines : la solitude (des orphelins, loin de tout, dans un immense bâtiment dont les décors sont absolument extraordinaires) et de l'inconnu (le noir, les fantômes). Qui dit sérieux dit effets simples... On a l'impression d'être dans une version terrifiante des "Disparus de St Agil" matiné de film historique (très puissant, certaines scènes évoquent directement des tableaux de Goya) et surtout de drame (la mort des enfants est montrée crûment...). Del Toro a réussi un film complet, d'une rare violence, un film juste, sur l'enfance, loin des clichés.
Près de 10 ans après son premier long, "Cronos", Guillermo Del Toro n'en était qu'à son 3ème film avec "L'échine du diable" pourtant déjà très maîtrisé. Au centre de son métrage, on retrouve un de ses thème de prédilection, l'enfance, qui prend place en pleine guerre civile espagnole. L'atmosphère y est très prenante et la sobriété des effets spéciaux s'avère des plus efficace, d'autant que les gamins jouent vraiment très bien à l'instar des acteurs adultes dans lesquels on retrouve Federico Luppi, déjà présent sur "Cronos". Le scénario est quant à lui bien ficelé même s'il manque de surprise et plusieurs intrigues parallèles viennent se fixer dessus histoire que l'ensemble ne s'essouffle pas, par contre ne vous y trompez pas, c'est un film traitant de l'enfance mais il n'est pas pour les enfants, le propos est quand même assez dur et Del Toro ne fait pas de concession dans ce climat de violence. Le film bénéficie en outre d'une superbe photographie et d'une très bonne mise en scène, le réalisateur démontrait déjà son grand savoir-faire en terme de fantastique et de maîtrise de l'image, une belle bobine en somme.
"L'échine du diable" annonce le superbe "Labyrinthe de Pan", mélange curieux entre le contexte historique de la guerre d'Espagne et le fantastique. Moins fort, moins abouti, il n'en est pas moins un bon film original et prenant.
Simple et maîtrisé, L'échine du diable nous emporte en pleine guerre civile espagnole, à Santa Lucia, un établissement catholique pour orphelins. Dans cette ambiance historique, le fantastique vient pointer le bout de son nez, avec l'apparition d'un fantôme qui va interpeller un jeune garçon. Très bien dirigé et à l'interprétation solide, le film de Guillermo del toro dégage une aura particulière, sombre et traversé de mystère. Même s'il n'est pas très effrayant et recèle quelques temps mort, L'échine du diable comporte suffisamment de surprises pour que l'on s'y attarde.
Les fantômes de la guerre civile continuera à hanter ces lieux, le théâtre des batailles sanglantes où jadis s'opposa l'Espagne politique, la tragédie provoqué par l'idéologie vainqueur de l'histoire est irrémédiable, avec une touche d'irrationnelle mélancolique, en attendant le chef d'oeuvre du "Labyrinthe de Pan".
Ah ça, l’ami Del Toro sait y faire pour poser ses ambiances. Même si pour l’occasion je ne suis pas trop fan de cet univers, il a su faire le nécessaire pour me tenir intrigué jusqu’au bout. Pas mal…
Guillermo Del Toro a toujours été très à l'aise dans le fantastique mais c'est vraiment avec ce troisième film qu'il réalise qu'il trouve l'équilibre parfait entre le fantastique et l'Histoire, ancrant son récit dans une réalité bien à elle, au cœur d'une guerre qui fait rage et qui ravage un pays. Au beau milieu de tout ça il y a un orphelinat, un fantôme, une bande de gamins courageux, un méchant qui a grandi dans l'orphelinat, un docteur, une institutrice à la jambe de bois et des lingots d'or. Tous ces éléments ont leur importance et donnent à cette histoire une puissance narratrice que Del Toro souligne par des décors et une atmosphère soignés, sachant nous faire frissonner quand il le faut. C'est parfois prévisible mais les allures de conte du film (que le réalisateur donnera aussi à son "Labyrinthe de Pan") ne manquent pas de charme et l'on se prend vraiment d'affection pour ces gamins abandonnés et livrés à eux-mêmes dans un pays qui se déchire. Toute l'humanité mise en jeu mais également la cruauté au cœur de ce conflit résument à elles seules la dualité de l'être humain et c'est aussi pour ça que "L'échine du Diable" nous touche autant.
Guillermo Del Toro fait partie d’une élite de réalisateurs surdoués, aux créations plus soignées les unes que les autres. Scénaristiquement, L'Echine du diable est palpitant, à la fois mystérieux et réaliste. En effet, le savant mélange entre le contexte guerre civile espagnole des années 30, et ce côté surnaturel lié aux esprits, fonctionne tout à fait, et à tous les niveaux. Le casting majoritairement mexicain et espagnol, est tout à fait efficace pour transmettre les émotions, et renforce l’authenticité d’un paysage déserté d’eau et d’espoir. Un message fort dévoilant une génération sacrifiée pour de vains idéaux. Ce thriller dramatique de conception sobre vaut largement le coup d’œil. 4/5
Une ambiance de huis clos particulière, un fantôme pour le moins flippant, et un scénario solide font de "L'échine du diable" une petite référence dans le genre fantastique-horrifique. Évidemment, les temps faibles font perdre l'intensité au récit, mais l'histoire est intéressante. Et quelques scènes dressent le poil, notamment quand le principal personnage interprété avec réussite par Fernando Tielve se retrouve face à face avec Santi. Je recommande pour tout amateur du genre.
Guillermo Del Toro est un réalisateur qui a fait ses preuves et l’Échine du Diable prouve bien son talent dans la mise en scène mais aussi dans sa capacité à créer une ambiance, ici à l'aide d'une photographie qui vaut le coup d’œil. C'est pourtant un film en demi teinte car le scénario peinant à mélanger les deux genres dont il s’accapare, beigne dans une histoire de fantôme dont l’intérêt serait uniquement d'effrayer le spectateur et d'enrichir le film d'un rebondissement prévisible. C'est d'ailleurs tout ce que nous offre le cinéma d'épouvante et d'horreur depuis une dizaine d'années, à croire que la littérature et le cinéma ( il y a donc longtemps) n'ont pas prouvé que ce genre pouvait être poétique et émouvant. Un film classique, loin d'être novateur mais néanmoins assez solide.
Film d'horreur trés décevant. En partant d'une histoire de fantôme vu et revu, Del Toro developpe une histoire fade sur fond de guerre civile espagnole. Les personnages sont formatés et la réalisation fait penser à celle d'un mauvais téléfilm. Dommage d'avoir vu ça aprés "Le Labyrinthe de Pan" qui est une pure merveille !
"L'Echine du diable", le film qui a commencé à faire parler de ce réalisateur ultra-talentueux qu'est Guillermo del Toro. Il mêle ici deux thèmes qui lui sont chèrs : la période de la Guerre d'Espagne et l'univers fantastique par le biais d'une histoire de fantôme. A première vue, le scénario ne parait pas très original mais dissimule en fait des symboles et métaphores qui le rende en fait beaucoup plus riche. Del Toro a cet art de savoir sublimer tout ce qu'il montre sans avoir besoin d'en faire trop, bien aidé en cela pas l'impeccable photographie de Guillermo Navarro. Les acteurs, des jeunes orphelins, aux plus expérimentés Marisa Paredes et Federico Luppi, en passant par Eduardo Noriega sont tous excellents ; et il faut noter également la musique de Javier Navarette.
Quelques années avant le magnifique labyrinthe de Pan, Guillermo Del Torro réalisait déjà un film fantastique ayant pour thème l enfance et la guerre. Ici on parle d une enfance assassinée par les guerres des adultes et qui revient les hanter comme un rappel de l absurdité de leurs actes. Les enfants sont vraiment très bons dans leurs rôles, et les adultes les "encadrent" parfaitement. L ambiance est fantastique mais c est vraiment les thèmes précédemment nommés qui dominent. J ai trouvé que le final traînait un peu en longueur et m a légèrement gâché le plaisir d un excellent film.
Un des films jalonnant ce qui fait la marque de fabrique de G del Toro, à mi-chemin entre fable contemporaine et fantastique nous sommes Plongee dans la guerre d Espagne ; c est bien réalisé, intriguant et avec cette originalité particulière, finalement pas si horrible que cela semble être aussi