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HolyGorillaMonkeApe69
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1,5
Publiée le 17 mai 2023
J'ai peine à croire que Clouzot est l'auteur de ce "film". Un mélodrame convenu au possible pour faire travailler les glandes lacrymales, c'est pas bien compliqué à faire, et c'est surtout indigne d'un aussi grand réalisateur qui réussi l'exploit de se rater lamentablement... La réalisation est laborieuse, sans une once d'originalité ; la photographie sans être ignoble est tout aussi fade et transparente ; les jeux des acteurs sont à la limite de l'amateurisme, j'ai beau chercher, je ne vois pas comment complimenter ce film. Cette romance tumultueuse entre une petite dévergondée, dispensant ses services au plus offrant, et un homme, à la caractérisation morale si inexistante que je ne saurais le décrire, n'est jamais passionnante, ni même un tant soi peu intéressante ; pire encore, elle ne parvient même pas à faire preuve du peu de cohérence qu'on est en droit d'exiger même devant le plus pathétique des navets : les réactions des personnages sont toutes plus absurdes et incompréhensibles les unes que les autres spoiler: (la fameuse scène où Manon apprend que son amant vient d'assassiner son frère, nouvelle qui ne semble pas la troubler plus que ça, un exemple parmi un sacré panel).
La Prisonnière, œuvre imparfaite douée d'un bon nombre de qualités mais qui avait tendance à se perdre en route était jusqu'à lors le Clouzot que j'avais le moins apprécié, il reste à des années-lumière de ce truc.
Formidable récit transposé dans la France de la libération (et c'est pas joli joli la France à la libération sous le regard acéré de Clouzot). L'innocence de Manon s'oppose à la vertu supposée des mœurs, La candeur de Robert se confronte au réalisme des profiteurs de guerre. Le récit n'est pas si simple qu'il en a l'air au premier abord. Des peuples en souffrance recherchent une rédemption qui leur échappe, la métaphore avec l'exil du peuple juif emporte le récit final dans une image paradisiaque qui s'avère être là aussi une impasse. La beauté visuelle et la justesse de la mise en scène renforce le combat intérieur des personnages. Dans la cathédrale éventrée bien sûr, l'image de Manon prenant subrepticement la place du prêtre dans le confessoire, à côté des anges défigurés, annonçant déjà le martyre final. Dans l'oasis ensuite, court moment de sérénité renforcé par des images de la nature et de l'innocence préfigurant certaines scènes des films de Terrence Malic. A l'inverse d'autres commentaires je trouve que c'est une œuvre majeure de Clouzot injustement méconnue qui mérite plus qu'un simple coup d'œil. Une dernière image me trouble toujours, le corps et les longs cheveux de Manon glissant infiniment sur le sable des dunes et rappelant que Clouzot est l'un des plus grand faiseur d'images du XXème siècle.
Ce Mélodrame de Henri-Georges Clouzot a été, à juste titre, récompensé à la Mostra de Venise en 1949. Dans son scénario, très librement adapté du roman-mémoires de l’abbé Prévost écrit en 1717, Clouzot transpose L'histoire durant la seconde guerre mondiale ; il nous offre une belle reconstitution de la Normandie en 1944 et de grandes images du désert d'Arabie. Son scénario nous conte les aventures tumultueuses de Manon Lescaut, dont tombe éperdument amoureux Robert Desgrieux joué par un formidable Michel Auclair. Sur une bonne BO signée Paul Misraki, cette histoire d'amour tragique nous offre des scènes touchantes.
Sur un bateau, des juifs et rescapés du génocide immigrent vers l’Israël alors sous mandat britannique. Mais deux passagers clandestins sont menacés d’être livrés à la police d’Alexandrie à leur arrivée. Ceux-ci décident de raconter leur histoire. Un long flash-back démarre en 1944 dans une petite ville normande ravagée par les combats où le jeune couple doit fuir vers Paris pour vivre leur liaison mais qui se perdent dans un chao clandestin. Avouons-le, Henri-Georges Clouzot nous a habitué à des films plus subtiles. En voulant transposer un roman de l’Abbé Prévost à son époque, le cinéaste aurait pu faire un choix plus malin quant au casting. Déjà que certaines séquences tombent trop vite dans le cliché du bien ou du mal, ses comédiens frôlent très souvent le ridicule par leur prestation mineure. Ces deux défauts empêchent sérieusement de ressentir de l’empathie pour ces deux âmes perdues, pourtant l’objet principal de ce mélodrame. D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44 et notre site cinephiles44.com
Bien que lauréat du Lion d’Or remis lors de la Mostra de Venise de 1949, ce film, certes imparfait, demeure assez méconnu. Henri-Georges Clouzot y aborde l’immédiat après-guerre et notamment la violence de l’épuration engagée à l’encontre de ceux qui avaient collaboré avec l’occupant. Quelques plans furtifs marquent les esprits. À travers la jeunesse mise à l’écran, il fait peu de doute que le cinéaste a utilisé ce film pour régler quelques comptes avec l’épuration dont il fut également une des victimes d’un de point de vue professionnel. La symbolique d’ouvrir et de clore Manon par deux scènes de fuite de Juifs vers la Palestine prend aussi tout son sens et sa puissance, notamment pour la scène finale qui emprunte au surréalisme pour frôler la nécrophilie. Comme Manon, film de transition dans la filmographie de Clouzot, cette période aura été aussi éminemment transitoire pour la population juive d’Europe.
Encore un grand Clouzot, ce réalisateur est hors normes, il a toujours des idées visuelles originales et riches de sens. Manon n’en manque pas, au final en particulier (le train, le bateau, le désert) mais également au début avec l’épisode du confessionnal dans l’église de Vire, lors du débarquement en Normandie, lorsque le visage (diable sous ange) apparaît à la place de celui réservé au prêtre. Malgré la noirceur du propos, un certain romantisme se fait sentir à travers des plans expressionnistes, mais c’est un romantisme douloureux. Le massacre des réfugiés juifs par les membres d’un groupe de bédouins est aussi terrifiant qu’incompréhensible. Ce film recèle de grandes richesses psychologiques impossible à résumer. A l’inverse d’autres Clouzot dont les rôles principaux sont joués par de grands interprètes aux talents équivalents, je suis gêné par le couple Aubry/Auclair sans vraiment savoir pourquoi alors qu’avec un tel scénario je devrais être enthousiasme. Connaissant les 11 films de ce cinéaste, je me demande si ce n’est pas voulu pour nous déranger encore davantage.
Très intéressante transposition de la Manon Lescaut à l’époque de l’épuration et de la création d’Israel. Film de 1948 dont l’intrigue commence en 1944. Manon promise à la tonsure pour collaboration horizontale avec l’occupant allemand est sauvée in extremis. On retrouve Helena Manson (déjà vue dans Le Corbeau) en commère poussant à la vengeance contre Manon. Robert Desgrieux (Michel Auclair), en résistant FFI chargé de la garder succombe à son charme. Extraordinaire scène du confessional et du coup de foudre dans l’église dévastée avec les statues comme témoins. Michel Bouquet fait un petit rôle en tant que n°2 du bateau dans lequel le couple s’enfuit en compagnie d’émigrants juifs qui rejoignent la Palestine. Les dernières scènes dans le désert sont stupéfiantes. Serge Reggiani en frère maquereau est aussi à signaler. Difficile de rester intègre dans cette atmosphère de combines de cette période. Montage à distance avec crissement de pneu identiques évoquant les deux moments de dérapage de Desgrieux : lorsqu’il succombe à Manon plutôt que de la garder prisonnière et lorsqu’il commet un meurtre.
Libre adaptation de Manon Lescaut dans la France de la Libération, Manon raconte une histoire improbable entre un jeune homme naïf et une jeune femme arriviste. La première partie s'enlise dans les magouilles de l'après guerre mais le film décolle enfin dans le désert. Les dernières minutes sont superbes.
Adaptation contemporaine du Manon Lescaut de l'abbé Prévost, ce film de Clouzot tourné en 1948 prend pour cadre l'immédiate après-guerre, en évoquant notamment les thèmes de la Libération et de l'immigration des Juifs européens vers la Palestine. Une œuvre d'une grande force, très dure, sur le naufrage d'un jeune couple magnifiquement porté par Cécile Aubry – superbe dans le rôle d'une femme à la fois désespérante par son comportement et attachante par ses failles impossible à résorber – et Michel Auclair. Un final un peu trop long.
Décevant ce "Manon". Je n'ai pas retrouvé le génie d'Henri-Georges Clouzot que l'on a pu voir dans "L'assassin habite au 21" et "Le salaire de la peur". Les dialogues et l'intrigue sont ici peu inspirés avec des passages franchement navrants et niais. Les deux personnages principaux sont fades et leur aspect psychologique peu travaillé. En revanche, la mise en scène relève le niveau avec une image et des plans de caméra soignés. On passe un moment plutôt agréable mais "Manon" manque d'atouts pour le rendre mémorable.
On peut dire qu'on a connu Henri-Georges Clouzot plus inspiré ("Le Salaire de la peur", "Le Corbeau") que dans ce mélodrame trop et assez mal écrit, qui enchaîne les situations médiocres, mises en scène de façon banale. Sans que le film soit vraiment mauvais, on le regarde d'un œil détaché en comptant le nombre de très bonnes scènes, qui sont rares. Il faut attendre la dernière demi-heure et la traversée du désert des personnages pour voir une véritable intensité et plusieurs belles idées de mise en scène se dégager de "Manon"; et malgré une opposition paradis/enfer très forcée, Clouzot parvient à créer une hantise autour de son couple principal, qui doit subir l'aridité étouffante et la mort qui rôde, des sensations que le spectateur ressent parfaitement et qui lui permettent de se rapprocher des personnages dont il était tenu à distance. "Manon" est un film mineur du cinéaste, largement rehaussé par son final désertique éprouvant.
Manon est une adaptation du célèbre roman de l'Abbé Prévost, Manon Lescaut, dont les évènements sont transposés à la fin de la seconde guerre mondiale. Le réalisateur en profite pour régler ses comptes avec tous ceux qui lui avaient interdit de travailler à la libération en donnant une image très sombre de la France de l'après guerre. Ici, point de héros vaillants ni de grandeur d'âme, juste des individus prêt à toutes les combines pour sortir de la misère. Aujourd'hui cela semble peut être anodin, mais dans le climat de l'époque c'était assez risqué. L'histoire de ces amants maudits s'avère extrêmement sombre et pessimiste et l'ensemble a plutôt bien résisté au passage du temps.
Dans la période d'après-guerre, alors qu'ils sont sur un bateau qui vient de partir de Marseille pour Alexandrie, un couple clandestin est découvert par un lieutenant qui les mène au capitaine, qui finira par écouter leur histoire d'amour impossible.
Après Quai des Orfèvres, Henri-Georges Clouzot revient en signant Manon, où il adapte avec l'aide de Jean Ferry le roman L’Histoire du Chevalier des Grieux et de Manon Lescaut de l'abbé Prévost et datant du XVIII ème siècle. Sa première force est d'arriver à transposer cette histoire datant du moyen-âge dans la France libérée, et d'en faire une oeuvre sombre et tragique racontée avec l'aide de plusieurs flash-back qu'il gère avec brio.
Comme souvent dans le cinéma de Clouzot, c'est d'abord dans l'écriture que son film se révèle intéressant et même brillant, que ce soit dans le traitement des personnages et de l'amour qui les lie, ou encore dans le déroulement de l'histoire avec un scénario bien construit proposant des rebondissements bien amenés et pensés. Il opte pour un ton assez réaliste et surtout naturel, ce qui se ressent notamment vis-à-vis des dialogues, et l'oeuvre en devient immersive, le metteur en scène du Salaire de la Peur nous donnant l'impression de vivre l'aventure avec eux.
Il propose une réelle réflexion autour de la société Française d'après-guerre tout en livrant une sombre, impossible, parfois surréaliste, à l'image de leur rencontre, mais finalement magnifique et touchante histoire d'amour. Certaines scènes en deviennent mémorables, à l'image de celle du train ou la finale qui peut paraître dure et même morbide mais qui se révèle finalement touchante. Il démontre une réelle maîtrise pour bien mener son récit et en gérer les personnages, leurs apparitions et les rebondissements.
Il opte pour une remarquable mise en scène capable de faire ressortir toutes les émotions et la tragédie de l'oeuvre, tandis qu'il montre une vraie maîtrise technique derrière la caméra, comme en témoigne de nombreux plans. La photographie en noir et blanc a bien vieilli et est assez belle tandis que sa direction d'acteurs est excellente, capable de rendre leurs personnages crédibles, que ce soit Cécile Aubry, Michel Auclair, ou le toujours excellent Serge Reggiani en second rôle.
Henri-Georges Clouzot signe avec Manon une oeuvre remarquable, proposant une réflexion sur la société d'après-guerre tout en livrant une histoire sombre, belle et touchante, portée par d'excellents comédiens.
Brillante adaptation du roman, la réalisation est parfaite et particulièrement bien servie par le jeu des acteurs, notamment Cécile Aubry. Le scénario est d'une grande noirceur, il se termine par une longue séquence surréaliste pour un final marquant !
L'histoire se déroule en 1944, le jeune Robert Desgrieux tombe amoureux de Manon, un fille amorale. Il l'arrache à une maison close et l'emmenera pour la Palestine... C'est en 1948 que le cinéaste français Henri-Georges Clouzot réalise ce magnifique et troublant mélodrame, qui est servi par un excellent et touchant duo de comédiens formé de Cécile Aubry et de Michel Auclair, et par une mise en scène magnifique qui rend vraiment honneur à cette belle et grande histoire d'amour qui s'avère bien dur et émouvante à suivre. Il ne s'agit peut-être pas du meilleur film du cinéaste ( Les Diaboliques ou encore le Salaire de la peur lui sont quelques peu supérieur ), mais il ait, à n'en point douter, l'un de ses plus riches visuellement. Un excellent Clouzot et qui mériterait d'être plus reconnu