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Un visiteur
3,0
Publiée le 5 octobre 2012
Malgré une histoire intéressante et un scénario bien construit, je trouve ce film moyen car le couple principal (les personnages) sont pas terribles. Manon est antipathique et Robert énervant (seul personnage qui est bien celui joué par Reggiani). Le début de l'histoire d'amour ont n'y croit pas une seconde, enfin certaines séquences sont inspirées et bien réalisées surtout la fin avec les scènes dans le désert ou les personnages deviennent enfin attachant.
Je n'ai pas lu le roman de L'Abbé Prévost donc je ne serais dire si le film de Clouzot suit fidèlement la trame du roman mais moi qui avait peur d'un film mal vieilli j'ai été surpris par son ton moderne et ne montrant pas la France d'après-guerre sous un beau jour. Dénonciation de magouilles en tout genre mais surtout histoire d'amour tragique et qui confirme l'adage "L'amour rend aveugle" avec ses jeunes acteurs convaincant. Un très beau Clouzot au style noir comme cette scène forte ou le héros fait la connaissance de Manon en l'empêchant de se faire tondre par des résistants de dernière minute.
Clouzot est plus à l’aise dans le thriller que dans le mélo. Pourtant, grâce à une mise en scène impeccable, une talentueuse direction d’acteurs (bons mais sans plus) et des dialogues enlevés, cette revisite moderne de l’histoire des personnages de l’Abbé Prévost tient fort bien la route. On oublie la naissance peu crédible de l’amour des deux tourtereaux, on passe sur le caractère plus que pénible de l’héroïne et sur ce qu’elle fait endurer au pathétique Robert… On se laisse, comme eux, embarquer…
Réussir à transposer le roman de l'abbé Prévost de la France du XVIII ème siècle à la France d'après la Libération ce n'est déjà pas un mince exploit mais réussir à y enlever pratiquement toute parcelle de romantisme cela relève du prodige. Prodige que Henri-Georges Clouzot a réussit haut-la-main avec ce très original «Manon» en en faisant une oeuvre d'une noiceur incroyable qui permet de plus à son réalisateur de critiquer par ci par là la société française de l'après-guerre. Mais il serait injuste d'écrire que l'histoire d'amour y a été totalement occulté car même si c'est la saleté qui règne comme le dit l'héroïne «Rien n'est sale quand on s'aime !» à l'image de la scène finale morbide mais touchante. Quand au choix de la jeune débutante Cécile Aubry pour le rôle-titre, il s'est révélé excellent tellement qu'on ne peut imager personne d'autre pour l'incarner après la vision du film. Si «Manon» n'est certainement pas le meilleur film de son réalisateur, il est sans consteste sa création la plus étonnante.