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Un visiteur
4,5
Publiée le 22 février 2012
Oscarisé en 1973 pour meilleur film étranger,il causa aussi la fin de l'amitié entre Godard et Truffaut. Le pitch est assez simple: un film qui raconte le tournage d'un film, Truffaut se contente de ça et créer une histoire semée d'embûche et de rebondissement mais qui se termine toujours bien et ne nous détournes pas du tout de l'objectif principale de l'histoire:terminer le film. Ainsi ,entre-temps, on assiste aux déboirs d'une ancienne actrice de Féllini, usé par la vie, un jeune acteur chamboulé par ses pseudo-histoires d'amours et pose toujours cette question "Est-ce que les femmes sont magiques?", une célèbre actrice sortant d'une dépression, des producteurs, des techniciens, personnes n'est oublié pas même le cascadeur. Evidemment, le réalisateur non plus n'est pas oublié, joué par Truffaut lui-même, aussi spectateur des évènements qui se passe autour de lui et joue d'une manière très spéciale, les autres acteurs en font de même, le manque de naturel dans le jeu est totalement assumé et c'est le style typique d'un film de Truffaut. Le réalisme du film est tel qu'on dirait autant un documentaire qu'une fiction. A travers quelques passages musicaux du film, nous ressentons la passion qu'éprouve Truffaut en réalisant un film et toutes ses étapes, celui-çi ne se gêne vraiment pas, sans compter des scènes de rêve véritable hommage au cinéma, où Truffaut rêve d'un petit garçon qui vole des images du film "Citizen Kane". Côté acteur, le casting est brillantissime avec Jean-Pierre Léaud, au jeu naïf et enfantin,Jacqueline Bisset, poignante et attachante ou encore Nathalie Baye qui malgré peu d'apparition reste très impertinante et drôle. François Truffaut quand à lui est toujours excellent et son jeu très personnel embellit la qualité du casting. Il serait donc dommage de passer à côté.
Une nuit américaine apparait comme une lettre d'amour de Truffaut au cinéma.
Il y dépeint le déroulement d'un tournage avec toutes les contraintes que cela comporte (les producteurs sur votre dos, tout le monde pose des questions, il faut terminer le film avant tel date, les assurances, les caprices des acteurs.) Un boulot de titan!
Des références aux cinéastes qu'il aime.
Des dialogues pertinents: "D'abord, on espère faire un bon voyage et puis, très vite, on en vient à se demander si on arrivera à destination."
Truffaut conclut : « Je sais, il y a la vie privée, mais la vie privée, elle est boiteuse pour tout le monde. Les films sont plus harmonieux que la vie, Alphonse. Il n'y a pas d'embouteillages dans les films, il n'y a pas de temps morts. Les films avancent comme des trains, tu comprends ? Comme des trains dans la nuit. Les gens comme toi, comme moi, tu le sais bien, on est fait pour être heureux dans le travail de cinéma ».
Et comment ne pas tomber totalement sous le charme de Jacqueline Bisset.
Truffaut nous fais partager le quotidien d'un réalisateur pendant un tournage mouvementé et c'est magique.
Film dans le film. Truffaut a su décrire avec justesse et parfois beaucoup d'humour la difficulté de créer un film. C'est paradoxalement à la fois onirique et réaliste. C'est un film qui donne envie de faire du cinéma ! Un véritable chef-d'oeuvre.
Eloge d’une passion, dithyrambe d’un art ; Truffaut rend hommage à sa raison de vivre, déconstruisant le spectacle traditionnel avec ce « film dans le film », cite ses modèles, ses amis : Godard, Hitchcock, Lubitsch, Cocteau…, honore les techniciens : assistant, scripte, costumier… et donne avant tout une leçon de cinéma, d’une mise en scène qui n’a rien perdu de sa modernité. « Chef d’œuvre dans le chef d’œuvre » en somme.
Enfin, un Truffaut acceptable. On pourra lui reprocher de vouloir nous présenter le cinéma de façon un peu trop didactique à mon goût comme la scène du colis qu'il se fait livrer: Plan serré sur le paquet qu'il ouvre pour nous faire découvrir avec insistance les réalisateurs et les auteurs qui ont compté pour lui. De nos jours, Abd Al Malik ne s'y prendrait pas autrement en citant trois philosophes (Deleuze, Derrida et Debray) au détour d'une chanson. À propos de musique, une fois encore Georges Delerue en composant la BO, aura su donner une âme à des images finalement assez banales.
Un hymne au cinéma, 2h de bonheur, d'anecdotes, de coulisses, au travers d'un film dans le film, un faux documentaire, mais incroyablement réaliste. On sent le vécu et tout l'amour de Truffaut pour son art, le talent des acteurs et la pertinence des situations fait le reste. On monte avec lui dans le TGV le temps d'un tournage : le Cinéma regne en maitre ici ! Enorme !
Un trés beau film de, par et pour le cinéma! Monsieur François Truffaut signe une mise en abîme du cinéma itself comme il y en a peu eu avant et comme il y en aura peu après. Rien que pour la musique et les acteurs le film est un bijoux!
"La nuit américaine", poème d'amour dédié au cinéma et l'un des meilleurs Truffaut. Merveilleuse musique de Georges Delerue, pleïade d'acteurs, dont le double de Truffaut, Jean-Pierre Léaud, entouré de Jacqueline Bisset, Dani, et la toute débutante Nathalie Baye. Un film qui n'a pas pris une ride.
Un film qui ne reste une référence que pour ceux qui ont été jeunes à cette époque, les autres y verront un film qui n'avancent pas avec des acteurs dont le role tourne en rond.
Il y a ceux qui ont peint un carré blanc sur fond blanc. Il y a aussi ceux qui ont posé un urinoir sur un piédestal et en on fait une fontaine. Et enfin il y a ceux qui ont fait d'une banale conserve de soupe un tableau à accrocher dans les galeries d'art...
C'était là toute la magie instaurée par l'art contemporain : déconstruire les représentations pour éduquer le regard ; montrer l'artifice pour mieux le faire conscientiser ; bref faire de l'art qui ne s'intéresse qu'à l'art en lui-même... Si je prends la peine de préciser tout cela c'est bien évidemment parce que je vois de ça dans cette "Nuit américaine" de François Truffaut... ...Je ne vois même que ça, peinant à y voir autre chose.
Or le souci c'est qu'en 1973, faire un film qui ne cherche qu'à se questionner lui-même ça a d'une part déjà été fait ("Le Mépris", toi-même tu sais...) et surtout - d'autre part - ça ne suffit clairement pas pour tenir deux heures durant. Bah oui : parce que c'est justement tout le problème avec la déconstruction dans l'art : si tu ne parviens pas à construire quelque-chose derrière, l'intérêt ne dure qu'un bref instant. Car questionner l’œil c'est bien, mais donner à voir ça reste quand même mieux.
Aussi je ne retirerais certes pas à cette "Nuit américaine" du fait qu'elle dispose d'une belle scène d'introduction qui sait jouer d'une habile espièglerie par rapport au regard que nous portons sur les choses au cinéma. De la même manière que je reconnaitrais fort volontiers que la conclusion parvient aussi à tirer quelque-chose de signifiant de tout ce dispositif...
spoiler: Avec la mort d'Alexandre on découvre à quel point tout ce monde tournant autour de la falsification finit par produire des individus eux-mêmes déconnectés de toute réalité humaine. Malgré la perte d'un des leurs l'équipe reste sur son rail, avec la même précipitation et les mêmes préoccupations artificielles.
On continue de parler d'assurance, de temps de tournage, de remplacement d'acteurs.
Au final le film boucle sur lui-même, reproduisant *ad nauseam* la même scène, rendant chaque changement y compris de personne - totalement insignifiant.
Pourquoi pas...
Alors soit, entre l'introduction et la conclusion, voilà deux moments de dix minutes chacun qui ont su capter mon intérêt, mais entre ces deux extrémités j'ai clairement peiné à voir autre chose qu'une simple exposition du monde du cinéma. Et l'air de rien tout ça dure une heure et demie, soit la durée d'un film entier. Un film entier perdu en pure démonstration superficielle. Des détails et déboires, rien de plus. Une simple démarche nombriliste histoire de tout bien résumer la chose.
Et c'est d'ailleurs sûrement cette attitude qui m'a le plus exaspéré face à ce film : constater qu'au fond le cinéma peut ici se réduire à l'exposition de ceux qui le font et rien de plus. Truffaut ne semble pas voir le problème. Le sujet fait la forme. La déconstruction fait l'édifice. Ainsi n'est-il pas nécessaire de creuser puisque l'évocation suffit. Et quand bien même la conclusion module-t-elle *in extremis* cet état d'esprit de fascination de soi, tout le reste du film n'est qu'autosatisfaction et autocitation ; la démarche trouvant son point d'orgue quand le personnage de Ferrand / Truffaut en vient à dégueuler presque littéralement ses références cinématographiques sur le table à grandes cascades de livres.
A bien tout considérer, ce film a finalement très bien choisi son titre : "la Nuit américaine". La référence à l'artifice est évidente, mais il a fallu malgré tout que l'artifice qui a été choisi soit celui qui fonctionne le moins à l'écran, surtout dans les années 70. Parce qu'en effet, à cette époque-là, la nuit américaine c'était quand-même un effet bien laid. C'était même si mal fait que ça rappelait à chaque fois au spectateur qu'on était en train de regarder un film fait d'artifices, et cela quelle qu'en soit la qualité. Voilà au fond qui résume très bien cette "Nuit américaine". C'est un film factice. Mais comme il s'assume il faudrait y voir une différence.
Alors après tout pourquoi pas... Si vous aimez contempler des carrés blancs sur fond blanc ou des réalisateurs filmer des caméras, faîtes-vous plaisir, la "Nuit américaine" c'est du cinéma fait pour vous. Mais personnellement, j'avoue conserver une préférence pour des films qui privilégient le fait de lever les yeux vers l'horizon plutôt que de bêtement se reluquer le nombril.
Truffaut a fait des chefs d’œuvres.... mais pas celui là..... ok, ce documentaire est oscarisé mais tout le monde peut se tromper. Heureusement qu'il y a Jacqueline Bisset car il faut se taper les mauvais jeux d'acteurs de Truffaut et Léaud, ça fait beaucoup et je n'arrive pas à croire au scénario, beaucoup trop gentil pour le milieu du cinéma....... une vague oui, mais une vaguelette pour les copains......
Nathalie Baye est dans ce film formidable, charmante et possédant une présence absolue. Elle joue l’assistante du réalisateur qui va au fur et à mesure du tournage devoir gérer des affaires personnelles autant que professionnelles. Son personnage est l’un des plus intéressants du film, elle est spontanée et responsable, travailleuse et espiègle et joue tout cela avec une grâce étonnante.
La mise en abyme dans cette histoire est juste splendide et superbement mise en scène, poussée à son extrême pour notre plus grand bonheur, nous, cinéphiles. La petite séquence où des livres vont être posés l’un après l’autre sur une table, est elle-même une sorte de mise en abyme. C’est un sublime hommage à ces réalisateurs qui, visiblement, ont inspirés Truffaut pour ce film et qui leur voue une grande admiration. Il leur rend hommage de la plus belle manière qui soit et on voit passer avec plaisir des couvertures sur Bergman, Hitchcock, Godard, et j’en passe.
François Truffaut, réalisateur et acteur de ce film, où il joue le réalisateur du film en train d’être tourné, est parfait, joue simplement et comme il faut, son propre rôle en quelque sorte. Le reste du casting est lui aussi formidable, représentant la quintessence du cinéma, comme Jean-Pierre Léaud, acteur fétiche de La nouvelle vague, ou Jacqueline Bisset, très belle découverte dans ce film, resplendissante et amenant une belle fraîcheur.
On se croirait presque dans un documentaire, puisque, en plus du fait que Truffaut, le réalisateur, joue lui-même le réalisateur du film tourné dans ce film, on y découvre les différentes étapes du tournage (la vie dans les loges, le visionnage des rushs…), mais aussi certaines techniques cinématographiques (l’éclairage de la bougie, la pluie sur les vitres, la neige…). Un double monde s’offre à nous : celui du tournage, pénible et joyeux, compliqué et drôle ; et celui de la vie de tous les acteurs (au sens large) de ce tournage, de la star venue de l’étranger pour le film, à l’accessoiriste qui va et vient au fur et à mesure des besoins techniques. On va suivre parallèlement le fil de ce tournage et les vies compliquées de ceux qui le peuplent, de la femme enceinte à l’homme quitté.
J’ai beaucoup apprécié la mise en scène, construite à base de petits plans-séquences la plupart du temps, à commencer par celui de la scène d’ouverture, exemple parfait s’il en est de mise en abyme. Cette première séquence nous entraîne directement dans le vif du sujet, et le ton déjà est donné magistralement.
A voir absolument pour toutes ces découvertes sur l’envers du décor, entre caprices d’acteurs et exigences de producteurs, entre explication la plus simple d’utilisation de techniques et démonstration de tournage de plans.
Une œuvre édifiante, intelligente et éblouissante.
10 ans après Godard, c'est au tour de Truffaut de faire son "film sur un film" ; le résultat est excellent. La Nuit américaine est un film brillant, didactique et drôle. Grâce au procédé de mise en abyme, le spectateur semble intégré à cette troupe de joyeux lurons. Acteurs caractériels, assistants débordés, producteurs casse-pieds, voilà l'envers du décor de la machine cinématographique ! On prend vite fait et cause pour ce pauvre réalisateur à qui il arrive toute la palette des "emmerdements" possibles. La caméra tantôt observe le tournage, tantôt filme directement "Je vous présente Pamela", dans un jeu de mise en scène parfaitement maîtrisé. Truffaut se fait plaisir en clamant son amour du cinéma, il nous fait plaisir avec un film hautement réjouissant. Bravo !
Truffaut voulait ici montrer au public l'envers du décor. Une façon américaine de dévoiler la fabrication d'une émotion: la fuite d'un homme avec sa jeune conquête. Foisonnant et truffé de détails intéressants pour un néophyte et un reportage romancé au coeur d'une double histoire: celle des comédiens qui transcendent leur vie. C'est aussi évidemment un très bel hommage au cinéma "les problèmes personnels ne comptent plus, le cinema règne"