« On se s'rait cru au paradis, au temps béni des colonies.»... Ouais ba pas tant que ça en fait, Michel ! « Le Dernier train du Katanga » en est la preuve éclatante tant le récit apparaît sans concessions concernant l'attitude des uns et des autres durant la colonisation (du Congo belge, en l'occurrence), le regard de Jack Cardiff s'avérant lucide sans jamais tomber dans la caricature facile ou l'outrance. Pas vraiment de temps mort pour autant, le réalisateur trouvant un bel équilibre entre scènes d'action spectaculaires et dialogues pertinents, à l'image de la subtile relation qu'entretiennent Rod Taylor et Jim Brown, tous deux très convaincants. De plus, la présence d'Yvette Mimieux apporte une douceur, une émotion auxquelles il est difficile de rester insensible, nous prouvant une fois de plus le bien-fondé de cette œuvre pas comme les autres. Pourquoi seulement trois étoiles, alors ? Peut-être parce qu'en définitive le film ne nous laisse pas un souvenir aussi mémorable que prévu, la faute peut-être à un scénario qui eût gagné à être encore plus dense, plus fouillé, ainsi qu'à une mise en scène encore plus tranchante, implacable, à moins que ce ne soit le fait que « Le Dernier train du Katanga » ne nous propose pas vraiment de scènes mythiques comme la plupart des chefs d'œuvre. Ne donnez toutefois pas trop d'importance à ces quelques réserves (d'autant qu'elles sont pour le moins subjectives!) et n'hésitez pas à vous plonger dans ce film ambitieux, intelligent et malheureusement trop méconnu, que conclut avec talent une fin réussie. A découvrir.
Attention c'est un pur film de guerre et d'aventure à prendre strictement au premier degré ,il est d'une grande violence ,voir même traumatisant ,mais ne peut prétendre à rien d'autre. Les quelques discussions philosophiques sont d'un niveau inacceptable dans son contexte (sauf ceux tenus par Kataki qui parle peu et joue admirablement)Ils sont juste bons pour des spectateurs naïfs. C'est d'ailleurs la grande faiblesse de ce film mais si on arrive à ne pas trop écouter mais simplement à regarder, il est magnifique avec un Rod Taylor en pleine forme ,particulièrement expressif. Ce film lui doit beaucoup et comme Peter Carsten fait un superbe méchant l'essentiel du spectacle est réussi...Il ne faut pas bouder son plaisir,les 4 étoiles de genre sont méritées. Il n'y a aucun temps mort et le suspense est permanent avec des temps forts, notamment au moment de l'arrivée des rebelles lorsque le coffre aux diamants va s'ouvrir. L'angoisse est aussi au rendez vous avec le retour dans la gare du wagon rempli de réfugiés blancs; c'est d'ailleurs pour moi une des trouvailles du scénario qui m'avait marqué à vie lors de sa sortie. Dans un contexte différent mais proche ,je le situe au niveau des canons de Navarone bien que beaucoup moins connu.
Un scénario et surtout une mise en scène très maladroits. De nombreuses idées, personnages, morceaux de scénario sont inexploitées et traités de manière très brouillonne. Une moralisation et de l'héroïsme un peu simplets. Je mets quand même deux étoiles pour le réalisme de certaines scènes de violence collective, traitées sans édulcoration.
Un film sans concession avec le post-colonialisme. Il ne nous apprend rien, mais nous montre ce qu'il y a de plus mauvais dans la nature humaine. Pas forcément palpitant, mais la déferlante de pépins qui arrivent à la petite équipe ne peut que surprendre le spectateur. Les scènes de pugilat sont mal faites, mais pour l'époque c'est normal.
Bonjour, Avec le recul le film n'est en fait qu'une histoire bassé sur des faits reels, loin ,bien loin de la relaite que de rece,nts evenements nous ont donne comme preuve.A l'epoque de sa sortie la scene qui m'avait le plus marque - j'avais une dizaine d'année - fut le massacre des religieuses. Que voulez vous,chacun retiens ce qui le marque. En conclusion c'est un film que je trouve parfait. Guy
A la sortie de Blood Diamonds, un ami qui connaît mes goûts me le conseillait en me disant "vas-y, ça ressemble au Dernier Train du Katanga !". De quoi m'allécher en effet, mais il n'en était rien. Alors que le film d'Edward Zwick s'abîme dans le manichéisme le plus bêta, et évite de montrer la sauvagerie de l'être humain (quelle que soit sa couleur de peau) en préférant faire porter le chapeau à un ou deux personnages prétexte, le film de Jack Cardiff fonce tous azimuts sur l’obstacle de la bienséance, et le pulvérise. L’ancien chef op de Michael Powell signait à cette occasion l'un des plus grands films d'aventure jamais faits, et aussi l'un des plus lucides : les rebelles congolais sont des barbares, mais pas plus que Curey, le mercenaire blanc dont les plus bas instincts ressortent lorsque meurt le noir Rufo, sa part d'humanité. Chacun se bat contre sa mauvaise conscience (noir et blanc ont eut les dents limés par leurs parents, mais pas de la même manière, dixit les extraordinaires dialogues du film), celle de Curey ayant pour nom Heinlein, incroyable personnage de mercenaire ex-nazi qui renvoie l’Occident à son passé récent, alors qu’en pleine décolonisation se pose la question de notre héritage. Le Congo est ici le creuset dans lequel sont déversées toutes les passions, avec à l'arrivé le résultat alchimique de cette expérience : « Je voyagerai désormais avec les hommes », lance un Curey transfiguré. Répliques qui tuent, scope, production spectaculaire, action encore très moderne, suspense constant et violence sans concession ni complaisance, peu de films d'aventure, toutes époques confondues, survivent au test du "Katanga". A quand un DVD pour balayer d'un revers de main le très, très surestimé Les Oies sauvages ?
Le Dernier Train du Katanga est un superbe film d'aventure/action, c'est un de mes films préférés ; dès le début du film vous êtes pris par la magnifique musique. A l'époque de sa sortie ce film fut considéré comme l'un des plus violents de l'histoire du cinéma, il comporte effectivement des scènes assez dures notamment le pillage du village. Rod Taylor (acteur australien vu dans La machine à explorer le temps et Les Oiseaux) est très convaincant dans son rôle du chef des mercenaires. Ce film est l'adaptation (pas tout à fait fidèle mais très réussie) d'un bon livre de Wilbur Smith.