Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon
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soniadidierkmurgia

1 445 abonnés 4 348 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 22 février 2014
Le film d’Elio Petri occupe vraiment une place à part dans l’histoire du cinéma italien, sans doute due à l’osmose entre le scénario , la musique et le jeu proprement halluciné de Volonte. La musique si particulière de Morricone renforce l’aspect subversif du propos déjà intrinsèquement très appuyé mais qui se trouve décuplé par ce mélange entêtant de mandoline et de guimbarde. Le commissaire parvenu aux plus hautes fonctions de l’administration policière, homme de pouvoir par excellence, aime à se faire infantiliser par sa jeune maîtresse dans des jeux de rôles sadomasochistes où sa fonction et son institution sont systématiquement tournées en ridicule. Ce jeu qu’il à lui-même institué, a fini par créer chez lui une sorte de schizophrénie devenue insupportable tant la jeune femme s’y engouffre avec délice. C’est avec la plus grande décontraction qu’il pousse un jour le jeu de rôle à son terme laissant la belle, inanimée sur le sol. Méthodiquement, il laisse les traces visibles de son forfait. Pourquoi cette bravade suicidaire ? Sans doute pour mesurer son pouvoir ou le degré de corruption d'un grand corps d’Etat qui ne peut pas imaginer que sa tête soit malade . Effaré il avance dans l’enquête sans aucune précaution voyant que sa culpabilité, énorme comme le nez au milieu de la figure est invisible aux yeux de tous ses condisciples. Pour illustrer ce propos, Petri nous gratifie d’une scène incroyable où Volonte et un de ses agents déambulent parmi les empreintes géantes du commissaires étendues comme autant de preuves flagrantes. On est saisi du même vertige jubilatoire que Volonte ,dont le jeu fait souvent penser à celui de Michel Bouquet, qui peut donner l’impression de rouler a plus de cent à l’heure sur une route de montagne sans jamais tomber dans le précipice. C’est ce sentiment de ne plus faire partie du commun des mortels qui mine sans doute le commissaire et le pousse à cet aveu final dont on n’est même pas sûr qu’il sera entendu. Petri jugeant sans doute qu’il va se faire abattre par la censure choisit d’inscrire cette scène finale dans un rêve pour atténuer la charge contre les institutions de son pays. A plusieurs reprises les attitudes oratoires de Volonte rappellent les poses extatiques du Duce comme pour mieux confronter le spectateur au sentiment de puissance qui aveugle celui qui ne rencontre plus la contradiction. Un chef d’œuvre qui est sans doute daté dans son imagerie mais qui garde toute la puissance de la lucidité du réalisateur sur les rapports de l’homme face au pouvoir. A chaque décennie un remake devrait être fait pour observer le caractère intemporel du pamphlet de Petri. Un chef d’œuvre bien mis en relief dans un magnifique DVD de chez Carlotta qui rend hommage à ce metteur en scène méconnu qu’était Elio Petri.
totoro35
totoro35

123 abonnés 1 787 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 juillet 2012
Se reposant sur une mécanique implacable à se ronger les ongles, Elio Petri dresse le portrait fascinant d'un salopard de grande envergure, calculateur, imbu de sa personne et avide de pouvoir, prêt à tout pour prouver qu'il a raison et qu'il est définitivement intouchable, mais offre surtout une critique virulente envers une cité décadente encore plus monstrueuse que son anti-héros, ainsi que de ses institutions toute puissantes. Un très grand film à (re)découvrir d'urgence, hanté par la prestation magistrale de Gian Maria Volonte et par la musique inoubliable d'Ennio Morricone.
Max Rss
Max Rss

258 abonnés 2 329 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 juillet 2012
Gian Maria Volonté tue sa maitresse et laisse des preuves accablantes contre pour qu'il soit arrêté. Seulement personne ne veut croire en sa culpabilité et ses collègues font tout pour éviter de le tremper dans cette histoire de meutre. Mais pourquoi ne veulent-ils pas l'arrêter? Vous comprendrez très vite pourquoi... Un film réalisé en 1970, dans une Italie où le ton contestataire commencait sérieusement à se faire entendre

Elio Petri signe un réquisitoire des plus violents contre les hautes autorités: dans le cas présent contre les forces de police qui profitant de leur pouvoir usent des moyens les plus ignobles et radicaux pour obtenir ce qu'ils veulent. Il y a également une critique sur la mégalomanie de l'homme: Gian Maria Volonté est typiquement cet homme mégalomane, haut placé, puissant et qui se croit tout permis.

Ce même Gian Maria Volonté nous offre ici une prestation vraiment époustouflante. Le tout est réalisé sur une musique culte du grand Ennio Moriconne.
Davidhem
Davidhem

130 abonnés 336 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 18 avril 2012
Après avoir visionné un tel film, on reste sans voix! Elio Petri nous livre un réquisitoire féroce contre les hommes puissants de la police. Gian Maria Volonte livre ici sa prestation la plus violente, la plus enragée, la plus cynique, la plus malhonnête, la plus charismatique de sa filmographie. Il faut avouer que le réalisateur lui offre un rôle en or, lui qui aime jouer le rebelle, il trouve ici une occasion de montrer le système scandaleux, immoral et corrompu du corps de la police en Italie. On apprend ainsi que chaque citoyen est fiché, peut être écouté à n'importe quel moment et peut servir de bouc émissaire à tout instant selon ses activités. Le film raconte l'histoire d'un homme puissant dans le monde de la police qui se permet toutes ses fantaisies, l'apogée étant pour lui de commettre un crime, de faire peser toutes les preuves contre lui-même afin de prouver que le système même s'il sait qu'il est un meurtrier fera tout pour étouffer l'affaire afin de le rendre toujours intouchable. Ce long-métrage est donc une façon d'illustrer à quel point le pouvoir peut rendre un homme fou et décadent, à quel point il peut en arriver à se payer la tête de tout le monde y compris des journalistes et de ses propres collègues. Gian Maria Volonte incarne un homme torturé dans le sens où son pouvoir ne lui a pas permis d'impressionner la femme qu'il aimait. Le mépris de cette femme envers lui, elle qui ne cesse de le provoquer, de le rabaisser, de le pousser dans ses retranchements là où personne n'aurait osé le défier l'a rendu au fil du temps complètement masochiste. Il fréquentait cette femme pour être humilié, pour être ridiculisé, pour qu'il se sente au niveau où il croit être. Sa fascination pour la résistance de cette femme lui vaut de devenir au fil des jours un homme qui perd sa confiance, qui perd sa virilité, qui perd ses vertus, qui s'abandonne au vice bref un homme qui sombre totalement dans une grave dépression. Le scénario est riche en profondeur, la psychologie du protagoniste est très bien analysée, la réalisation est flamboyante avec une musique très stridente d'Ennio Morricone. Au final, Elio Petri nous sert un film parfait dans tous les domaines porté par un acteur au sommet de son art. Un chef-d'oeuvre!
Parkko
Parkko

194 abonnés 2 020 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 novembre 2011
C'est vraiment un film intéressant. Il prend des partis pris pour un film policier qui sont assez sympas et qui font, finaement, d'Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon, un film davantage politique que policier.
Le scénario se suit avec plaisir et intérêt, la mise en scène est élégante et accompagne de façon intelligente le sujet, en sachant notamment proposer des moments incongrus, soulignés par la musique d'Ennio Morricone.
Bref, là dedans tout est solide : scénario, mise en scène et interprétation. Un bon film.
chrischambers86

16 201 abonnés 13 142 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 31 juillet 2011
Superbe rèflexion d'Elio Petri sur la police et les lois! On connait l'argument de "Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon": un policier, hautement placè, tue sa maîtresse, puis accumule les preuves contre lui, afin que l'enquête le dènonce et que ses chefs soient obligès de l'arrêter! Petri nous fait une dèmonstration d'une rigueur et d'une logique implacables, nous trace le portrait d'un homme (magistralement interprètè par Gian Maria Volonte, au jeu brechtien très "distanciè"), ainsi qu'un remarquable portrait de fasciste! Film politique par excellence, puisque le fascisme du personnage se traduit ici dans tous les domaines de son existence, professionnels aussi bien que privès, ce mèlange-choc de dènonciation politique et de dèlire pathologique reste une oeuvre phare du cinèma italien des annèes 70! Signalons ègalement la magnifique musique d'Ennio Morricone...
belo28
belo28

87 abonnés 1 130 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 2 août 2012
Une fable absolument amorale! Une relecture intéressante du Procès de Kafka! On est saisi par l'immersion et le réalisme de ce scénario toujours aussi intelligent même 40 ans après! Gian Maria Volonte semble habité par son personnage torturé et torturant. Et même si le style vieillissant des années 60-70 est omniprésent dans l'architecture et les costumes, la mise en scène et la musique sont intemporelles!
Julien D

1 342 abonnés 3 461 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 19 janvier 2014
Plus qu’une démonstration par l’absurde de la justice à deux vitesses du système politico-juridique italien, Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon est un pamphlet d’un cynisme glaçant sur les abus du pouvoir en place. L’inoubliable prestation de Gian Maria Volonte, qui réussit à faire transparaitre à la fois une froideur implacable et une culpabilité dévorante, donne à ce fleuron du cinéma politique italien des années 70 une puissance évocatrice du rapport entre la nature humaine et la tendance qu’a tout système politique établi à tendre vers une forme quelconque forme de tyrannie. Car c’est bien cette déviance fasciste que dénonce Elio Petri en montrant les dessous de cette police politique qui, sous prétexte de défendre la démocratie, refuse d’admettre la culpabilité de son responsable mais invente des prétextes pour réprimander des innocents. La bande originale signée par Ennio Morricone participe également à rendre mémorable ce chef d’œuvre de cruauté morale.
AMCHI

6 961 abonnés 5 936 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 avril 2011
Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon ou le film politique italien dans toute sa splendeur, une farce dénonciatrice mise en scène sous la forme d'un polar avec un Gian Maria Volonte époustouflant (un film à voir à tout prix en VO pour savourer davantage sa prestation). Il y a aussi une musique très belle de Morricone ; un excellent portrait de ce directeur de police à qui le pouvoir à corrompu l'esprit.
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 2 avril 2011
Ça part bien et au début le personnage est intéressant (marrant, charismatique) mais au bout d'une heure il devient lassant. Le film est un peu trop fou et le message politique, trop simpliste.
gemini-hell
gemini-hell

32 abonnés 395 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 21 mars 2011
Le point de départ du scénario est astucieux et surprenant. Mais très vite le propos s’enlise et apparaît bien démonstratif. Il me semble que le poids des ans ait considérablement amoindri la portée générale de ce film d’Elio Petri. Demeurent intacts la prestation enfiévrée de Gian Maria Volonte et l’inoxydable gimmick musical du souvent génial Ennio Morricone.
nerakooly
nerakooly

95 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 juillet 2011
Scénario très original, qui fait réfléchir. L'evolution de la psychologie du personnage au cours du film est très bien faite
brunocinoche
brunocinoche

139 abonnés 1 241 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 16 mars 2011
Un film majeur du cinéma italien politique des années 70. Sujet passionnant brillament mis en scène et remarquablement interprété. Gian maria Volonte, cynique à souhait, est inoubliable, tout comme la musique, obsédente comme le film.
benoitparis
benoitparis

143 abonnés 1 277 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 novembre 2010
Un film qui démontre à quel point le cinéma italien a été une très grande chose. La fable d’inspiration kafkaïenne et décandentiste reste toujours d’une audace et d’une pertinence stupéfiantes, aussi bien au regard des violences et des manipulations politiques dans l’Italie de l’époque, que celles, mondiales, plus récentes. Gian Maria Volonte n’a sans doute jamais fait une prestation aussi extraordinaire, Ennio Morricone signe une de ses meilleures musiques. Classique indispensable.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 13 janvier 2011
Un très grand film, un chef d'oeuvre du cinema politique italien.
La mise en scéne de Elio Petri, malgré une photographie et des effets de zoom typique du cinema italien de l'époque et qui ont vieillis, est tout de même grandiose avec des mouvement de camera complexe et génial qui n'écrase jamais l'action ou les personnages au contraire, l'hyper-formalisme sert le propos du film et la psychologie de son anti-héros.
L'histoire le chef de la police criminel de Rome qui s'apprête a prendre la tête de la section politique, tue sa maitresse et s'ingénie a semer des preuves évidente de sa culpabilité avec le but avouer de prouver que du fait de sa position personne ne viendras a le soupçonner.
Satire cinglante de la police et de la politique italienne de l'époque et sans aucune concessions, car contrairement a ce que l'on pourrait penser ce n'est pas un film gauchiste (même si l'on devine que les sympathies du réalisateur penche plutôt vers eux), et il s'en prenne que la police qui quand a elle est filmé comme une mafia (la scéne finale tout simplement hallucinante, ou l'on a presque l'impression de se retrouver dans le parain de Coppola). Les allusions au fascisme et a Mussolini sont nombreuses comme dans le discours de Gian Maria Volonte qui clame haut et fort "La répression est la civilisation", mais surtout dans les attitudes du personnages qui reprend les pause du "duce".
Inutile que la prestation de Gian Maria Volonté est absolument extraordinaire et vaut a elle seul le déplacement.
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