On connait peu la filmographie du réalisateur coréen Park Chan-Wook antérieure à sa trilogie de la vengeance, commencée en 2002 avec "Sympathy for Mr. Vengeance" (2002). C’est ainsi que "JSA– Joint Security Area", le film précédant cette trilogie et qui date de 2000, n’avait eu droit, en France, qu’à une sortie en DVD, et seulement en 2009 ! Grâce à La Rabbia, il va être enfin possible de le voir en salle, qui plus est dans une version restaurée 4K. L’actualité 2018 concernant les deux Corée et les qualités cinématographiques de "JSA -Joint Security Area", à coup sûr un des plus beaux films de Park Chan-Wook, doivent inciter un grand nombre de spectateurs à profiter de l’aubaine offerte par La Rabbia.
Avant de se lancer dans sa trilogie de la vengeance, Park Chan-wook réalisait en 2000 « Joint Security Area ». Un film sur les tensions entre les deux Corées, qui connut un gros succès à l’époque (au moins localement). Il raconte l’histoire d’une enquête réalisée par une commission neutre, après une fusillade dans la zone démilitarisée. Celle-ci a coûté la vie à deux soldats du Nord, et personne ne s’accorde sur son déroulement… Ne vous laissez pas berner par l’introduction, qui laisse penser que l’on va avoir affaire à un thriller militaire avec un soupçon de « Rashomon ». Car « Joint Security Area » est en fait une histoire d’amitié, traitée avec tendresse et humour, sur fond de tension intercoréenne. Malgré quelques éléments sombres qui rappellent la dure réalité du conflit (les deux pays sont techniquement toujours en guerre), cette relation chaleureuse, qui s’établit entre des hommes que tout oppose a priori, apporte une lueur d’espoir dans un environnement très hostile. A tel point que l’enquête passe totalement au second plan… ce qui n’est pas un mal, ses personnages étant peu attachants, et pas forcément toujours bien joués (surtout en ce qui concernent les acteurs Occidentaux). Heureusement, les protagonistes soldats sont eux très intéressants, et campés par des interprètes convaincants. Lee Byung-hun et Song Kang-ho perceront d’ailleurs avec leur rôle respectif, devant des acteurs majeurs de la nouvelle vague du cinéma coréen des années 2000. Et si visuellement le film est moins remarquable que d’autres œuvres coréennes des années 2000 (dont celles de Park Chan-wook), il compte tout de même son lot de scènes efficaces, avec quelques audaces graphiques.
Une fusillade éclate dans un poste-frontière nord-coréen. Afin d’éviter que l’incident ne dégénère une enquête est menée par une instance indépendante. Un polar brillamment mis en scène, récit de réconciliation et d’amitié impossible, une histoire de gens normaux embarqués dans les absurdités d’un système qui les dépasse. Le premier coup de poing de Park Chan-Wook.
Bien avant sa trilogie de la vengeance dont la bombe Oldboy, Park Chan-Wook nous livrait un métrage très différent et non moins intelligent. En pleine guerre entre les deux Corées il délivre un message d’espoir et montre du doigt l’absurdité totale de ce conflit ainsi que les répercussions sur les citoyens, lambda ou non. Et ce qui débute comme une enquête à haut risque se transforme bientôt en un très joli film sur l’amitié née de la rivalité. L’ensemble se laisse bien suivre et s’avère plus touchant que ce qu’on en attendait tout en omettant pas la brutalité et l’ineptie de ce conflit, car oui il y aura des conséquences à ne pas suivre les ordres, si idiots soient-ils … JSA est réussi, courageux et particulièrement utile, à découvrir car ce n’est pas l’œuvre la plus connue de Park.
Joint Securité Area fait partie des films qui dénoncent l'absurdité de la division de la Corée, un demi siècle après la fin de la guerre. Il prône le pacifisme et la fraternisation. A ce titre il appartenait à sa sortie à tout un courant qui semble en recul aujourd'hui. Il comporte d'excellents passages, tels celui de la mine et tous ceux qui se déroulent dans le poste de garde des Coréens du Nord. Il m'est toutefois apparu comme un peu confus, même à la seconde vision. Ce film s'impose tout de même à la fois comme un suspense et un document exceptionnels.
Doté d'une habile mise en scène symbolique ce drame débute par une enquête dynamique avant une analepse qui impose un rythme lancinant pour aboutir à l'amitié improbable mais naturelle de naïveté et de sincérité entre des frères ennemis coréens dont le duo principal semble incarner au-delà d'hommes peu caractérisés les deux nations mêmes. Manifestant les collusions entre enjeux politiques et réalité (judiciaire) cette satire cependant emplie d'espoir distille des touches d'humour et de critiques absurdes à travers les événements vécus en ce poste frontière dont la cruelle hypocrisie culmine en l'analyse muette d'une photographie allégorique. Très pertinent.
Derrière cet obscur acronyme, ramenant plus aux DTV qu'au film d'auteur, JSA marque le premier coup du maître Park Chan Wook (Parasite) lequel montre sa maestria derrière la caméra mais aussi par une narration acrobatique qui retombe sur ses pieds jusqu'à un dernier plan superbe. Sur le fil entre guerre et thriller d'espionnage, JSA est une bouleversante tragédie humaine sur la fraternité impossible entre des hommes représentant les deux Corées. Le film paraît daté au début avec une musique et des personnages stéréotypés jonglant entre plusieurs langues, avec une inspectrice officiant pour une entité neutre qui doit enquêter sur un incident survenu au poste frontière. La trame principale c'est cet incident, et il se dessine avec les versions des différents protagonistes, ménageant le suspense pour dévoiler un secret deconcertant, mais qui fait tout le sel du film. JSA a le mérite d'un cadre spécial et d'intérêts méconnus (les tensions à la frontière entre les deux Corées), une facilité à glisser entre les genres et un casting solide (devenues depuis stars du cinéma coréen). Du très bon cinéma.
JSA est un film immense. C'est dit. L'histoire est simple, deux soldats nord coréens sont abattus de leur côté de la frontière par un soldat sud coréen, qui avoue le crime. Mais devant les tensions que la situation engendre, une enquête internationale est diligentée, menée par une suissesse, d'origine coréenne alias Sophie Jean (sublime Yeong-ae Lee), et un officier suédois. Très rapidement, on se rend compte que les déclarations des différents protagonistes n'ont aucun sens, et qu'il y a anguille sous roche. On comprend ce qui ne va pas mais ça ne révèle pas pour autant la vérité. De nombreux flashbacks viennent palier ce qui est lacunaire dans un style de Rashomon. L'histoire de ce film est tellement banale que avec une mise en scène moins inventive, le résultat aurait pu être médiocre. Au contraire, ici, que ce soit la scène clef montrée à travers les yeux d'un hiboux, le cadre suggérant constamment l'idée de frontière, ou la caméra complice de ses protagonistes; on sent à chaque plan un réalisateur partie prenante. Il ne montre rien par hasard, et est véritablement acteur de cette histoire. On comprend rapidement que la vérité n'est pas dite et lorsque le fin mot de l'histoire est révélée dans un flashback central plus long que les autres, au lieu d'apporter une résolution, cela crée de nombreux problèmes. En effet, la fraternisation étant strictement interdite, comment soulager sa conscience en raconter une vérité inavouable ? Ainsi, on découvre avant tout l'histoire d'une amitié naturelle, humaine, entre des soldats du nord et du sud qui ne forment définitivement qu'un peuple, une famille et se découvrent de nombreux points de convergences. C'est ici que le film fait curieusement écho avec une actualité récente et n'en a que plus de pertinence. En oubliant la politique et la propagande, la banalité de ces hommes et leurs interactions deviennent les choses les plus belles au monde, beaucoup d'humour et de tendresse ressort de nombreuses séquences mais la tension ne retombe jamais. Sachant que le spectateur est constamment au courant de l'inévitable puisque l'incident a déjà eu lieu dès le début du film. Et pourtant, là est le tour de force, on croit tout savoir, tout comprendre alors qu'on ne sait rien. La frontière entre le nord et le sud semble artificielle mais il n'en est rien, elle s'efface pour mieux nous revenir à la figure dans un suspens insoutenable qui ne cesse pas jusqu'aux derniers instants. Le dernier plan est éloquent, entre ce que l'on voit, ce que l'on croit voir et la réalité. Une même image peut prendre de nombreux sens une fois qu'on connaît le fin mot de l'histoire. Un pied de nez mi humoristique mi tragique et pleinement brillant.
On s'attache à chacun de ces personnages, même si l'unique personnage féminin semble un peu effacé, il a le mérite de représenter l’œil du spectateur. Mais comment ne pas saluer les performances de Song Kang-Ho et Lee Byung-Hung qui sont si touchantes, intenses, poignantes. Même si c'est la Corée, même si c'est loin, même si on est étranger à cette langue, à cette culture, on trouvera ici des frères en humanité. Ainsi, ce film est la preuve que les frontières n'existent que dans nos têtes mais qu'il ne tient qu'à nous de ne pas en tenir compte.
Ayant découvert sur le tard Chan-Wook lors du Festival Lumière 2016, je ressors de cette troisième projection encore plus séduit. Avec Old boy et Mademoiselle, voilà le tiercé gagnant de ce metteur en scène coréen. Vieux de 18 ans, ce film n'a pas pris une ride, et démontrait déjà à l'époque la grande maitrise du coréen. Le contexte de tension politique et idéologique, inchangé depuis des décennies, donne un cadre parfait à ce vrai film de guerre. De guerre fratricide qui plus est, puisque tout le monde parle et se sent coréen! Une mise en scène efficace, un style au réalisme esthétique- toujours à la limite du too much mais qui sait s'arrêter à temps-, un montage parfait qui rend le scénario très compréhensible, mais surtout une réelle empathie pour ces quatre soldats, tentés par la fraternisation, un chemin périlleux sur une crête bien étroite. Au milieu de cet équilibre de la terreur, surgit une enquêtrice suisse d'origine aussi coréenne. Idée lumineuse, ce personnage antinomique qui apprendra à ses dépens que l'on ne peut pas être vraiment neutre dans une ambiance de confrontation figée, qui peut-être arrange beaucoup de monde. Le monde de Chan-wook est sombre, le sang coule, que dis-je gicle à la figure des protagonistes. On n'est pas loin de l'excellence de Voyage au bout de l'enfer. Une grande réussite dans le genre. GE - septembre 2018
Un excellent film sud coréen. Ce film qui commence comme un thriller prend plus d ampleur au fur et à mesure que les zones d ombre de l enquête ne se dévoilent. Un film bien plus subtil qu'il ne paraît avec un message politique fort. Un grand film !
« Joint Security Area » de Park Chan-Wook - La chronique qui réconcilie les frères ennemis !
C’est un joli petit bijou serti d’émotions que nous propose le réalisateur coréen Park Chan-Wook avec « JSA (Joint Security Area) », son troisième film sorti initialement en 2000 et bénéficiant d’une ressortie remasterisée en 4K en France ce 27 juin 2018.
En cette période de rapprochements des deux Corées, « JSA (Joint Security Area) » reste d’une actualité brûlante puisque le film raconte l’histoire d’amitiés interdites entre des soldats nord-coréens et sud-coréens. En 2000, les rapports entre les deux nations sont proches de la haine absolue, du moins au niveau des dirigeants respectifs.
Démarrant sur une enquête touchy concernant le meurtre de deux soldats nord-coréens à la frontière séparant le Nord et le Sud, c’est en fait un tout autre voyage dans lequel nous embarque le réalisateur. Un voyage où il dissèque les comportements humains, une histoire étonnante et atypique qui résonne évidemment beaucoup dans l’actualité aujourd’hui.
Même s’il n’oublie jamais d’être cruel et ne se dépare pas d’une certaine violence, le film parvient à proposer des plages de respiration en étant drôle voire volontairement naïf. Une merveille d’humanisme qui décrypte fort bien le dilemme entre les Sud et Nord-Coréens. Subtil. Et l’on se pâme devant ces moments attendrissants, à voir cette amitié contre nature prendre son envol. L’histoire arrive à te concerner même si tu n’es pas coréen car le réalisateur ne prend jamais partie dans le conflit qui oppose les deux frères ennemis.
Il y a d’un côté ce que les politiciens imposent puis de l’autre comment les hommes sur le terrain en disposent. Park Chan-Wook dénonce l’absurdité de cet affrontement fraternel, de ces humains aux racines communes que les pouvoirs en place choisissent, peu importe les raisons, de séparer. Au final, les deux sociétés sont sclérosées par cet antagonisme, comme une sorte de piège à loup qui se referme sur la cheville la brisant et laissant des séquelles à vie.
Les acteurs sont puissants de justesse, imprégnés par leurs rôles, probablement avec le sentiment de participer à un manifeste salutaire pour les deux pays.
La caméra s’attarde longtemps sur les personnages privilégiant l’émotionnel au sensationnel. Les plans sont magnifiques et la photo sublime, le passage au 4K y étant certainement pour beaucoup.
Le film n’évite pas certaines longueurs mais c’est pour mieux poser son postulat, laisser le spectateur reprendre son souffle entre deux scènes intenses et le laisser vagabonder dans ses pensées pour s’approprier le propos.
Un thriller politique dont l’histoire se situe en pleine zone démilitarisée entre la Corée du Sud et du Nord. Le réalisateur Park Chan Wook en dépit de maladresses et de la largesse de l’interprétation de sa distribution signe un film à l’intrigue pertinente et dont les soubresauts parviennent à maintenir l’intérêt et délivre un message percutant surtout au vue de l’actualité récente.
Ce film est pour moi une tentative ambitieuse de mêler politique et drame, mais il manque d'impact pour ceux qui ne sont pas familiers avec les enjeux militaires. L'atmosphère de la zone de sécurité conjointe entre la Corée du Nord et du Sud est intéressante, mais l'intrigue lente et prévisible devient rapidement ennuyeuse. Les personnages manquent de profondeur et l'ensemble reste superficiel. Bien qu'il puisse plaire aux amateurs de guerre et aux récits militaires, il pourrait s'avérer un peu lourd pour ceux qui ne partagent pas cet intérêt pour les tensions géopolitiques.
Réalisé en 2000, le troisième long-métrage de Park Can-Wook sort dans les salles françaises en 2018. « JSA (Joint Security Area) » décrit l’enquête de Sophie E. Jean, une suisse d’origine coréenne après qu’une fusillade ait éclaté dans la zone de sécurité séparant la Corée du Nord de la Corée du Sud. Cet incident diplomatique va pourtant mettre en avant une amitié possible entre les deux pays. En effet, un très long flashback va mettre de côté la recherche du coupable pour humaniser l’histoire avec des soldats qui se lient d’amitié en jouant aux cartes. Parfois stéréotypée et menée dans un rythme inégal, l’intrigue tient la route grâce à de remarquables prestations. D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44 et notre site cinephiles44.com
Un des premiers films d’un grand, très grand réalisateur même. Jsa est un suspens qui a pour toile de fond une anomalie, un pays coupé en deux ou les frères se trouvent être des ennemis et semble être des extra terrestres les uns pour les autres alors que leurs racines sont identiques. La mise en scène est léchée et maintien la tension malgré certains passages plus creux.