Manon
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Pascal
Pascal

254 abonnés 2 408 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 avril 2026
Lion d'or ( Venise 1949 ), " Manon " adaptation contemporaine par HG Clouzot du roman de l'abbé Prévost " Manon Lescaut ", est longtemps tombé dans l'oubli, malgré le succès public qu'il reçut à sa sortie ( 3 400 000 entrées ).

Il faut dire que la différence de ton ( l'arrière fond politique particulièrement sensible ) du début et de la fin d'un côté et la partie centrale de l'autre ( le couple diabolique - le film noir ) ont de quoi désarçonner le spectateur.

Complexe et ambigu ( Clouzot du rendre des comptes à la Libération ) , on ne peut pas ne pas penser à cet aspect de l'histoire personnelle du cinéaste, pour interpréter les sous entendus de certaines scènes tournées peu de temps après la fin de la seconde guerre mondiale.

Bertrand Tavernier ne s'y est pas trompé et à rendu hommage à " Manon " dans son " Voyage dans le cinéma français ".

On relèvera les débuts d'actrice de Cécile Aubry, une des premières cinéastes françaises qui connut un succès immense à la télévision pour ses séries ( " Polly" ," Belle et Sébastien" et la découverte de Véronique Jeannot ).

Elle se montre très convaincante dans son rôle de femme manipulatrice, son goût du lucre et son étanchéité à la morale.

On peut noter que les scènes dans la maison close, font penser au futur " Belle de jour " de Bunuel et l'ont vraisemblablement inspiré.
shuffleup
shuffleup

8 abonnés 352 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 20 décembre 2025
Scénario très prenant, mais la dernière partie est mélo, à la limite du ridicule et peu crédible. Belle réalisation de Clouzot. Cécile Aubry est très mignonne, petits rôles de Raymond Souplex, Rosy Varte, Michel Bouquet, Robert Dalban.
selenie

7 445 abonnés 6 655 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 15 septembre 2025
La transposition de "Manon Lescaut" dans l'après-guerre est plutôt intéressant, la tragédie inhérente notamment à l'épuration impose à la fois une empathie pour la jeune Manon mais aussi le soupçon d'un passé indigne. Pourtant ce début s'avère un peu trop expédié avec entre autre un coup de foudre express totalement improbable symptomatique du film et de maladresses très rares chez Clouzot habituellement. Ainsi on aime sa mise en scène, ses fulgurances, sa dualité ange/enfer magnifiquement incarnée par une Manon/Aubry en femme-enfant pouvant être aussi angélique que vénéneuse puis une symbolique religieuse superbement filmée comme les statues témoins des premiers ébats ou moins subtiles avec cette fin exotique et en filigrane le chemin de croix vers la Terre Promise. Quelques séquences déçoivent aussi, la plus étonnante reste quand Manon/Aubry apprend la mort de son frère, elle réagit si froidement que ça en est étonnant, voir perturbant car cela brise complètement le côté ange de Manon, serait-elle donc simplement un poison de femme ?! Clouzot n'est donc pas à son meilleur, mais ça reste un mélo intéressant, bancal assurément mais les qualités indéniables compensent suffisamment pour passer un bon moment.
Site : Selenie
softy76
softy76

40 abonnés 339 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 23 août 2025
Vénalité, cupidité et lâcheté c'est pas beau à voir surtout le personnage de Manon mais cela reflete également une certaine réalité d'après guerre. Pas le meilleur de Clouzot mais c'est à voir.
Hotinhere

790 abonnés 5 464 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 18 août 2025
Transposition audacieuse dans l’après-guerre du roman de l’abbé Prévost mettrait en scène l’itinéraire tragique d’un couple maudit entraîné dans la spirale de la déchéance. 3,25
fabrice d.
fabrice d.

44 abonnés 1 882 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 7 août 2025
C'est un véritable film d'amour où le jeune premier interprété par M. Auclair tombe éperdument amoureux de la presque diabolique M. Lescaut interprété par C. Aubry. Le jeune homme qui aurait pu embrasser une vie normale et travailler notamment chez un notaire de province, après avoir été resistant pendant la guerre, se retrouve pris dans cette histoire d'amour tentant d'échapper plusieurs fois aux griffes de Manon, mais revenant toujours. spoiler: Cet amour va mener à l'assassinat du frère de Manon
, joué par S; Reggiani, premier sur l'affiche mais avec un rôle moindre comparé à M. Auclair, qui ne semble intéressé que par l'argent, comme sa soeur d'ailleurs. L'histoire nous est raconté sous forme de flash-back, sur le bateau qui les emmène au Moyen-Orient. La fin est tragique. Mais on ne pouvait que s'attendre à une fin non heureuse. Ce n'est pas le film de Clouzot que je retiendrai car Le Salaire de la Peur reste dans toutes les mémoires ainsi que ses premiers films "policiers".
Patjob
Patjob

43 abonnés 755 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 2 août 2025
Ah comme on est loin des chefs d’œuvre de Clouzot ! Hormis quelques idées fulgurantes de mise en scène (les sculptures religieuses témoins des premiers ébats amoureux de protagonistes, les nuages de vapeur d’eau qui accompagnent leurs retrouvailles), le film est vraiment médiocre. Les comportements des personnages semblent plus guidés par une recherche de péripéties que par une cohérence interne, et, surtout, le film manque de structure et de fil thématique. On suit alors deux destinées auxquelles le cinéaste n’a pas réussi à nous intéresser, les scènes finales aux références « westerniennes » arrivant comme un cheveu sur une soupe déjà bien indigeste.
ferdinand75

723 abonnés 4 462 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 28 juillet 2025
Un film intense, intéressant qui reprend le thème du livre « Manon Lescaut » , mais transposé dans la France de 1944/45, sortant tout juste de l’occupation.
Un prologue et une conclusion nous montre l’exode de juifs , rescapés de la Shoah. Le prologue nous les présente à l’embarquement d’un bateau de contrebande à Marseille, où le groupe paie des passeurs pour les emmener en Palestine , terre promise, pour fuir les persécutions. Beaucoup de douleurs et de souffrance. L’épilogue se passera à l’arrivée en Palestine, où ces mêmes réfugiés doivent traverser un désert très hostile pour arriver en terre promise.
Mais bien sûr les héros principaux sont Manon Lescaut et son fiancé qui ont fuit Paris, tout juste libérée, après avoir commis un meurtre .Manon est une fille assez vénale qui veut saisir toues les occasions pour s’en sortir, y compris en utilisant ses charmes.
Une bonne description de la vie politique de l’époque, la résistance, la collaboration, les trafics en tout genre , car la famille de Manon fait partie de ce milieu un peu mafieux , petits truands , alors que Michel Auclair est un fils de bonne famille qui se plie aux caprices de Manon même si cela les conduira au drame . Une réalisation sobre, exigeante, néo- expressionniste, une image noir et blanc superbe et très soignée. Les acteurs sont bons, même si il y a parfois un peu de surjeu, trop théâtralisé. Belle performance de Cécile Aubry pour son premier rôle, elle qui deviendra effectivement une star, entre autre, auteure du cultissime feuilleton « Belle et Sébastien »
Le final dans le désert égyptien, pendant cette traversée impossible est un peu longue, même si le final avec les héros couchés et enfouis dans le sable du désert est assez fort, presque surréaliste . Un bon film de Clouzot, qui déjà questionne la morale classique, et essaye de se placer hors du cadre, même si ce n’est pas un de ses chefs- d’œuvre.
BabsyDriver
BabsyDriver

98 abonnés 993 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 juillet 2025
Henri-Georges Clouzot imagine Manon Lescaut à l'après-guerre. N'ayant pas lu le livre, je ne sais pas à quel point fonctionne la modernisation, mais je sais que c'est diablement réalisé ! De la première partie du film saisissant le chaos de l'après-guerre à spoiler: un final tendant vers une abstraction le rapprochant du cinéma muet
, Manon captive rien que par son image.
Chaîne 42
Chaîne 42

221 abonnés 3 553 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 22 juillet 2025
Ce film en noir et blanc romantique, dramatique mais surtout tragique est assez inintéressant à regarder, les effets mélodramatiques sont juste vieux bien que l'on puisse croire que c'est assez sophistiqué du moins pour l'époque.
stans007
stans007

36 abonnés 1 462 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 21 juillet 2025
Lion d’or à Venise et vaguement inspiré par Manon Lescaut, un opus très romanesque autour de la femme fatale incarnée par Cécile Aubry « Tu sentiras toujours l’homme... » Depuis la Libération jusqu’à l’exode vers la Terre Promise, un mélo appuyé aux portraits psychologiques improbables, avec de bonnes scènes comme celles de la mère-maquerelle ou du train bondé d’après-guerre, mais on est loin du niveau du Salaire de la Peur.
weihnachtsmann

1 617 abonnés 5 728 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 28 mai 2024
Je ne connaissais que les versions opéra de Massenet et Puccini.
Le côté humain de ce film est noir et tragique dans chaque période amoureuse. Par humain je veux dire que les sentiments ne sont pas toujours raisonnables. Ici la passion prime sur la raison mais la fin est toujours la même. La tragédie…..
Redzing

1 450 abonnés 4 912 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 11 février 2024
Avant de me lancer dedans, j'avais entendu que "Manon" n'avait pas convaincu tout le monde. J'ai rapidement compris pourquoi... Au centre du film, un couple de fugitifs fous amoureux dont on découvrira l'histoire tumultueuse.
Premier problème : c'est un couple passionnel, qui se forme brutalement alors qu'ils se connaissent à peine. Question crédibilité on repassera, en tout cas ça parait gnian-gnian par moment.
Deuxième problème, qui peut ne pas en être un, selon votre vision des choses. Le couple est profondément antipathique. Elle est vénale, dépensière, trompeuse, manipulatrice, égoïste. Il lui pardonne stupidement tout car il l'aime, à un point qui dépasse très largement le raisonnable.
Mais s'il on parvient à faire fi de cela (ou à prendre plaisir à voir ces deux andouilles prendre cher ?), "Manon" offre de vraies qualités. La mise en scène de Henri-George Clouzot est relevée, proposant même quelques mouvement audacieux.
Et surtout, le film dresse un portrait très peu flatteur de la France d'après-guerre. Tontes punitives des femmes qui auraient couché avec l'ennemi. Trafics en tout genre grippant la relance du pays. Statut des juifs. Sans le savoir, le scénariste et réalisateur livre même un dernier acte étonnement moderne (et tristement d'actualité), sur la question de la Palestine !
Un ensemble inégal mais intéressant.
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

92 abonnés 4 230 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 14 janvier 2024
Clouzot transpose le drame de l'abbé Prévost dans l'immédiate après-guerre. L'histoire d'amour entre Manon Lescaut et Robert Desgrieux se décline pour partie sous la forme d'un long flashback et débute à la Libération sur fond de village normand en ruine. Le FFI sauve Manon, jeune femme sensuelle et mutine menacée par de petits suppôts de l'Epuration. La suite, c'est une passion sulfureuse et impossible entre un jeune homme intègre et sa maîtresse capricieuse aimant les plaisirs et l'argent.
Le décor moderne qu'applique Clouzot à ce classique littéraire n'est pas pour autant de nature à transcender son intrigue d'essence romantique et plutôt conventionnelle. Toutefois, la mise en scène de Clouzot ne laisse pas indifférent. Soit qu'elle parait excessive ou démonstrative, soit que, par fulgurances, on y retrouve la brutalité et la noirceur du cinéaste caractérisant sa vision de l'humanité. A cet égard, le procédé inattendu et allégorique consistant à associer la destinée du couple, spoiler: tentant de rejoindre, à travers le désert, une illusoire Terre Promise, à celle du peuple juif gagnant dans la douleur la Palestine,
nous fait balancer, dans la dernière partie du film, entre une impression de grotesque et de tragique insolite.
Enfin, on jugera que dans le rôle-titre, Cécile Aubry compense ses insuffisances dans le jeu par son physique atypique de femme-enfant qui se révèle un choix judicieux de Clouzot.
Luuuuuuuuc
Luuuuuuuuc

26 abonnés 853 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 septembre 2023
« Avec tout ce qu’on a vu à notre âge, on est déjà vieux. »

Après avoir rencontré le succès avec ses trois premiers longs métrages, L’Assassin Habite au 21 (1942), Le Corbeau (1943) et Quai des Orfèvres (1947) mais aussi pas mal de problèmes avec le second à la libération pour avoir, en collaborant avec une maison de production financée par l’Allemagne nazie, donné une mauvaise image des Français·es, Henri-Georges Clouzot décide d’adapter, avec Jean Ferry, le roman de l’Abbé Prévost, qui a déclenché les passions à sa publication en 1731 et après encore pour son côté sulfureux et immoral. Il place l’histoire précisément à la libération, une façon, peut-être, de régler quelques comptes : Manon est en passe d’être rasée par la populace quand elle est sauvée de ses griffes par les LFI et Robert Desgrieux (orthographe modifiée pour le film).

Manon, c’est Cécile Aubry, toute jeune actrice qui se rendra célèbre en scénarisant et réalisant la série télévisée Belle et Sébastien, Desgrieux, c’est Michel Auclair, tout jeune acteur aussi. Autour d’eux gravitent pas mal de seconds rôles déjà reconnus (Andrex, Gabrielle Dorziat, Henri Vilbert) et d’autres qui le deviendront (Serge Reggiani, Raymond Souplex, Robert Dalban, Michel Bouquet). Au rayon des détails amusants, on notera que Robert/Michel Auclair prend à un moment pour pseudonyme Germain, qui était le nom du médecin incarné par Pierre Fresnay dans Le Corbeau.

Délaissant un peu les recherches visuelles de ses précédentes œuvres, Clouzot adopte cette fois une réalisation plus classique, flirtant avec l’expressionnisme (parfois insupportablement souligné par la musique parasite), non sans exploiter encore ses jeux d’ombres (notamment grâce aux coupures d’électricité, véritable personnage du récit), avec des décors de studio souvent hélas trop visibles et parfois géniaux (la traversée du désert, par exemple). Sa représentation de la guerre et de ses conséquences, est, elle, absolument somptueuse et le climat de l’après-guerre (les combinards, la scène du train) colle à son propos sombre sur l’âme humaine.

Si le film de Clouzot a l’audace de présenter un couple particulièrement immoral dont on s’éprend, on regrettera que le seul point de vue soit celui de Robert Desgrieux, minimisant la puissance rebelle et indépendante de Manon, personnage féminin qui, ici, aurait pu se trouver à l’avant-garde du féminisme. Je m’emballe, nous ne sommes qu’en 1949. Les femmes viennent de voter pour la première fois, c’est déjà pas mal. Quitte à rester dans la grande histoire insérée dans la petite et toujours d’actualité, on notera la fabuleuse description des migrants juifs fuyant l’Europe, amenés clandestinement dans les eaux de la Palestine sous mandat britannique, comme un espoir de paix et d’oubli sur une terre promise, un nouveau départ, aussi pour les deux héros.

Noirceur, immoralité, objectivation du corps de la femme et emprise (ici en miroir), mais aussi ce mince espoir que permet l’amour, les thèmes récurrents chez Clouzot sont encore présents dans cette histoire, un peu oubliée dans la filmographie pourtant réduite du réalisateur, mais truffée de chefs d’oeuvre.
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