Le Miroir aux alouettes
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anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 29 juillet 2018
Petite merveille qui a obtenu l’Oscar du film étranger en 65 mais dont je n’avais jamais entendu parler. J’ai rarement vu une représentation aussi forte et bouleversante de la déportation. Pas de pathos excessif, pas de grande leçon de morale, juste le point de vue d’un homme simple, qui comprend un peu tard ce qui se passe autour de lui et y fait face comme il peut. Les personnages ont une vraie épaisseur, la musique apporte une atmosphère très particulière, la réalisation est magnifique et le film s’offre même le luxe d’être drôle sans être indécent. A découvrir!
Plume231

4 406 abonnés 4 639 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 avril 2012
Plus je me plonge dans le cinéma tchèque (ou plutôt tchècoslovaque !!!), plus je m'aperçois qu'il a aussi son petit mot à dire pour ce qui est du grand cinéma. "Au feu, les pompiers !" et " Trains étroitement surveillés" me l'avaient déjà montré mais ce film enfonce encore plus profondément le clou. Là où les tchècoslovaques étaient vraiment les plus forts, c'est pour ce qui est de réussir à sortir des moments de légéreté tout en donnant l'impression que cela coule de source dans le contexte le plus tragique. On se surprend à sourire alors qu'on voit très bien la tragédie finale se profiler surtout par le fait qu'on arrive à s'identifier sans mal au personnage du menuisier, brave type qui ne pense qu'à mener une petite vie tranquille et à ne faire de mal à personne mais qui va vite se trouver dépassé par les circonstances. L'écriture est subtile, la réalisation souvent inspirée et les deux acteurs principaux sont magistraux. Une grande récolte de récompenses, dont l'Oscar du Meilleur Film étranger, bien méritée pour cette oeuvre très juste et émouvante.
Charlotte28
Charlotte28

203 abonnés 2 820 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 octobre 2025
Alternant entre comique burlesque, humour théâtral et tragédie nerveuse, ce pur drame dépeint habilement comment un homme ordinaire (remarquable Jozef Kroner) peut, confronté à ses peurs, à sa lâcheté, à sa cupidité, devenir un bourreau ou mu par son humanité, son indignation, sa culpabilité, se transformer en Juste. Malgré une image périmée, la pertinence de la réalisation demeure, marquée par un montage intelligent, une musique ironique et une utilisation parlante des placements de caméra, faisant se répondre les plans ou les attitudes des personnages. Sans manichéisme ni pathos, l'intrigue ose une plongée frontale dans le quotidien d'un peuple oppressé où l'habitant moyen accepte voire tire le meilleur d'une situation inconcevable (ce que les réactions décalées de la vieille gérante rendent parfaitement, dénonçant par l'absurde le nazisme). Un mélange harmonieux entre petite et grande histoire!
evariste75
evariste75

210 abonnés 244 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 16 février 2025
Un magnifique petit bijou qui réussit à traiter sur un mode tragi-comique l'"aryanisation" des commerces juifs dans la Slovaquie de 1942. De la sensibilité, de l'humour, sans tomber dans un manichéisme facile... Un petit bijou à voir !
Pascal
Pascal

253 abonnés 2 399 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 10 février 2025
Ressortie en salle de ce titre tchécoslovaque (1965), oscar du meilleur film étranger, donc réalisé alors que le pays appartenait au camp de l'Est, ceci avant l'intervention russe à Prague (1968).

Moins connu en occident que leur compatriotes Milos Forman ou Ivan Passer, les deux cinéastes qui mirent en scène le film, abordent sur un ton tragi-comique, la période de la persécution de la communauté israélite en Slovaquie pendant la seconde guerre mondiale.

Que peut le bien porté par l'humanisme le plus sincère face à la barbarie ? C'est la question à laquelle répond " le miroir des alouettes", dont on se demande comment les distributeurs français ont pu choisir un pareil titre ( qui ne correspond d'ailleurs en rien au titre original).

La traduction littérale du titre original serait plutôt " parcours d'un magasinier" et on comprendra en voyant ce film où il mène.

Rarement diffusé, ce titre mérite largement d'être visionné, à la fois pour sa thématique mais aussi en raison du charme particulier propre au cinéma tchécoslovaque de cette époque.
Yves G.

1 845 abonnés 4 014 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 17 février 2025
En 1942, dans la Slovaquie occupée, Tono, un honnête menuisier, accepte sous la pression de sa femme qui le pousse à s’élever, le mandat que lui confie son ebau-frère, chef de la milice locale : en vertu des nouvelles lois d’aryanisation, il prend en gérance la mercerie d’une vieille Juive, Mme Lautmannova. mais la vieille femme, sourde et à moitié sénile, se trompe sur les intentions de Tono. Elle le prend pour son apprenti et le traite comme tel. Tono renonce à rétablir la vérité. Commence entre la mercière et le menuisier une relation qui se fracassera sur l’ordre de déportation de tous les Juifs du village.

"Le Miroir aux alouettes" joue sur deux registres. Le premier est dramatique. Pour les deux réalisateurs Ján Kadár et Elmar Klos, il s’agit tout à la fois d’évoquer le sort des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale et la passivité des citoyens « ordinaires » qui n’ont rien fait pour empêcher leur extermination. Le second est comique. Dans un registre qui rappelle la comédie italienne, voire trente ans plus tard, le scénario raconte un quiproquo et en tire le meilleur parti jusqu’au dénouement, glaçant.

"Le Miroir aux alouettes" constitue un film marquant dans l’histoire du cinéma tchécoslovaque. C’est le premier film tchèque en compétition à Cannes, le premier à décrocher l’Oscar du meilleur film étranger. Il annonce la Nouvelle Vague tchèque et les films de Miloš Forman et de Jiří Menzel.

C’est aussi un jalon marquant dans la cinématographie de la Shoah. Certes, "Nuit et Brouillard" de Resnais en 1956 avait levé un tabou. Mais les années 60 et 70, avant le téléfilm "Holocauste" en 1977, "Le Choix de Sophie" en 1982 et surtout "Shoah" en 1985, le documentaire-choc de Claude Lanzmann, ne s’étaient guère emparées du sujet, certains cinéastes pointant du doigt, à tort ou à raison, « l’abjection » – le mot est de Rivette dans sa critique de "Kapò" de Pontecorvo en 1962 – à le filmer.
"Le Miroir aux alouettes" ne filme pas les camps de la mort. Il ne filme pas non plus la déportation des Juifs, sinon à l’arrière-plan de la scène finale. Il a comme sujet un homme « ordinaire », comme "Lacombe Lucien" ou "Monsieur Klein", et, loin du piège sentimental du « héros solitaire », dans lequel beaucoup de films sur la guerre sont tombés, il interroge avec d’autant plus d’acuité la célèbre citation d’Edmund Burke : « Pour que le mal triomphe seule suffit l’inaction des hommes de bien ».
Arthur Debussy
Arthur Debussy

189 abonnés 772 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 19 juillet 2025
Les années 1960 furent particulièrement riches et fécondes pour le cinéma tchécoslovaque, malgré la censure. La Nouvelle Vague locale fut un des grands mouvements artistiques en Europe, pendant ces années, avec l'éclosion de réalisateurs et de réalisatrices de talent. Mais des réalisateurs plus âgés ont également pu briller.

C'est le cas du duo formé par Ján Kadár et Elmar Klos, qui avaient respectivement 47 et 55 ans au moment de la sortie de leur chef-d’œuvre Le Miroir aux alouettes, quand les cinéastes de la Nouvelle Vague avaient la trentaine. Dans ce film, Kadár et Klos démontrent tout leur savoir faire en matière de réalisation, tout en insufflant un esprit profondément ironique et contestataire typique de l'époque.

L'histoire se passe en 1942, dans la République Slovaque, état devenu "autonome" en 1939, mais en réalité vassalisé par l'Allemagne nazie. Le duo de réalisateurs, également scénaristes, montre de façon comique et terrible à la fois comment le fascisme et l'antisémitisme ont gagné la population, des élites aux gens du peuple, en prospérant lentement mais sûrement...

spoiler: Avec talent, ils nous font éprouver de la sympathie pour cet anti-héros, Tono, qui se retrouve embrigadé malgré lui dans cette mascarade visant à spolier les Juifs... avant de les exterminer. Il s'attache à cette vieille Madame Lautmann, et nous aussi. La fin n'en est que plus terrible... Le Miroir aux alouettes est une longue descente aux enfers, d'un homme, d'un pays, et de tout un continent, qui s'abîment dans le Mal absolu...


Alternant moments de rire, foncièrement drôles ou grinçants, et séquences glaçantes, Le Miroir aux alouettes est un tour de force magistral, qui n'a absolument pas vieilli (hélas), et qui mérite amplement son Oscar du Meilleur film étranger. Il rejoint aussi la liste des meilleurs films réalisés sur la Shoah. Qu'il faut remontrer de nouveau, particulièrement aujourd'hui où le fascisme ressurgit partout dans le monde...
Clntra
Clntra

40 abonnés 270 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 juin 2025
Film qui traite par l’absurde les conséquences de l'occupation nazie dans un petit village slovaque. Le perdonnage principal, pauvre homme désigné par son beau-frère pour remplacer une dame empêchée de travailler parce que juive, Qui est désorienté par ce qui lui est demandé
et tente désespérément de sauver cette dame, Tous les personnages sont les jouets des événements
auxquels ils ne comprennent rien, Sans doute une analyse très pertinente des rapports ainsi engendrés à cette époque, Une réalisation sobre qui évite de rajouter du drame alors que chaque moment est horrible, Une direction d'acteur subtile qui rend parfaitement compte de la situation dans laquelle se débattent les personnages,
Fabien N.
Fabien N.

8 abonnés 70 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 18 février 2025
La persécution et la déportation des juifs vue à travers un personnage ambivalent et changeant, ni héros, ni salaud, un homme ordinaire, en somme: ce point de vue fait toute l'originalité du film. Et sa profonde humanité, son équilibre entre rire et larmes en font la grande force. Juste et bouleversant, une vraie pépite.
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