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Peter Franckson
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3,5
Publiée le 1 août 2025
A travers la vie sexuelle d’un cinéaste gay [spoiler: qui a le projet de monter la pièce « La voix humaine » (1930) de Jean Cocteau (1889-1963) et qui sera adaptée au cinéma par Pedro Almodóvar en 2020 avec Tilda Swinton ], Pablo Quintero (Eusebio Poncela, 40 ans), et ses relations difficiles avec deux amants [Juan (Miguel Molina, 24 ans) et Antonio (Antonio Banderas, 27 ans)], le film hésite entre grotesque et baroque, tant le réalisateur veut être, à l’époque, transgressif (sexualité démonstrative, addiction à la cocaïne) avec un scénario trop exubérant [spoiler: Tina (Carmen Maura, 42 ans), actrice et sœur de Pablo, violée par son père et changeant de sexe ], desservi par l’abondance de personnages secondaires (telle Ada, fille d’une amie partie au Japon et hébergée par Tina), alors qu’il s’agit d’un simple drame où les homosexuels peuvent être victimes de passions aliénantes et de jalousie.
Réalisé 1987, La loi du désir est une plongée abrupte dans l’univers queer et foutraque d’un cinéaste qui explorait avec force les mystères du désir – et en particulier du désir masculin. Porté par des acteurs géniaux – citons Carmen Maura et Antonio Banderas, tous deux dans la peau de personnages improbables – La loi du désir nous raconte que la convergence du désir est rare entre deux êtres. Souvent l’on désire sans être désiré et l’on est désiré sans désir soi-même. Pour illustrer son propos, le cinéaste phare de la movida nous embarque dans des histoires hautes en couleurs, où le comique côtoie le tragique le plus absolu. À la fois bordélique et passionnant.
C'est là que tout avait commencé. Les obsessions d'Almodovar. Les drames familiaux aux lointaines racines. L'homosexualité. L'inceste. Et le transformisme. Et si cette "Loi du désir" ne fait pas partie des films les plus connus du plus insolent des cinéastes espagnols, elle fait partie des plus intéressants. Même si l'intrigue met un poil trop de temps pour réellement se mettre en place. Histoire de jalousie entre homosexuels. On y retrouve ses acteurs fétiches d'alors. Le charismatique Banderas, qui héritera d'un rôle encore plus raide 2 ans plus tard dans "Attache-moi" et la grande Carmen Maura, toujours aussi classe, même quand elle est grimée comme une catin sur le retour. Quand j'avais fait part de tout le mal que je pensais de "Volver", j'avais conseillé de revoir les Almodovar d'avant, parce que d'un tout autre niveau, regardez celui-là si vous ne le connaissez pas et vous verrez que je ne vous ai pas raconté de sornettes.
La Loi du Désir est une symphonie où le désir se fait flamme dévorante, une danse où l’amour, poussé à ses extrêmes, flirte avec la violence et la destruction. Almodóvar dévoile une œuvre où Pablo, cinéaste torturé, Antonio, amant obsessionnel, et Tina se heurtent dans une triangulation incandescente. Antonio Banderas, dans un rôle fiévreux, incarne une passion vorace, révélant les gouffres de l’amour possessif.
Les personnages, loin des archétypes classiques, incarnent des zones d’ombre. Antonio, impulsif et inquiétant, brûle de l’intérieur ; Pablo et Tina, eux, se meuvent avec une ambivalence qui désoriente. Ces figures imparfaites, égoïstes, parfois moralement ambigües, ne cherchent pas à séduire, mais à être, dans toute leur complexité. Cette distance, cette froideur calculée, me rebute et m'empêche de trouver des points d’ancrage émotionnels.
Comme à son habitude, Almodóvar explore des territoires périlleux : jalousie meurtrière, sexualité frontale, violence latente. Mais ces thématiques, abordées sans détour ni compromis, manque de chaleur humaine.
En somme, le récit me semble davantage préoccupé par ses concepts et ses esthétiques que par la sincérité émotionnelle des personnages.
Comme souvent avec Almodovar le film débute très fort. Environ 40mn de grand cinéma. Scène d’ouverture, belle et difficile relation amoureuse avec Juan et surtout la scène d’amour physique avec Banderas. En 1987, en Espagne et même partout dans le monde, ça provoque des réactions. Et puis le film perd doucement de sa force pour trouver une fin qui semble n’intéresser personne. Une des faiblesses récurrentes d’Almodovar… une explosion incroyable en début de film, un récit et… une fin qui n’existe que parce qu’il faut bien une fin… Almodovar donne souvent l’impression que la fin ne l’intéresse pas. Car c’est bien « dire » qui lui est nécessaire. Et à ce besoin, souhaitons, qu’il n’en trouve pas la fin. Alors, oui, son cinéma est un peu obsessionnel : homosexualité, transexualité, sexualité, amour, passion, religion, absence paternelle, drogue, pédérastie, une pointe de SM. Il faut vivre et c’est pas toujours facile. Up and down. Et nous on le prend tel qu’il est, au firmament et parfois en série Z.
Pedro Almodovar se lance ici dans un film assez révolutionnaire pour l'époque, en effet il montre volontairement à l'écran les corps de deux hommes qui s'entrelacent et s'embrassent. Pour 2022, rien de choquant c'est assez classique mais pour 1988 c'est pour le moins assez osé de la part du cinéaste espagnol. Ce manifeste pour l'homosexualité se transformera en sorte de thriller sur la fin du film, ce qui a, pour ma part, réussit à me remettre dans le film car l'ensemble commençait à réellement tourner en rond. Carmen Maura et Antonio Banderas sont encore les acteurs principaux et on ne s'en lasse pas. Une demi réussite dans le fond mais j'ai quand même bien ri à de nombreuses reprises. Pour finir, une scène m'a beaucoup marqué lorsque Carmen Maura se met sous un jet d'eau dans la rue car elle crève de chaud. Cette scène laisse transparaître une sensualité érotique très intense du plus bel effet.
Transgressif, sentimental avec des touches comiques, ce mélo gay avait l’ambition de me rallier à la critique générale qui a adoré ce film en le rangeant dans la case « chef d’œuvre ». Je n’ai pas trop adhéré, sans trop savoir pourquoi, peut-être justement parce que les personnages sont trop stéréotypés pour leur donner une âme qui aurait pu me toucher. Cette histoire m’a donné le sentiment d’être cruellement sans grand intérêt et mon attention n’a pas été soutenue au-delà de la première demi-heure. Dans le contexte de l’époque, cette subversivité filmée a dû créer un beau clivage en évoquant cette histoire d'amour tragique entre deux hommes. Pari de Pedro Almodovar surement réussi sur ce plan, pour le reste, pas de magie ni d’émotions particulières…
Ça commence très bien pour cette histoire d’amour jaloux sur fond de Movida madrilène. On retrouve beaucoup d’ingrédients de La Mauvaise éducation, mais avec plus de légèreté et de charme. Malheureusement, comme souvent, Almodovar est bon dans les prémices et ne sait plus où aller ensuite. En convoquant le film noir et le soap opera, son scénario part dans tous les sens et frôle le ridicule. A voir quand même pour l’atmosphère rétro et pour Carmen Maura, plus charismatique que jamais en actrice transgenre.
Antonio Banderas est surprenant et assez flippant en psychopathe amoureux. Pour l’époque c’est très nouveau de montrer l’homosexualité aussi naturellement, sans tabou. Les plans des corps entrelacés sont d’ailleurs magnifiques. L’histoire connaît pas mal de rebondissements et on reste assez captivé, malgré un petit coup de mou en milieu de film, juste avant les coups de téléphone à Juan puis à Antonio, qui font re-décoller l’intrigue.
Comment intégrer le sexe et le désir sans être dans la démesure ? Pedro Almodóvar répond à cette question subtilement mais non sans difficulté. À travers ce film dramatique, les personnages sont tournés au ridicule mais toute la finesse d'Almodóvar réside dans sa capacité à intégrer un côté tragique et sombre à l'ensemble de ces caractères.
En Espagne, l'homosexualité n'est plus considéré comme un délit depuis 1986 soit peu de temps avant le tournage de "La loi du désir". Pedro Almodovar profite de cette abrogation et du souffle libertaire provoqué par la transition démocratique succédant au régime répressif franquiste pour raconter une douloureuse romance triangulaire homosexuelle. Son cinéma y est décomplexé, subversif et provocateur. Pour une fois, les femmes ne sont pas au centre de l'oeuvre du cinéaste espagnol. Même sa muse, Carmen Maura, jour en réalité un transexuel, frère (à la naissance) du personnage principal. Pourtant, on ne peut se tromper sur l'identité du réalisateur. "La loi du désir" regroupe les ingrédients qui ont fait le succès d'Almodovar et qui permettent de le reconnaître. En effet, l'intrigue joue toujours sur des romances compliqués, ponctuées par des drames, et le visuel reste toujours aussi coloré. Du côté du casting, on revoit ses fidèles avec une préférence pour Antonio Banderas, effrayant dans ce rôle d'amant possessif. Un bon cru d'Almodovar même s'il a fait mieux par la suite.
Un des films qui abordent l'homosexualité le plus frontalement dans l’œuvre d'Almodovar (qui contient pourtant d’autres exemples bruts de décoffrage). Cela a nonobstant beaucoup vieilli, essentiellement sur le plan formel : il suffit de voir "Julieta" pour réaliser les progrès de l'auteur en tant que metteur en scène et directeur d'acteurs. Malgré un Eusebio Poncela remarquable de vérité, on peine à trouver chez Banderas ou Miguel Molina la même émotion. Carmen Maura fait, elle, de son mieux mais peine à imposer son personnage, dont le caractère équivoque sera beaucoup mieux dépeint dans "La mauvaise éducation". Reste l'évocation d'une époque, les années 80 et les débuts du sida, exercice dans lequel l'auteur de "Matador" a toujours excellé.
J'ai été déçu par ce film que j'ai trouvé peu abouti et brouillon. Qui plus est le personnage de Carmen Maura m'a insupporté et dès qu'elle arrivait je perdais le peu d'intérêt que je trouvais au scénario. La fin théâtrale ne m'a pas emballé & on se dit 'Tout ça pour ça !'.Almodovar m'a déjà nettement plus transporté.