Jimmy, Sean et Dave s'amusent dans la rue. Des flics débarquent alors qu'ils marquent leurs noms dans le ciment frais et embarquent Dave pour le ramener chez lui. Sauf que c'était pas vraiment des flics et que Dave ne rentrera pas chez lui avant quatre jours. Le lien entre les trois garçons est brisé. Vingt-cinq ans plus tard, la fille de Jimmy, ancien taulard, est assassinée. Sean, devenu policier, est chargé de l'enquête. Très vite, leur ancien ami Dave est suspecté, lui qui est justement rentré chez lui couvert de sang le soir où la fille de Jimmy a été tuée...
Quiconque me parlait de ce film avant que je le voie m'annonçait un pur chef-d’œuvre. Maintenant que je l'ai vlu (vu et lu, copyright !), je me demande si ces personnes ont lu le livre.
Parce que ce film n'a pas grand chose de magistral quand on connaît déjà le déroulement des choses et la fin.
Parce que ce film suit page pour page (à de rares exceptions près dont quelques découpages/avances rapides) le roman éponyme de Dennis Lehane, qui ne signe pas le scénario mais c'est tout comme vu que le scénariste officiel a pas fait grand chose. (Lehane signe déjà des romans à capacité hautement adaptable -et d'ailleurs 5 l'ont déjà été, donc y a presque plus rien à faire derrière.)
Parce que comme le livre, le film offre peu d'action avant la fin et surfe sur les réactions psychologiques et le résultat des non-dits, mais moins bien que le livre qui développe ces aspects vingt fois plus et souvent vingt fois mieux. (Il faut néanmoins noter la performance des trois acteurs principaux et surtout celle de Sean Penn, formidable et qui n'a pas volé son Oscar l'année suivant la sortie.)
Parce que le film ne traite pas ou peu l'idée de retour de karma comme dans le livre et c'est bien dommage. (On apprécie toutefois le jeu de scène les deux fois où Dave monte dans la voiture qui va changer définitivement le cours de sa vie. Et quitte à regretter un autre point, c'est l'inutilité de l'adaptation de l'histoire secondaire de la femme de Sean qui est partie. Déjà superflue dans le livre, elle ne méritait pas vraiment qu'on y consacre autant de temps dans le film.)
J'ai la sensation que Mystic River est le genre de film à la Sixième Sens (Shyamalan, 1999) : la première fois qu'on le voit c'est bluffant, on en a le souffle coupé. Mais la surprise est passée, finie la magie. Lire le livre avant, ça revient au même et ça gâche la surprise. En soi, c'est donc ce qu'on appelle une bonne adaptation, mais je suis pas sur que lire et voir soit un combo gagnant. C'est vraiment l'un ou l'autre si on veut connaître l’histoire. On choisit le livre pour tous ses détails et son développement psychologique et sociologique plus poussé, quitte à se taper des longueurs. On choisit le film pour la performance de Penn, et au final l'adaptation de Clint Eastwood est très bien.
A vous de choisir !