Au delà de la notion "individualiste" chère à Leo McCarey, le film reste un bon divertissement qu'on regarde... le sourire aux lèvres, parfois même un éclat de rire...A voir et revoir avec délectation et plaisir
Il n'a pas l'air très extravagant -mais c'est le titre de la VF- ce Mr Ruggles que l'on découvre digne, imperturbable et affichant la gravité qui conviennent au domestique anglais. Mais sa rigueur professionnelle pourrait vaciller avec l'arrivée de son nouveau maitre. Cet Américain bon teint, bruyant, démonstratif et spontané, effarouche le brave Ruggles. A ce moment du film, Leo McCarey semble se moquer gentiment des mœurs de ses compatriotes, si opposées à la réserve et à la distinction supposée européennes. En réalité, le réalisateur, petit à petit, loue les vertus de la simplicité des Américains, leur sens du contact si peu protocolaire, malgré les prétentions snobs de quelques-uns. Bien plus, McCarey salue, dans des scènes où la fantaisie laisse la place à l'allégorie, les principes égalitaires de la société étatsunienne grâce auxquels, précisément, Marmaduke Ruggles pourrait bien s'émanciper. Le thème est intéressant mais la faiblesse du sujet se trouve dans des arguments et incidents comiques assez pauvres, tout au moins répétitifs. Les contrastes culturels entre les deux continents constituent la seule manifestation humoristique du film, ce dont on se lasse assez vite tant ça devient évident. Je me souviendrai surtout de l'étonnante physionomie de Charles Laughton.