Le héros, jeune homme plutôt beau gosse, est technicien de surface dans une des écoles les plus renommées du pays. Le balayeur dans les couloirs du MIT, ça plante tout de suite le contexte. Au milieu d'un grand couloir dans lequel il est en train de passer la serpillère au sol, il va tomber en arrêt devant un tableau noir sur lequel un prof de maths a écrit une équation mathématique sur laquelle il a demandé à ses élèves de réfléchir pour apporter des pistes de solutions. Ce prof de maths, la cinquantaine grisonnante, est médaillé Fields, ce qui n'est pas rien. Ses élèves, dignes de son enseignement sont déjà des champions en la matière. L'équation en question est plutôt à considérer comme une énigme sur laquelle les plus grands mathématiciens de la planète et de l'histoire universelle des mathématiques ont échoué. Ceux qui ont trouvé la solution y ont réfléchi pendant plusieurs années. Mais vous l'avez déjà compris, le gamin qui est notre héros, son manche à balai en main, va résoudre tout ça plus rapidement qu'un éternuement.
C'est donc ce que l'on appelle un phénomène.
Le dit-prof, passant plus tard devant le tableau, découvre que la solution a été parfaitement trouvée. Devant tous ses élèves il félicite l'heureux gagnant en le remerciant de bien vouloir se nommer. Mais aucun de ses élèves ne lève le doigt chacun regardant autour de soi qui va le faire, de lever son doigt. Mais non, le génie ne fait pas partie de cette honorable assemblée d'étudiants bien respectables. Moment d'émotion très hollywoodien où on comprend que le génie n'est pas de ce milieu et que c'est vraiment dommage pour lui mais qu'on espère qu'il sera reconnu, car c'est de cela dont il va s'agir, de questions de reconnaissance.
Le prof va réitérer cette expérience sur le même tableau. Et alors que notre technicien de surface est, dans ce couloir désert, en train d'écrire la solution de ce nouveau problème et qui lui était évidente, le dit-prof croyant de loin qu'il est en train d'y faire des graffitis, le menace de sanctions et lui court après dans les couloirs. Notre héros bien sûr va disparaître. Lorsque le prof revient sur ses pas il découvre, oh surprise, qu'il ne s'agissait pas de graffitis mais de la solution à son problème. Le professeur est pour le moins estomaqué. Mais qui est donc ce jeune homme totalement inconnu au bataillon. Il n'est pas de ses élèves et ne peut pas être non plus un médaillé Fields, car seuls ceux-ci seraient capables de résoudre ainsi un tel problème, et encore! De plus, élus tous les quatre ans ils ne courent ni les rues ni les couloirs. Que va-t-il donc se passer ! La suite est difficile à deviner.
Même si les clichés se succèdent. En fait le garçon a de bons copains avec qui il fait des petits boulots qui ne correspondent évidemment pas à son niveau intellectuel mais comme c'est un rebelle, il faut bien qu'il ait un travers pour faire durer l'intrigue, il provoque avec ses amis des bagarres suffisamment violentes pour le conduire souvent devant le tribunal, où l'on découvre son passé turbulent. Seul son QI supérieur à la limite supérieure lui permet de s'en sortir seul sans avocat car maitrisant parfaitement les codes civil, pénal et les autres. Le professeur après l'avoir longuement recherché, et l'ayant retrouvé, le fait sortir de prison à la condition qu'il accepte de travailler avec lui ainsi que de suivre une thérapie pour calmer ses pulsions agressives. Bien sûr, notre génie en herbe va épuiser un certain nombre de thérapeutes tous plus incompétents les uns que les autres et incapables de faire face aux remises en cause personnelles provoquées par notre héros, c'est dire à quel point il possède aussi toutes les ficelles de la psychanalyse. On peut d'ailleurs se poser des questions sur l'image que le réalisateur se fait de cette science. On aura compris que cela va se terminer par la rencontre avec le bon thérapeute, celui avec qui va se dérouler la seconde partie du film. Tous deux vont donc régler leurs problèmes personnels au cours de scènes toutes plus stéréotypées les unes que les autres. Qu'on se rassure, le jeune homme rentrera dans le rang. Après avoir été ébranlé à son tour par les répliques cinglantes de son client, ce nouveau thérapeute va reprendre le dessus, régler son compte à l'impertinent, régler ses problèmes avec son ex-ami le prof de maths, faire comprendre à l'ado qu'il n'est encore qu'un ado, aussi intelligent soit-il, et que finalement il ferait mieux de prendre sa vie en main, même s'il a été abandonné par ses parents, maltraité par ceux qui l'ont adopté, et qu'il a eu une vie évidemment difficile, et même s'il ne réussit pas encore à entretenir des rapports humains normaux et à s'engager sentimentalement par exemple. Hé bien figurez-vous qu'il va finir par y arriver, of course, et il retrouvera celle qui l'aime et qu'il aime aussi sans avoir précédemment osé se l'avouer. Tout sera bien qui finira donc bien et sans surprise dans ce film oscarisé et plusieurs fois nominé que je me demande encore de quel originalité et de quel talent novateur ce film a pu être récompensé.