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_Gekko_
115 abonnés
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5,0
Publiée le 21 février 2010
J'ai envie de dire que c'est une tuerie intégrale. Je connais, d'ailleurs très peu voire pas du tout, l'âge d'or du cinoche français. Alors un long métrage réunissant le quatuor magique Michel Audiard/Henri Verneuil/Jean Gabin/Bernard Blier c'est une première pour moi. Et quel dépucelage ! En premier lieu, je tiens à signaler que le gros point fort du film, ce sont les dialogues. C'est dingue, chaque réplique fait mouche. En terme d'écriture c'est juste le haut du panier, difficile de faire mieux, et en plus si c'est joué par de grands acteurs (comme c'est le cas ici) et bien c'est le panard total. Pour s'en convaincre, il suffit d'une scène: le monologue du président du conseil Émile Beaufort (incarné par le monstrueux Jean Gabin) à l'assemblée nationale. Là on atteint des sommets, quel sens de la répartie, quelle verve. C'est impressionnant, j'en veux plus souvent des présidents comme ça. A côté de cela, la réalisation n'est pas en reste, Verneuil a un sacré sens du cadre: sa composition de l'image est millimétrée, et par conséquent ses plans sont superbes. Le président est, à mon sens, un chef d'oeuvre. Et il nous démontre, malheureusement, que malgré le poids des années (un demi siècle tout de même) la politique n'a pas fondamentalement changée. Il me reste donc à découvrir les autres oeuvres du cinéaste, avec si possible Michel Audiard en tant que dialoguiste.
C'est un film d'une actualité brûlante. Les petites phrases de Jean Gabin font mouche. On découvre, amusé, que dans tous les gouvernements, tous les ministères (déjà en 1961, date du film) d'immondes petits fils de putes de crapules étaient, sont et seront dans les rouages obscures de ce qu'il est convenu de nommé "Etat" et qui est sensé diriger le peuple. Jean Gabin, flamboyant président du conseil,libre, honnête, sans concession faisant la nique à l'ensemble de la représentation nationale en les renvoyant dos à dos est magistral. A fortiori doublement, lorsqu'il choisi pour finir de quitter la salle en les abandonnant comme des sales mômes chahuteurs et suffisants. Bernard Blier dans le rôle de la loque sans honneur est assez bon.
Un ancien Président du conseil (Jean Gabin), façon quatrième république, écrit ses mémoires et cherche à éviter le pire au pays. Verneuil a toujours été tenté par la critique sociale. Presque toujours présente dans ses films policiers (par exemple dans « I comme Icare »), elle représente l’essentiel de certaines productions, comme celle-ci : un président au service de la France, qui constate avec amertume que tous les autres font de la politique par intérêt personnel. La forme a de l’élégance, avec ses alternances de dictées du président à sa secrétaire, de scènes du passé, et de scènes du présent. Le tout créant une ambiance cohérente, douce-amère, plutôt agréable, pimentée de discours politiques aux répliques cinglantes signées Audiard (il y a aussi des poissons volants, mais ils ne constituent pas l’essentiel de l’espèce). Sur le fond, Verneuil développe la thèse « tous pourris sauf les gens simples et moi-même » : journalistes, secrétaires, politiciens et autres en prennent pour leur grade. La thèse fait évidemment recette, vu sa démagogie, mais un tel manichéisme, avec des effets aussi appuyés, s’il est roboratif sur le moment, ne fait finalement qu’illustrer la citation de Talleyrand : « tout ce qui est excessif est insignifiant ». Un réquisitoire vain, mais joliment emballé, avec un rôle en or pour Gabin, qui l’interprète d’ailleurs excellemment.
Une narration poussive ... pas mauvaise mais poussive. L'histoire racontée manque de dynamisme psychologique (malgré les très bons dialogues d'Audiard) et les péripéties sont médiocrement amenées (elles font pschitt ...!). Film qui se regarde toutefois sans déplaisir. Ce qu'on retient surtout de ce film, c'est son attaque idéologique et politique très virulente ... Bref, un film pamphlet avant tout.
Un polar politique intelligent, ciselé avec précision par Verneuil qui a toujours le sens du spectacle. Les acteurs sont superbes avec notamment un blier véreux à souhait.
Le Président est un film basé sur un roman de Simenon réalisé en 1961 par Henri Verneuil. Cette confrontation entre Jean Gabin (Emile Beaufort) et Bernard Blier (Philippe Chalamont) est extraordinaire. Le film est magnifiquement construit, le binôme d'acteurs est juste fabuleux, la musique de Maurice Jarre habille l'image de manière somptueuse et les dialogues de Michel Audiard sont absolument succulents, ils montrent la perversité des différents personnages avec délice. Tout est très fin, bien amené, c'est un plaisir de suivre cette intrigue. Un réel chef d'œuvre à découvrir ou à redécouvrir. C'est fabuleux.
De la politique fiction française au cinoche, c'est rare. D'autant plus en 1961, dans les premières années de la Ve République. Cette adaptation du roman de Georges Simenon, que je n'ai point lu, est servie par un Gabin des grands jours, avec une pincée de Audiard savoureuse. Le débat à la Chambre des députés constitue le sommet du film. C'est grandiose. Le film met bien en exergue les arcanes du régime républicain. C'est la IIIe République qui est pointée du doigt, comme le confirme par exemple la référence à la Grande guerre, mais le spectateur ne doit pas être dupe : c'est bel et bien de la IVe République qui occupe le banc de accusés. Aujourd'hui encore, "Le président" surprend par les thèmes qu'il développe, et qui sont en plein dans l'actualité (l(Europe, les rapports entre la politique et les milieux financiers, ...). Seulement deux étoiles ? Le film est globalement barbant, seule la partie centrale présente un réel intérêt. Par ailleurs, j'aurais aimé que le film aille plus loin dans la dénonciation des dysfonctionnements du régime.
Le président est une impressionnante leçon de politique d'Henri Verneuil avec un Jean Gabin époustouflant dans le rôle du président.
Pourtant je me suis profondément ennuyé la première heure. Le réalisateur nous plonge dans les arcanes du pouvoir politique avec son lot de tractations en coulisses ce qui crée d'inévitables longueurs. De plus, le film est presque uniquement porté par Gabin malgré la présence de Bernard Blier dans un second rôle que j'ai trouvé trop discret.
Mais quel revirement à partir de la célèbre scène dans l'assemblée. Sur un texte d'Audiard écrit sur-mesure pour le phrasé de Gabin, l'acteur magnifiquement filmé par Verneuil expose tout son talent dans un long monologue de dénonciation. Tout est dit et toute la politique est revue en détail avec une incroyable acuité et actualité. Pour moi c'est une scène culte dans la filmographie de Gabin.
Même si le président est du genre de la "politique-fiction" on retrouve de nombreux parallèles avec l’histoire politique et ses hommes de la IIIe et IVe république. Les plus jeunes spectateurs, eux, seront saisis par la modernité du propos.
Film politique qui n'est pas ma tasse de thé. Tout est sujet aux coups bas et aux critiques sans fin. Le duel est intéressant mais le thème plairait aux aficionados
La carrière de Gabin se recycle en politique, avec tellement d'audace dans le propos qu'elle y a forcément causé un remous. Un peu plus long que la moyenne avec ses cent minutes de bobines, Le Président est une grande machinerie de dialogues bien tournés qui y perdent au passage tout leur charme audiardesque. C'est une grande perte pour une création qui ne se retrouve avec pour avantages que la clarté étonnante de ses partis pris. Moins tous publics que la moyenne aussi, c'est un concentré de toute la vérosité politique avec une touche d'humour noir et beaucoup de blabla.
Un exemple parfait du « cinéma de papa » en opposition duquel s’est développée la « nouvelle vague ». Bien que tiré d’un roman de Simenon, le scénario est très mince, et la réalisation impersonnelle. Le « discours » politique, non dénué d’intérêt, est plutôt racoleur, sous-tendu par aucune analyse. Le film ne semble finalement fait que pour quelques morceaux de bravoure (dans lesquels Jean Gabin cabotine) et les dialogues de Michel Audiard (qui recèlent c’est vrai des tirades appréciables).