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Jipis
45 abonnés
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3,0
Publiée le 6 juin 2012
Charité, stress, caprices, colères, névroses, banqueroutes, somnifères, drogues, alcool, orgueil, manipulations sont au menu contemplatif d’un acteur en décomposition tentant de se ressourcer dans une ville festive remplie d’enfants.
« Quinze jours ailleurs » établi un constat réaliste autant qu’alarmant sur un milieu dont la finalité se nomme déstabilisation, oubli et dépression. Des métiers d’ensorcelés ou le copinage n’est bien souvent qu’une bouée jetée sur une épave ayant visitée toutes les pièces d’un environnement manquant totalement de structures morales sécurisantes.
Du vieux metteur en scène au jeune comédien parano tout un système de façade est scanné de manière déprimante sur fond de ville éternelle imprégnée de nuits reposantes et joyeuses.
Toutes les facettes thématiques de ce milieu bien particulier perdent pied ou surnagent dans un contexte ou quelques révélations porteuses d’espoirs montrent un léger puzzle d’humanité.
Il y a par moments un peu de Doc Holliday dans l’interprétation de Kirk Douglas pour qui ce rôle semble être une aire de repos ou le comédien ne fait que restaurer un jeu d'acteur collant le mieux possible aux contraintes du scénario.
Le cheminement un peu trop classique de la globalité de ce film moyen attise l’appétit d’une vision des ensorcelés dont quelques images judicieusement choisies apparaissent dans cet opus manquant un peu d’électricité. Par contre la toile de fond Romaine vivifiante et indisciplinée est la bienvenue.
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4,0
Publiée le 8 mars 2022
Passionnante rèflexion sur le cinèma, ses rouages, sa fascination, rejoignant en cela le superbe "The Bad and the Beautiful" (1952), rèalisè dix ans auparavant par le même Vincente Minnelli. "Two Weeks in Another Town" est en couleur là où "The Bad and the Beautiful" ètait en noir et blanc, contraste intèressant sur l'usine à rêve d'Hollywood avec aujourd'hui un cinèma qui se dèplace du côtè des studios romains de Cinecitta! Une rèvolution èconomique est en train de se faire, admirablement connotèe dans ce mèlodrame puissant où les dècors et les couleurs sont rarement choisis au hasard! Fragilitè mentale, alcoolisme, Kirk Douglas ne respire pas vraiment la santè! C'est aussi et surtout l'inquiètude permanente de la fièvre inquiète de cinèaste (souvent au bord de la folie) et donc de sa quête avec une espèce de trouble profond que Douglas ressent face à la rèalitè du monde! Une rèalitè violente où assurèment rien n'est autorisè dans ce qu'est la libertè des sentiments! La course folle et sauvage entre Douglas et Cyd Charisse nous ramène dix ans en arrière, dans la driving scène de lègende entre Douglas et Lana Turner...
Encore un chef-d'œuvre de Minnelli. Cette fois-ci, le grand réalisateur affronte de face les arcanes d'Hollywood tout en déroulant le fil tragique de son histoire qui s'embobine auprès du personnage incarné par Kirk Douglas, prisonnier de sa passion pour Cyd Charisse et amoureux transi d'une belle romaine. Le résultat est saisissant. La tragédie finit par s'imposer aux spectateurs, emportés par un vent de puissance et de maîtrise technique. Le scénario est d'une justesse inouïe. Quant aux acteurs, que dire ? Le casting est parfait, dominé toutefois par un Kirk Douglas, qui réalise là une performance d'acteur tout à fait exceptionnelle.
Après une première vision lointaine de quelques années qui m'avait laissé un avis peu estimable envers ce film, une deuxième l'a un petit peu amélioré même si c'est encore loin d'être ça. Il faut pas s'en cacher cette sorte de suite des "Ensorcelés" souffre de très nombreux défauts. Passons sur une histoire qui parfois s'égare un peu pour se concentrer sur une Cyd Charisse qui n'a jamais paru aussi laide. Il est vraiment impossible de comprendre comment le personnage de Kirk Douglas a pu s'enticher d'elle dans le passé. On est loin de la superbe créature qui faisait fondre Robert Taylor, et le spectateur par la même occasion, dans "Traquenard". C'est surement le grand point faible de ce film. Quand au personnage de George Hamilton, il est fade au possible, et celui de Rosanna Schiaffino, franchement inexistant. Reste tout de même de très grandes qualités qu'on ne peut enlever au film, à savoir l'interprètation grandiose d'Edward G. Robinson très en forme, la stature charismatique de Kirk Douglas qui parvient sans mal à s'imposer tout au long du film et quelques belles séquences, en particulier celles trop rares de Douglas avec la charmante actrice Daliah Lavi qui apportent quelques bouffées de fraîcheur à un ensemble parfois un peu terne. De cet ensemble qui ne fait pas partie des meilleurs films de Vincente Minnelli, reste un portrait plutôt noir et lucide du monde du cinéma qui en dépit de défauts très gênants parvient tout de même à être parfois un beau film.
Encore une belle réussite de Minnelli que ces 15 jours ailleurs, magnifiquement orchestré par l'un des maitres d'Hollywood. On est étonné par la manière d'évoquer Rome, poétique et parfois presque aérienne. Servi par des couleurs et des personnages parfois déchirants, ce film est un très beau jeu de miroirs sur la vérité d'Hollywood, et le métier d'acteur, mais qui garde aussi une forte dimension humaine. Kirk Douglas est à nouveau immense, magique dans son role, et Edward G. Robinson garde sa présence habituelle. Et même si l'on regrettera une fin pour le moins navrante, quinze jours ailleurs reste tout de même un très beau film, avec quelques moments littéralement superbes. A découvrir.