La Couleur de l'argent
Note moyenne
3,5
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166 critiques spectateurs

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Alolfer
Alolfer

178 abonnés 1 737 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 juin 2026
La force d'un réalisateur comme Martin Scorsese, c'est de réussir à nous intéresser à un "sport" alors qu'on est aucunement intéresser. Sa mise en scène, accompagné d'un duo iconique, Paul Newman et Tom Cruise, crève l'écran et donne un film brillant et intéressant. Il s'agit d'une suite du film "L'arnaqueur" (que je n'ai pas encore vu) mais qu'importe. Le film tel quel, se regarde bien et on comprend les enjeux des personnages. C'est une belle retranscription entre la jalousie, la persévérance et la transmission.

Un Scorsese qui mérite une plus grande visibilité et que je trouve, on a tendance à oublier
Cadreum
Cadreum

59 abonnés 778 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 septembre 2025
Qui est le film ?
Quand Scorsese accepte de réaliser La Couleur de l’argent, il vient de tourner After Hours et s’apprête à enchaîner avec La Dernière Tentation du Christ. Le film arrive donc dans une période de transition, où il cherche à sortir du piège d’être enfermé dans ses récits de gangsters. C’est aussi une commande particulière : reprendre, vingt-cinq ans après, le personnage d’Eddie Felson, héros de The Hustler (Robert Rossen, 1961), interprété à nouveau par Paul Newman. Mais plutôt que de refaire un drame sportif, Scorsese inscrit ce personnage dans l’Amérique des années 80. En surface, l’histoire est simple : Eddie, ancien joueur de billard, rencontre Vincent (Tom Cruise), prodige arrogant qu’il entreprend de former. Mais le film promet davantage qu’une rivalité sportive : il interroge ce que signifie « gagner » dans un monde où le succès est devenu spectacle.

Que cherche-t-il à dire ?
Le projet de Scorsese est clair : mettre en tension deux conceptions de la performance. D’un côté, l’expérience maîtrisée d’Eddie, qui a appris la retenue et la discipline ; de l’autre, l’exubérance tapageuse de Vincent, incarnation d’une jeunesse qui se vit comme produit à vendre. Derrière cette confrontation, c’est toute une réflexion sur l’identité masculine, sur la marchandisation du talent et sur la valeur morale de la victoire qui s’esquisse. Ce que le film cherche à montrer, c’est que le billard n’est pas seulement un jeu d’adresse où l'ambition est d’ausculter une époque : comment un art ou un savoir-faire devient marchandise, et que reste-t-il d’un homme quand son talent est absorbé par l’économie du spectacle.

Par quels moyens ?
Scorsese ne se contente pas d’ajouter un chapitre à The Hustler. Eddie n’est plus le jeune chien fou de Rossen, mais un mentor qui cherche à se définir dans une Amérique transformée. La relation entre Eddie et Vincent a la structure du lien père-fils, mais perverti. Eddie façonne Vincent à la fois pour transmettre un savoir et pour retrouver une image de sa propre jeunesse. Former, ici, c’est manipuler : Eddie ne vend pas seulement une technique, il fabrique un produit. Cette ambiguïté nourrit le cœur du film : dans un contexte similaire, peut-on enseigner sans exploiter ?

Le film déploie une galerie de masculinités : l’homme d’expérience, le jeune prodige, le commerçant rusé. Mais toutes ont en commun la nécessité d’être vues, reconnues, monnayés. La virilité se mesure à la visibilité, au bruit qu’on fait. Scorsese montre comment la reconnaissance publique a remplacé l’accomplissement intime, et comment l’ego devient une marchandise parmi d’autres.

Chaque partie est filmée brillamment. Les travellings circulaires de Michael Ballhaus épousent la trajectoire des boules, transformant la table en scène, la poche en destin. Les sons (craie frottée, bille frappée, cliquetis) deviennent ponctuation dramatique.

Paul Newman incarne un homme dont le visage porte la mémoire de ses victoires passées. Son jeu, retenu et silencieux, est cadré de manière à laisser affleurer l’usure du temps. Tom Cruise, au contraire, est pur mouvement, sourire éclatant, appétit immédiat : incarnation de la célébrité naissante comme produit. Mary Elizabeth Mastrantonio apporte une contrepartie fragile mais essentielle : Carmen, personnage qui observe et révèle l’ambiguïté morale des deux hommes.

Où me situer ?
Je suis profondément admiratif de la rigueur avec laquelle Scorsese a fait de ce « film de commande » un miroir de son époque. Ce que j’admire le plus, c’est la manière dont il fait du billard un théâtre de chair et de craie, et non un simple sport filmé. Ma réserve tiendrait peut-être à la froideur relative du récit : à force d’être construit comme un dispositif moral et esthétique, le film tient parfois le spectateur à distance.

Quelle lecture en tirer ?
La Couleur de l’argent ne nous dit pas simplement comment on devient un champion. Il montre comment une société fabrique ses vainqueurs, les façonne comme des produits, les vend comme des images. Eddie et Vincent ne sont pas seulement maître et élève, ils incarnent deux âges d’une même logique : l’artisan qui cherche encore la vérité d’un geste, et le performer qui ne conçoit le jeu que comme spectacle. De cette confrontation naît une question qui dépasse le billard : qu’est-ce que cela signifie, « réussir » ? Le film invite à regarder autrement nos propres victoires à nous demander si elles nous définissent vraiment, ou si elles ne sont que le reflet marchand d’un monde qui transforme tout en marchandise.
Kouto
Kouto

29 abonnés 4 749 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 10 août 2025
Martin Scorsese signe une suite au film « L’arnaqueur » qui fait figure d’œuvre mineure dans sa filmographie. Si on retrouve avec plaisir Paul Newman dans son rôle et que la mise en scène du réalisateur apparait dynamique et plaisante l’ensemble apparait sans enjeu et plutôt anecdotique.
chrischambers86

16 164 abonnés 13 121 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 juin 2025
Eddie Nelson is back et quand on le revoit jouer dans une salle de billard, on n'a le frisson! Les adeptes du tapis vert et de l'arnaque pourront suivre ainsi cette excellente suite de "The Hustler" (1961) où Paul Newman remportait enfin l'Oscar du meilleur acteur 1987! Cette fois le grand « Fast Eddie » est pris à son propre piège, face à un jeune surdouè prêt à casser la baraque campè par Tom Cruise, aurèolè du succès planètaire de "Top Gun". Une relation de maître à èlève s'installe progressivement et ne nous lâche plus! Côtè mise en scène Martin Scorsese nous règale comme toujours avec ses mouvements de camèra, de fracas et de boules tout azimuts! il y a aussi deux degrès (la virtuositè et l'efficacitè) dans la manière dont Marty s'empare du genre! Et quelle rèussite à l'arrivèe avec une bande son (Phil Collins, Robbie Robertson, Percy Sledge, Eric Clapton...) qui dècoiffe...
Adrien89
Adrien89

1 abonné 36 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 février 2025
Très bon film sur le monde de l'arnaque. Le duo Newman/Cruise est remarquable. Le scénario en est tout autant.
Attigus R. Rosh
Attigus R. Rosh

253 abonnés 2 690 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 8 février 2025
Mouais, ça a beau être signé Martin Scorsese et avec Tom Cruise et Paul Newman en tête d'affiche ; ça ne m'a pas plus emballé que ça.
Peut-être aurais-je dû voir le film l'Arnacoeur, sorti 25 ans plus tôt (avec Paul Newman) dont ce film est la suite. Même si pour autant, je n'ai eu l'impression qu'il me manquait des informations de contexte pour mieux comprendre ou apprécier le film.
Non, je crois que la thématique billard étalée sur presque deux heures de films m'a vite lassé. Certes, les acteurs jouent bien, la mise en scène est bonne, mais l'intrigue autour du fait de raquer les joueurs de billard un peu naïf en faisant semblant de perdre facilement pour mieux les vaincre lorsque l'enjeu financier est supérieur, ne m'a pas plus embarqué que ça.
Sans être mauvais, le film restera à mes yeux assez oubliable dans la filmographie de Scorsese.
fabrice d.
fabrice d.

44 abonnés 1 881 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 4 février 2025
J'ai trouvé que L'Arnaqueur était un bien meilleur film que celui-ci.
Peut-être est-ce du à un vieillissant Newman, et un trop jeune Cruise, mais je ne crois pas.
C'est simplement que le scénario n'est pas tout à fait à la hauteur et la mayonnaise ne prend pas, on ne sent pas la patte de Scorsese malheureusement. C'est dommage car on est pas loin d'avoir un bon, voire un très bon film. La musique est bonne et les seconds rôles sont sympas, avec Turturro et Whitaker par exemple.
SB88
SB88

35 abonnés 1 574 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 4 février 2025
Malgré le casting étonnant et Scorcese à la réalisation, film décevant. Il ne se passe pas grand chose et l’intrigue est quasi inexistante
2,2/5
Michael R
Michael R

138 abonnés 1 507 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 3 février 2025
Un Scorsese mineur, sauf si tu es fan de billard, valant surtout pour l'interprétation magnétique et ambivalente de Paul Newman (oscarisé) et la rencontre entre le 1er et son poulain, Tom Cruise. Paul Newman retrouve son rôle de l'Arnaqueur et joue ici les mentors avant de se raviser. Les acteurs sont prodigieux, la réalisation a quelques éclairs de génie mais il faut avouer qu'il ne se passe pas grand chose.
stans007
stans007

36 abonnés 1 462 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 3 février 2025
Le film s’ouvre sur un long dialogue bavard et ésotérique sur le billard introduisant les personnages à tempéraments opposés. La suite est plus animée, avec une mise en scène de caractère et une BO soignée. Au final un petit Scorcese.
Yoann Jakomulski
Yoann Jakomulski

22 abonnés 101 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 3 février 2025
Je viens de regarder ce film ce dimanche 02 février 2025.
J'ai bien aimé la performance extraverti de Tom Cruise.
Les dialogues en VF me paraisse parfois incohérent.
spoiler: J'avoue ne pas comprendre certaines disputes entre Newman et Cruise. Pourquoi Newman apprend ses combines à Cruise pour au final le jeter pour une défaite sous alcool... Tout cela ne m'a pas aidé à mettre une bonne note à ce film.

Si vous n'aimez pas les billards, passez votre chemin, il n'y a que ça dedans.
moket

660 abonnés 4 674 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 février 2025
Un film d'un classicisme assez chic qui parvient à rendre le billard sexy. La classe de Paul Newman et un Tom Cruise en jeune premier sale gosse et frimeur. Les dialogues font mouche et, si ce n'est pas le meilleur Scorsese, ce film reste passionnant.
Fabien Sorrant
Fabien Sorrant

82 abonnés 2 041 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 février 2025
Un excellent drame américain réalisé par Martin Scorsese avec la rencontre au sommet entre Paul Newman et Tom Cruise.
Kincaid
Kincaid

6 abonnés 544 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 2 février 2025
Film plutôt décevant, d’autant qu’avec les deux pointures au casting (Tom Cruise et Paul Newman), on se serait attendu à bien mieux. Là, le scénario est laborieux, des scènes sont complètement téléphonées et, jusqu’à la fin, l’histoire est d’une banalité affligeante. Un film raté.
soniadidierkmurgia

1 435 abonnés 4 337 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 13 décembre 2024
« La chatte sur un toit brûlant » (1959), « L’Arnaqueur » (1962), « Le plus sauvage d’entre tous » (1994), « Luke la main froide » (1967), « Absence de malice » (1982), « The Verdict » (1983), six films qui ont vu passer Paul Newman à côté de la statuette du meilleur acteur dans un premier rôle décernée lors de la prestigieuse cérémonie des Oscars. C’est finalement pour un des films mineurs de Martin Scorsese que l’Académie finira par rendre justice à Newman qui aurait d’évidence dû tenir le trophée dans ses mains après sa somptueuse prestation dans « The Verdict » dirigé par le grand Sidney Lumet où il se montre au sommet de son art qu’il a patiemment et modestement travaillé depuis ses débuts à la fin des années 1950, jeune acteur un peu engoncé dans les tics de la fameuse méthode apprise chez Lee Strasberg. Mieux vaut tard que jamais comme on dit dans ces cas-là, John Wayne star parmi les stars ayant pour sa part reçu la consécration alors qu’il était déjà très malade (« Cent dollars pour un shérif » d’Henry Hathaway en 1969).
En 1984, Juste avant de décéder, Walter Tevis publie son ultime roman avec « La couleur de l’argent » qui 25 ans plus tard reprend le personnage de « l’Arnaqueur » (paru en 1959), « Fast » Eddie Nelson jeune prodige du billard à 6 trous dont le destin avait été laissé en pointillé à la fin tragique du roman comme du film éponyme de Robert Rossen. Paul Newman qui avait trouvé là un des rôles majeurs de sa jeune carrière pense alors qu’il serait sans doute intéressant d’enfiler à nouveau le costume d’Eddie Nelson. Walter Tevis mourant a juste eu le temps d’écrire un scénario. N’ayant encore jamais tourné sous la direction d’un des réalisateurs du Nouvel Hollywood, Newman contacte Martin Scorsese dont il apprécie particulièrement le travail notamment sur « Raging Bull » plébiscité par la critique qui entre en résonnance avec « Marqué par la haine » (Robert Wise en 1956) où Newman interprétait Rocky Graziano, champion du monde de boxe des poids moyens en 1947.
Martin Scorsese fervent admirateur de l’acteur relève le défi. Tom Cruise jeune pousse qui vient de triompher dans « Top Gun » de Tony Scott est de la partie pour faire du film un blockbuster. Il sera l’alter-ego du Paul Newman de 1962, jeune joueur de génie arrogant qui a un peu de mal avec les mœurs du milieu du billard où les paris suivent la règle d’or : « Apprendre à bien perdre pour mieux gagner et rafler la mise ». C’est Eddie Nelson désormais blanchi sous le harnais, toujours entre deux gins et vivotant confortablement au moyen de combines frelatées assez routinières qui remarque le jeune prodige qui lui rappelle ses glorieuses années.
Se met alors très rapidement en place une relation maître/élève qui ne sera pas de tout repos, Vincent (Tom Cruise) étant déjà en affaire avec une jeune femme (Mary-Elizabeth Mastrantonio) qui outre partager sa couche, gère au plus près sa carrière balbutiante. Le scénario de Walter Tevis abandonné pour être retouché par Richard Price et Ron Shelton se révèle assez prévisible car soigneusement calibré pour mettre en valeur la relation tumultueuse entre les deux générations à travers les scènes de billard virtuoses judicieusement agencées par Thelma Schoonmaker la monteuse attitrée de Scorsese depuis ses débuts mais aussi les soubresauts d’une collaboration faite de hauts et de bas renvoyant Eddie Nelson à son passé enfui et Vincent Lauria à son futur prometteur mais incertain. Fatalement le maître devenu manager après avoir pris le bain de jouvence auprès de son poulain croit qu’il peut repartir au combat. Fort de tous ces ingrédients le film ne déçoit pas et livre quelques belles scènes notamment celle où Eddie Nelson découvre un peu marri que beaucoup des salles enfumées où il a brillé sont désormais devenues des hangars désaffectés ou des Lavomatics suivie de celle savoureuse où le vieux lion se fait lui-même arnaqué pas un jeune loup interprété par un Forest Whitaker débutant.
C’est en réalité la touche esthétique donnée au film qui fait de « La couleur de l’argent » un film parfois décevant. Martin Scorsese qui avait d’abord pensé le filmer en noir et blanc pour rester dans la lignée de « l’Arnaqueur » a fini par opter pour la couleur, jugeant plus prudent d’éviter une filiation trop directe qui pourrait finalement se révéler handicapante. Pire le réalisateur s’est laissé embarqué dans les tonalités issues de l’univers de la publicité importé par les réalisateurs anglais venus tenter leur chance avec succès à Hollywood (les frères Scott, Adrian Lyne, Alan Parker, Hugh Hudson…). Une ambiance « clipesque » au sein de laquelle le jeune Tom Cruise ayant travaillé récemment avec Ridley puis Tony Scott semble être le seul dans son élément même s’il en fait des tonnes. Pour couronner l’ensemble, les dialogues très sexués, souvent crus et parfois vulgaires sont d’évidence déplacés dans la bouche de Paul Newman dont ce n’est pas exactement le registre.
Le résultat final donne donc un film plutôt bancal où les scènes de billard qui faisaient tout le charme de « L’Arnaqueur » sont ici un peu gâchées par les gesticulations de Tom Cruise qui se prend pour Bruce Lee et sa fameuse queue « Balabushka GB1 » pour un nunchaku. On ne dira rien de la musique certes très rock (composée par Eric Clapton et Robbie Robertson avec une brève apparition d’Iggy Pop en joueur de billard) comme l’aime Martin Scorsese mais sans doute peu adaptée à ce sport que le réalisateur a sans doute confondu avec la Formule 1. Malgré ses défauts patents, « La couleur de l’argent » est sorti sur les écrans au bon moment pour que ceux-ci ne sautent pas aux yeux. Près de quarante plus tard ce n’est pas la même histoire. Un solide succès donc comme le souhaitait le Studio et peut-être aussi Scorsese qui réalise alors son plus gros score au box-office. Et comme on l’a dit plus haut qui a permis à Paul Newman d’enfin récolter un Oscar bien mérité. L’honneur est sauf c’est bien là l’essentiel.
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