Peut-être un des films les plus personnels de Truffaut, "La Nuit américaine" est non seulement une mise en abyme superbe (Truffaut lui-même joue le rôle du réalisateur qui tourne un film) mais aussi une magnifique déclaration d'amour au cinéma et à ses aléas, entre les problèmes techniques, les caprices d'acteurs et les coucheries avec tout le monde. Le cinéaste connaît bien cet univers-là et nous en dépeint beaucoup d'aspects, de manière parfois drôle et cocasse, parfois tragique mais toujours dans le seul but de nous montrer la magie du cinéma, la difficulté que représente l'acte de faire un film mais aussi la beauté du résultat quoiqu'il arrive. Son personnage dit lui-même "qu'un tournage de film ça ressemble exactement au trajet d'une diligence au Far West. D'abord, on espère faire un bon voyage et puis, très vite, on en vient à se demander si on arrivera à destination." C'est sûrement vrai pour tous les films tournés mais avec ce film, Truffaut a réussi son trajet avec talent et sa diligence est pleine d'enchantements.
Je crois que j'ai vu un des 2-3 meilleurs films de ma vie... Ça fait 1 semaine que je l'ai vu et je ne m'en suis pas encore remis. Truffaut qui se filme en train de faire un film (pour de faux), c'est un tour de force ! Niveau mise en abîme et ambition ça se pose là ! En fait c'est pas compliqué, je crois qu'il y a tout dans ce film, c'est un vrai bijou pour cinéphile. On a droit tant à des scènes de tournage qu'à des scènes off, toutes d'une grande justesse. Rien ne sonne faux. Alors certes le nombre de déboires accumulés fait presque too much mais c'est le but du film. Dès la première scène c'est génial, On est au cœur du film avec d'entrée un plan séquence, puis la caméra recule et on se rend compte que c'est un tournage, simple, ultra simple, mais merveilleux. Le film se permet même de faire semblant de s’essouffler au milieu pour mieux se relancer, exactement comme le tournage fictif, j'ai eu du mal à en croire mes yeux. Les acteurs sont tous incroyables. Il faut le voir pour le croire quand Jan-Pierre Aumont dit à Jean-Pierre Léaud: "Ah oui certaines femmes sont magiques, mais pas toutes hein !". C'est un hommage, un film somme, c'est presque plus qu'un film en fait, c'est pour ça que j'ai envie de le mettre tout en haut de la hiérarchie, car ça déborde de cinéma, c'est une vraie déclaration d'amour au 7ème art. Citons Truffaut pour terminer: "Le cinéma c'est plus beau que la vie".
Situé dans la période la moins faste de Truffaut et encadré de « semi-réussites » (Une belle fille comme moi, L’Histoire d’Adèle H., L’Argent de poche), La Nuit américaine est pourtant digne des meilleurs crus. Dirigés comme toujours de main de maître, tous les acteurs sont excellents, de Jean-Pierre Aumont en séducteur sur le retour à Jacqueline Bisset, si belle mais si fragile en passant par Nathalie Baye, alors débutante. François Truffaut filme avec passion ce cinéma qu’il aimait tant, avec toute sa force de vie mais aussi tous ses artifices (la « nuit américaine », justement). Un film plein de tendresse, de respect et d’amour, aux accents pirandelliens.
Truffaut film avec amour Truffaut entrain de tourner un film avec amour .... c'est subtil, vivant, pétillant et le film dépeint avec talent la façon de faire du cinéma en jonglant avec les acteurs et leurs caprices, mais aussi tout ce qui tourne autour : producteur, régisseur, maquilleuse, accessoiriste, assistante au réalisateur, scripte, trucages, prises, re-prises, rushes, trac, alcool, jeux d'amour, drames personnels.... avec pour ciment l'amour du cinéma.
Un film absolument fascinant, à la fois documentaire, romance et thriller, La nuit américaine est un vrai bijou. Le réalisateur nous embarque dans son monde et nous plonge au cœur de la création artistique, ou plutôt du douloureux accouchement que représente la réalisation d'un film. Cette mise en abime est fine, légère, sublimement mise en scène et rend un hommage vibrant au cinéma. Nous, simples mortels, sommes invités dans cette grande famille, et nous ne sommes pas déçus : narcissisme, coucheries, caprices et problèmes d'argent.... quel bonheur !! Enfin, Jean-Pierre Léaud, comme d'habitude, est immense.
Truffaut lui-même l’explique à un candide au cours du film : La nuit américaine, c’est le tournage pendant le jour de quelques plans nocturnes. Le titre fixe le décor ; longtemps après Les quatre cents coups, le cinéaste se raconte encore, mais cette fois bien différent. Ce qu’il relate, avec sa finesse et sa grâce habituelles, c’est tous les petits bonheurs, les petites misères, les soupirs, les espoirs qui agitent un plateau de cinéma. Le choix des acteurs, des costumes, des accessoires, les rushes à relire, les prises à refaire, les scripts à changer à la dernière minute. Les figurants qu’il faut guider, les journalistes qu’il faut gérer, les amourettes entre les scènes. Une diva déchue qui a perdu la tête, une starlette inconstante, un chaton qui débute, des assureurs craintifs, un producteur inquiet, et au milieu le chef d’orchestre, tout en prévenance, en renoncement, en volonté, toujours prêt pour répondre, choisir, acter, céder, trouver une autre voie, et puis une autre, et puis encore. Comme dans tout microcosme, il y a les attachants, les pâles et les insupportables, il y a les idiots, les astucieux, ceux qui prennent tout à cœur, ceux qui savent garder leur recul. Certains agacent, d’autres éblouissent, mais toujours la mise en abyme plurielle reprend la main, suite de scénettes portée par les envols charmeurs de Georges Delerue où l’image et la réalité s’inspirent l’un l’autre à chaque instant. De la prise des quartiers à l’hôtel jusqu’à la séparation du final, c’est à tout un processus créatif que nous convie le metteur en scène, quelque fois commentant, en général laissant le cinéma s’exprimer. Il a raison.
Pour les 80 ans du réalisateur qui nous a hélàs quitté beaucoup trop tôt, il fallait que je revois un de ses films ("revois" car je les ai tous vu !!!). Et pourquoi pas "La Nuit américaine", film que j'avais vu il y a déjà un bon bout de temps et qui m'avait laissé un très bon souvenir. Le très bon souvenir a été confirmé. Ce film est du très bon Truffaut. On nous présente un tournage et on se laisse entièrement prendre les péripéties autour de celui-ci. C'est vif, c'est parfois même lyrique en grande partie grâce à une BO exceptionnelle de l'exceptionnelle Georges Delerue, c'est frais. On s'attache à chacun des personnages. Au passage, le réalisateur, qui est aussi acteur dans le rôle du réalisateur, nous refile l'air de rien quelques petits trucs techniques. Sauf Jean-Pierre Léaud qui n'est pas toujours dans le ton juste en acteur infantile, le casting est parfait, et ça confirme aussi que Jacqueline Bisset est vraiment une des plus belles actrices de cinéma. Quelques références à quelques grands réalisateurs bien sûr... Pour résumé, "La Nuit américaine" vous fait aimer le cinéma, et même encore plus vous donne définitivement envie de faire du cinéma.
François Truffaut signe une magnifique déclaration d'amour au cinéma sans pour autant embellir le milieu qu'il dépeint. Malgré sa volonté d'être dans le réalisme, il ne tombe jamais dans le documentaire et raconte une belle histoire sentimentale.
Apparemment considéré par bon nombre de spécialistes comme étant l'un des films les plus aboutis de Truffaut, "La Nuit Américaine" fut réalisé post-68, c'est-à-dire à une époque où les différents cinéastes de la Nouvelle Vague avaient chacun, encore plus explicitement qu'auparavant, tracé une ligne de conduite tout à fait personnelle. Autre élément à mon avis majeur dans l'optique de comprendre le pourquoi de la chose, F.T. avait en 1973 terminé ses entretiens avec Sir Alfred et même pu prendre un peu de recul à ce sujet. D'où la conséquence suivante : le réalisateur s'est de façon évidente senti investi d'une mission (dit comme cela c'est caricaturer le propos car jamais il ne fait preuve d'aucune prétention, bien lui en a pris d'ailleurs) consistant à présenter au public une sorte de mélange entre des méthodes de tournages telles que les concevait notre cher François et le fantasme de l'exécution de productions dans des conditions de studios, chose déjà quasiment reléguée aux oubliettes. Ainsi peut-on percevoir chez le metteur en scène le regret d'être "né trop tard", notamment à travers une vision idéalisée et quelquefois naïve de ce que l'on nomme communément le septième art en même temps que l'on a l'impression d'assister comme je le disais plus haut à une confession professionnelle, genre "ma façon de tourner", ce que son comparse Chabrol a par exemple exposé dans un bouquin des décennies plus tard. Les anecdotes affluent, leur principal intérêt étant de se situer de façon trouble entre l'autobiographie et la fiction. Bien joué et dans l'ensemble assez prenant, "La Nuit Américaine" souffre toutefois de rebondissements mille fois prévisibles ou bien plus décevant d'une forme tout à fait convenue. La prise de risque ne faisant pas ici partie du vocabulaire de notre réalisateur, on regarde avec plaisir quoique parfois distraitement un long-métrage que l'on pourrait qualifier de programmé pour les fans de Truffaut, dont je ne fais pour l'heure pas partie...
Aux studios de cinéma de La Victorine à Nice, un cinéaste commence les prises de vues de son prochain film. Ce qui devait être quun simple tournage va savérer être tout autre chose. En effet, dès le premier jour, les ennuis commencent. François Truffaut nous montre de façon très réaliste et à la fois tellement drôle, les mésaventures que vive une équipe de tournage. Tous sont concernés, que ce soit le producteur (Jean Champion), le réalisateur (François Truffaut), la scripte (Nathalie Baye), laccessoiriste (Bernard Menez), la maquilleuse, le régisseur, les caméramans, les perchistes, le bruiteur et bien évidemment les acteurs et actrices (Jacqueline Bisset, Jean-Pierre Léaud, Dani, etc). Tous ces protagonistes, quels quils soient, mêleront tant bien que mal, vie privée et vie professionnel, entre les caprices de stars et leurs déboires sentimentaux. Ajouté à cela la pression du producteur sur lensemble de léquipe du film. François Truffaut nous plonge littéralement en plein cur dun tournage, au fil des jours qui se suivent mais qui ne se ressemblent pas. Tout est montré, ici, sous laspect dun documentaire, le réalisateur se livre, se confie tout en nous faisant partager cette ambiance, cette osmose qui règne au sein de cette équipe où lesprit collectif et bonne camaraderie prime durant tout le film. Une uvre qui permet à tout cinéphile de comprendre le rôle de chacun dans la réalisation dun film. François Truffaut, un des piliers de la « nouvelle vague », a obtenu en 1973, lOscar du Meilleur Film Etranger pour cette fabuleuse et remarquable Nuit Américaine !
Je viens de le voir avec ma classe au cinéma et j'ai adoré, la réalisation est très bien maitrisée, le casting est brillant, le scénario est jamais ennuyant... Et pour une fois l'idée du film dans le film est très bien exploitée !! Malgré l'aspect très réaliste du film, François Truffaut ne tombe jamais dans le documentaire et nous offre une histoire touchante et prenante à la fois. Une belle approche du monde du cinéma... A voir !!
La Nuit américaine est un film qui cible un public précis, les amoureux du cinéma, non pas le cinéma et le résultat final que l'on voit sur grand écran ou sur petit écran chez nous mais l'envers du décors la création du film . Ce film est là pour ceux qui aiment les "Action on tourne", les acteurs qui tapent leur crises de nerf et font leur caprices, les galères des tournages, les claps, les scènes ratés qu'il faut refaire, les problèmes de productions, les décors, la musique et accessoires puis le "Très bien coupez" .
Dans ce film on suit le tournage d'un film, on suit avant tout les galères et soucis en tout genre qu'il peut y avoir, on y voit les petites astuces et la difficulté de certaines scènes comme faire jouer un chat ou devoir continuer un film quand un acteur essentiel décède . Bourré de référence cinématographique a Hitchcock, Godard, Hawks, Copolla et j'en passe François Truffaut qui joue ici son propre rôle de réalisateur dévoile son amour immense au cinéma dans un hommage aussi drôle que sincère .
Mais le cinéma c'est la vie, parfois la réalité rattrape la fiction, l'amour et les ennuis sont présents et ce tournage n'est vraiment pas de tout repos . On y retrouve vraiment une vision juste du monde du cinéma, on ne s'attarde pas que sur les acteurs et le réalisateur mais sur tout le monde, personne n'est oublié, maquilleuse, photographe, cadreur, figurants, accessoiriste et j'en passe . Puis la scène final ou le tournage se finit et que l'on entend "bon ben on se retrouvera a pointer au chômage" dévoile la vraie facette de ce monde trop éphémère .
La Nuit Américaine est une pépite, un hommage aux gens qui réalisent des films, aux années 70, au cinéma Français, au cinéma tout court . François Truffaut juste et honnête dans sa vision de ce monde qu'il affectionnait tant . Ce film est surement celui qui représente le mieux l'univers du cinéma et qui lui rend le mieux hommage .
Une énorme mise en abîme de 2 heures, parfaitement rythmée, jamais ennuyante, alors que globalement les évènements rapportés doivent êtres assez courant pendant le tournage d'un film (sauf quelques uns qui servent à dramatiser le récit). Un film pour les amoureux du 7ème plutôt, il pourra aussi bien vous décourager que le contraire.