Deux sœurs vivent chichement de leur métier de couturière rue du Faubourg Montmartre. Cette artère parisienne que Raymond Bernard montre de temps en temps embouteillée de passants et de voitures invoque sans doute- on le suppose à la fin du film-un endroit où des drames se nouent dans la foule, l'effervescence, l'indifférence, de la grande ville. Pour son premier film parlant, Raymond Bernard est en route vers le mélodrame. Encore qu'il se passe tellement peu de choses dans la première partie que le sujet reste longtemps indécis ; et on se demande bien ce que le cinéaste veut raconter à travers l'anecdotisme de la vie des deux sœurs (Gaby Morlay, jeune fille spontanée, et Line Noro, plus mûre) et le reflet d'un microcosme populaire, alimenté par des personnages secondaires et interlopes très vagues, peu ou mal caractérisés (des prostituées, un petit malfrat -Charles Vanel- un locataire...). La seconde partie du film est plus éloquente relativement à la déliquescence sociale et morale qui menace Ginette et Céline. Le scénario de Bernard, qui est l'adaptation d'un roman, reste néanmoins lacunaire et imprécis, donnant constamment l'impression de rester à la surface des personnages et de présenter des figures parigotes au mieux pittoresques. Même le dénouement -grâce on auquel on apprendra le sens premier du charivari dans une séquence singulière- est raté, complètement anodin en dépit de l'enjeu dramatique.
Ca fait plaisir de voir un vieux film traité du problème de la drogue... c'est bon d'avoir des piqures de rappel comme ça pour nous montrer que ce problème est vieux comme le monde. Le film reste malgré tout assez léger (peut être l'eternel effet Florelle) et reste en surface traitant plus du commerce. Film réussit qui doit beaucoup à la présence de Gaby Morlay qui sait magnétiser l'écran.