Film français d'un genre en vogue à l'époque : le film à sketches, «Souvenirs perdus» en est composé de quatre. Le premier, le plus romantique avec le couple Edwige Feuillère-Pierre Brasseur, dégage un charme certain. Le second, le plus comique et aussi le plus réussi, a une intrigue vaudevillesque d'une très grande drôlerie. Le numéro de Suzy Delair dans la scène du cimetière est à pleurer de rire. Le troisième, le plus désespéré, s'inspire très visiblement du «Troisième Homme» par ses cadrages obliques lors d'une scène de poursuite dans les rues de Paris et son atmosphère très sombre. Le très beau couple formé par Danièle Delorme et Gérard Philipe fonctionne parfaitement. Le quatrième et dernier sketch est le moins bon du fait que malgré l'abattage de l'excellent Bernard Blier et Yves Montand qui pousse parfois la chansonnette, la sauce ne prend pas et l'humour fonctionne rarement. De cette ensemble, on retient surtout quelques dialogues pétillants d'Henri Jeanson (surtout pour le second sketch!) et quelques bonnes interprétations.
C'est une sorte de mystère : les films à sketches français ne valent en général pas tripette, alors qu'en la matière les réussites italiennes, voire britanniques, sont légion. En l'occurence, ici, l'argument en vaut un autre : chaque objet déposé au bureau des objets perdus a une histoire à raconter. Malgré les contributions des frères Prévert et de l'excellent Henri Jeanson, les quatre récits du film sont assez pauvres. Ce n'est que prétexte à un joli défilé d'acteurs : Brasseur, Feuillère, Périer, Delair, Philipe, Delorme, Blier, Montand ... On passe du sentimental au dramatique et du burlesque au psychologique, mais de façon morne et terne. Pas bien fameux, tout ça.
Prenez ce qu'écrit Gonnard avec un grain de sel : certes la troisième histoire est sombre, mais quand a-t-on vu Gérard Philippe « faire pitié » ? même si la fin aurait pu être moins abrupte. La seconde histoire n'est pas mal, Suzy Delair est telle qu'en elle-même, mais l'intrigue et le jeu relève plus du vaudeville. C'est du Feydeau au cinéma.
C'est une belle suite d'histoires loufoques et bizarres, des situations cocasses entres amants et amantes dans le Paris d'après guerre. C'est très bien interprété par des actrices et des acteurs devenus célèbres par la suite. Pour l'époque il y a de bonnes idées et le film n'a pas perdu beaucoup de rides.
Le prétexte du film est totalement ridicule. Ici on a simplement quatre histoires d'amour. C'est plutôt moyen et ennuyeux. Ça n'a pas vraiment d'intérêt... Même les événements qui sont un prétexte aux rencontres sont ridicules. Enfin passable
Film à sketch donc, et comme souvent assez inégal. On commence sur un premier sketch assez drôle qui malgré tout se traîne un peu, sûrement le moins intéressant de la série, mais ça reste sympa malgré tout, mais le sketch qui semble se vouloir touchant échoue à émouvoir réellement. Le deuxième sketch est une farce vaudevillesque plutôt réussie, et là se développe un humour que rien ne vient entacher, bien sûr il s'agit sûrement du moins ambitieux question réalisation, mais la farce fonctionne à 100% alors qu'importe. Le troisième change complètement de répertoire en tombant dans le polar sordide. S'il est surtout un numéro de Pierre Brasseur, on notera un renouveau certes bienvenu dans le film mais qui rompt peut-être trop avec les autres épisodes. Le quatrième est pour moi le meilleur, où l'humour facile est déjoué par une cruauté latente qui nous fait ressentir finalement de l'empathie pour le dindon de la farce.
Je l’ai dit et redit, je n’aime pas les films à sketches… et ce n’est pas celui-là qui va me faire changer d’avis ! Il est réalisé par Christian-Jaque, un médiocre artisan surtout connu pour son carnet d’adresse (il a été le mari de Martine Carol, ça aide !) comme en témoigne le générique du film. Le premier volet, joué par Pierre Brasseur et Edwige Feuillère, est poussiéreux et se traîne. Le troisième, kitch et au faux air d’expressionnisme, montre un Gérard Philippe toujours aussi faible au cinéma dans un improbable personnage de tueur fou. Le dernier, où Bernard Blier et Yves Montand apparaissent dans des rôles mal dessinés, n’a strictement aucun intérêt. En fait seul le deuxième, interprété par François Périer et surtout Suzy Delair, déchaînée et hilarante, a une réelle valeur. Un sur quatre, c’est quand même trop peu !
Quatre petites histoires hétérogènes quant à leurs qualités. La première, passable, comporte tout de même quelques répliques intéressantes. La seconde est un petit bijou d'humour. Basée sur un quiproquo, elle présente de loin les meilleurs dialogues. Les personnages, hauts en couleur, sont très attachants. La troisième histoire fait pitié par rapport aux trois autres. Elle est glauque et ennuyeuse. La dernière, avec Montand et Blier, n'est pas terrible non plus. La réplique savoureuse avec les deux violons, l'instrument de musique et la cellule du commissariat, ne parvient pas à faire oublier la médiocrité du reste des dialogues. Au final, je suis donc un peu déçu.
Christian-Jaque était un réalisateur particulièrement prolifique (70 films de 1932 à 1977) qui s’il a réalisé quelques films dispensables n’en n’était pas moins un formidable conteur et directeur d’acteurs. Trois petits chefs d’œuvre illuminent sa filmographie des années 1930 et 1940 avec « Les disparus de Saint-Agil » (1938), « L’assassinat du Père Noël » (1941) et « Le revenant » (1946). Il faut signaler qu’à partir de ce dernier film, Christian-Jaque scénarise tous ses films. En 1950, le réalisateur déjà très expérimenté s’essaye au film à sketches alors très en vogue en Italie avec « Souvenirs perdus ». Les quatre sketches proposés prennent racine dans un entrepôt des Objets trouvés à partir des quatre objets symbolisant chacune des histoires que va suivre le spectateur. Quatre sketches écrits par plusieurs scénaristes de renom (Henri Jeanson, Jacques et Pierre Prévert, Pierre Very et Jacques Compaanez) et sollicitant le concours d’acteurs confirmés (Edwige Feuillère, Pierre Brasseur, Bernard Blier, Suzy Delair) associés à de jeunes pousses (Gérard Philipe, Danièle Delorme, Yves Montand, François Périer). Si le point de départ est plutôt original et séduisant, il faut bien reconnaître que seuls, le premier et le dernier sketch tiennent réellement la promesse initiale. Notamment le premier « Une statue d’Osiris » avec Edwige Feuillère et Pierre Brasseur en vieux amants spoiler: qui se retrouvent un soir de Noël plus de vingt ans après leur liaison et qui chacun ment à l’autre pour ne pas avouer les désillusions qui ont assombri leur vie par la suite. Les deux acteurs au sommet de leur art sont bouleversants notamment Edwige Feuillère dont le regard souvent embrumé trahi un amour intact et un espoir un peu fou. Idem pour « Un violon » le sketch conclusif où cohabitent Bernard Blier simple policier amoureux d’une jeune veuve (Gilberte Géniat) de son quartier qui habite ses rêves d’un mariage épanoui et qui naïf va avoir l’absurde idée pour vaincre sa timidité et ses complexes de recourir à un chanteur des rues interprété par un jeune Yves Montand séducteur en diable . Démonstration cruelle de l’injustice de Dame Nature qui ne distribue pas les cartes de façon égalitaire. Les deux autres sketches font à côté un peu pâle figure avec un jeune François Périer dans un registre léger qui ne sera jamais vraiment le sien dans « Une couronne mortuaire » et un Gérard Philipe lui aussi en décalage dans « Une cravate », parvenant tout de même grâce à son charme inouï à donner le change. En somme, un film a demi-réussi qui parvient tout de même à divertir.
Un véritable bijou cinématographique. Sans conteste, à mes yeux, le meilleur film à sketches que j'ai vu. Quatre objets perdus et quatre histoires différentes, tour à tout comique, tendre, belle et sombre. Christian-Jacque réussit un vrai chef-d'oeuvre avec, en point d'orgue, la comédie de François Perrier et l'extraordinaire histoire noire interprété par un Gérard Philippe tout simplement inouï. Et si c'était là, dans cette demi-heure exceptionnelle d'intensité dramatique son plus beau rôle avec "Monsieur Ripois" ? A ne pas manquer.