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Pascal
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4,0
Publiée le 3 avril 2026
Lion d'or ( Venise 1949 ), " Manon " adaptation contemporaine par HG Clouzot du roman de l'abbé Prévost " Manon Lescaut ", est longtemps tombé dans l'oubli, malgré le succès public qu'il reçut à sa sortie ( 3 400 000 entrées ).
Il faut dire que la différence de ton ( l'arrière fond politique particulièrement sensible ) du début et de la fin d'un côté et la partie centrale de l'autre ( le couple diabolique - le film noir ) ont de quoi désarçonner le spectateur.
Complexe et ambigu ( Clouzot du rendre des comptes à la Libération ) , on ne peut pas ne pas penser à cet aspect de l'histoire personnelle du cinéaste, pour interpréter les sous entendus de certaines scènes tournées peu de temps après la fin de la seconde guerre mondiale.
Bertrand Tavernier ne s'y est pas trompé et à rendu hommage à " Manon " dans son " Voyage dans le cinéma français ".
On relèvera les débuts d'actrice de Cécile Aubry, une des premières cinéastes françaises qui connut un succès immense à la télévision pour ses séries ( " Polly" ," Belle et Sébastien" et la découverte de Véronique Jeannot ).
Elle se montre très convaincante dans son rôle de femme manipulatrice, son goût du lucre et son étanchéité à la morale.
On peut noter que les scènes dans la maison close, font penser au futur " Belle de jour " de Bunuel et l'ont vraisemblablement inspiré.
C'est un véritable film d'amour où le jeune premier interprété par M. Auclair tombe éperdument amoureux de la presque diabolique M. Lescaut interprété par C. Aubry. Le jeune homme qui aurait pu embrasser une vie normale et travailler notamment chez un notaire de province, après avoir été resistant pendant la guerre, se retrouve pris dans cette histoire d'amour tentant d'échapper plusieurs fois aux griffes de Manon, mais revenant toujours. spoiler: Cet amour va mener à l'assassinat du frère de Manon , joué par S; Reggiani, premier sur l'affiche mais avec un rôle moindre comparé à M. Auclair, qui ne semble intéressé que par l'argent, comme sa soeur d'ailleurs. L'histoire nous est raconté sous forme de flash-back, sur le bateau qui les emmène au Moyen-Orient. La fin est tragique. Mais on ne pouvait que s'attendre à une fin non heureuse. Ce n'est pas le film de Clouzot que je retiendrai car Le Salaire de la Peur reste dans toutes les mémoires ainsi que ses premiers films "policiers".
Ah comme on est loin des chefs d’œuvre de Clouzot ! Hormis quelques idées fulgurantes de mise en scène (les sculptures religieuses témoins des premiers ébats amoureux de protagonistes, les nuages de vapeur d’eau qui accompagnent leurs retrouvailles), le film est vraiment médiocre. Les comportements des personnages semblent plus guidés par une recherche de péripéties que par une cohérence interne, et, surtout, le film manque de structure et de fil thématique. On suit alors deux destinées auxquelles le cinéaste n’a pas réussi à nous intéresser, les scènes finales aux références « westerniennes » arrivant comme un cheveu sur une soupe déjà bien indigeste.
Scénario très prenant, mais la dernière partie est mélo, à la limite du ridicule et peu crédible. Belle réalisation de Clouzot. Cécile Aubry est très mignonne, petits rôles de Raymond Souplex, Rosy Varte, Michel Bouquet, Robert Dalban.