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Arthur Debussy
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3,5
Publiée le 21 décembre 2025
Réalisé par Mohammed Lakhdar-Hamina et co-scénarisé par Tewfik Farès (qui était présent lors de la séance), Le Vent des Aurès est un film fort, malgré (ou grâce à) sa grande simplicité. Ce n'est pas pour rien qu'il a gagné l'équivalent de la Caméra d'Or au Festival de Cannes de 1967. C'est l'histoire d'une mère algérienne à la recherche de son fils raflé par les soldats français, dans les années 1950-1960, alors que la guerre d'Algérie en est à ses prémices.
J'ai vu le film dans une copie en mauvais état, en 16 mm alors que ce long métrage a été tourné en 35 mm, avec l'image et le son très abîmés. Difficile d'appréhender pleinement le film dans ces conditions. Pour autant sa grande qualité formelle et d'écriture était évidente. Les prises de vues sont magnifiques, et surtout le film vaut pour l'interprétation déchirante de Keltoum, grande actrice incarnant une mère courageuse, se lançant à la recherche de son fils, incarné par un émouvant Mohamed Chouikh, qui deviendra d'ailleurs par la suite cinéaste.
Le cinéma algérien moderne est peu ou prou né avec ce film, et l'on comprend pourquoi. Film poignant, réalisé dans un style néo-réaliste sec et percutant, c'est à la fois une belle œuvre et un essai politique convaincant. Espérons que ce film puisse ressortir bientôt en copie restaurée, comme Chronique des années de braise, l'autre grand film de Mohammed Lakhdar-Hamina.
C'est une Algérie vieille de quatre ans qui produit Le Vent des Aurès, vent chaud à tous égards puisque c'est celui d'une guerre plus récente que celle dont l'Europe se souvient généralement en premier lieu. Est-ce parce que la France y a amené le cinéma qu'on y laisse la place historique du français et des Français ? Il n'y pas de ressentiment, juste du sentiment, une injustice dont le coupable n'est pas pointé du doigt, mais dont on ne se détourne pas pour autant avec abnégation.
C'est une épopée entière de douleur que renferme le vent, une course contre des moyens jeunes qui rendent le montage affreux et la scénarisation hésitante. L'interprétation, elle, ne se trompe pas ; la profession n'a rien à apprendre, de même que la mentalité artistique ne trouve encore une fois pas d'obstacle dans sa manière de convertir la culture en beauté. L'air de rien, l'histoire nous entraîne dans les tourbillons d'une douleur térébrante, que la fin nous arrache pour faire autant de bien que de mal.