Personne ne rira
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Arthur Debussy
Arthur Debussy

189 abonnés 772 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 octobre 2024
« Personne ne va rire » (ou « Personne ne rira ») est un film étonnant, adapté de la nouvelle éponyme de Milan Kundera, qui ouvre son recueil « Risibles Amours ». Étonnant de constater ici l'influence aussi flagrante d'autres cinéastes occidentaux : Federico Fellini par exemple, qui était une référence assumée de Kundera. Ou encore Jacques Tati, pour ces scènes très visuelles, drôles et absurdes, mais qui relèvent sans doute davantage des influences du réalisateur Hynek Bočan, qui s'est pas mal émancipé de la nouvelle d'origine avec son adaptation cinématographique.

Ce film est moins fort et maîtrisé que « La Plaisanterie » de Jaromil Jireš, qui était un grand cinéaste et qui a bénéficié du scénario rédigé par Kundera en personne. Même si Kundera avait procédé à des coupes par rapport à son roman, et édulcoré un peu son propos, le résultat restait éminemment corrosif.

Ici, le film est plus multiple esthétiquement, et se perd un peu dans plusieurs pistes, quand « La Plaisanterie » était très resserré sur la forme, tout en étant très riche sur le fond. « Personne ne va rire » atténue également la subtilité de la nouvelle d'origine, en modifiant sensiblement le récit et les personnages, même si la trame principale demeure.

Néanmoins, c'est un film réussi, très années 60, à la fois élégant, drôle, léger, mélancolique... et une fois encore très critique du régime communiste, où tout le monde s'épiait, ce qui flattait les plus bas instincts de l'espèce humaine... Il y a tout de même beaucoup de Kundera dans cette histoire et ces personnages, notamment cet anti-héros intellectuel, dandy, misogyne et cynique... Il y a aussi beaucoup de Kafka, écrivain interdit sous l’ère communiste, dans cette dénonciation des rouages absurdes et inhumains de la machine totalitaire, qui s’infiltre partout : au travail, dans la rue, chez soi, dans la tête des gens…

Quant à Hynek Bočan, c'est un cinéaste peu connu en France, qui a pourtant fait partie lui aussi de la Nouvelle Vague tchécoslovaque, dont il fut même le plus jeune membre : il est d'ailleurs toujours en vie. Il livre un long métrage de qualité, avec plein de moments très réussis. « Personne ne va rire » n'est pas un grand chef-d’œuvre de la Nouvelle Vague tchécoslovaque, mais c'en est une belle pépite méconnue, qui mériterait de bénéficier d’une vraie diffusion en France.
Pascal
Pascal

253 abonnés 2 392 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 21 février 2026
Ressortie en salle de cet opus (1965) méconnu, en Occident de la nouvelle vague du cinéma Tchèque.

Une promesse professionnelle, faite à la légère par un professeur d'histoire de l'art, le conduit à sa mise à l'écart progressive de la société et finalement à son abandon par tous.

Intéressant qu'il soit par le regard qu'il donne sur la vie dans une société totalitaire, la réalisation n' est pas ( à mes yeux du moins ) à la hauteur du sujet.

La première partie qui met en place le sujet, me semble beaucoup trop longue, pesante et pour tout dire pas très réussie.

Il reste la seconde qui comporte le cœur du sujet, la meilleure. C'est elle qui porte tout l'intérêt de ce titre visiblement réalisé sans beaucoup de moyens. Le climat est étouffant, le côté kafkaïen est montré avec un visage naturel, comme allant de soi.

Dans la cinématographie des pays satellites de l'Union soviétique, c'est le cinéma polonais qui me semble être ( à mon goût du moins ) très largement le plus fort.

Deux grands noms du cinéma Tchèque de cette époque, partiront travailler en Occident : Milos Forman et Ivan Passer. Le premier avec le succès que l'on sait, le second connaitra une carrière en demi-teinte.
Coric Bernard

455 abonnés 838 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 14 décembre 2025
Ce réalisateur tchécoslovaque de la nouvelle vague dans son pays dans les années 60, raconte l’histoire étonnante de ce professeur d’histoire de l’art. C’est un film à la fois drôle, élégant et mélancolique et qui est aussi une critique du régime communiste de l’époque. Le film est bien réalisé et d’une bonne qualité technique.

Bernard CORIC

(Film visionné en lien le 13/12/2025)
Nitnelav
Nitnelav

15 abonnés 150 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 mars 2026
Le film de Hynek Bočan surprend par son ton très particulier. Derrière une apparente comédie légère, il y a en réalité une satire assez acide de la société et du climat politique de l’époque. L’humour est souvent absurde et repose sur des situations à la fois drôles et inconfortables.

Ce qui marque surtout, c’est l’atmosphère. Le film mélange élégance, ironie et une certaine mélancolie très typique du cinéma d’Europe centrale des années 60.

Tout n’est pas parfaitement maîtrisé et le film s’égare parfois dans plusieurs directions. Mais il dégage une vraie personnalité et un ton assez unique.

Personne ne rira reste une très belle découverte. Un film élégant, intelligent et souvent mordant, qui mérite clairement d’être vu.
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