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Nicolas S.
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3,0
Publiée le 7 mai 2019
Jean Gabin dans le rôle titre, Bernard Blier dans un rôle important et Michel Audiard aux dialogues : voilà de quoi éveiller la curiosité de quiconque apprécie les films de ces grands noms du cinéma français.
Avec "Le Président", l'équipe s'attaque aux affres des IIIème et IVème Républiques, en s'inspirant fortement de certaines figures politiques historiques comme Georges Clémenceau.
Cela pour mieux attaquer les tergiversations des français vivant sous la Vème République concernant l'élargissement des pouvoirs conférés aux comités européens pour créer des États Unis d'Europe (sorte d'Union européenne fédéralisée), mais également le manque de courage des politiques face aux enjeux électoraux ou aux politiques financières pour éviter la récession.
Le message (en réalité celui de Georges Simenon, qui a écrit le livre dont ce film est l'adaptation) a donc une résonnance particulière au XXIème. Soit le film était d'une grand modernité, soit rien n'a changé depuis.
Toujours est-il que la scène du discours de Jean Gabin dans l'hémycicle est le zénith du film : la mise en scène est très moderne (ce plan qui consiste à balayer de manière circulaire le Parlement), Jean Gabin y livre une incarnation forte de cet homme politique déjà dépassé par son temps et qui livre une leçon de morale et un avertissement aux parlementaires sur la moralité et le courage en politique, et les dialogues sont ciselés. Peut-être la meilleure raison de voir ce film.
Cependant, hormis cette scène, le film souffre d'un rythme assez plat. Il tire parfois un peu trop en longueur, ce qui pourra perdre une partie du public. Je me suis même surpris parfois à surfer sur mon smartphone pendant le film mais à rire quand même à certains dialogues, puis à oublier mon portable et à revenir d'un coup dans le film.
C'est le point faible du film et ce qui justifie qu'au final, je ne lui mette que la moyenne, malgré ses autres qualités indéniables. Cela gâche un peu l'expérience.
Verneuil et Audiard en créant ce président, se sont inspirés non pas d’un seul homme, mais de plusieurs personnalités marquantes de la politique française : Jaurès, Clémenceau et De Gaulle, de toute évidence. Le concept est intéressant sauf que le film ressemble moins à une représentation réaliste de véritables personnages que l’exercice stylistique d’un excellent dialoguiste qui se « lâche », et d’un très bon réalisateur mettant en scène de merveilleux acteurs. Ainsi les caractéristiques de Beaufort semblent n’avoir été imaginées que pour constituer l’antithèse de Chalamont. Le premier est aussi flamboyant, autoritaire, et bourru que le second est veule, prompt au compromis, et affable. Ainsi l’intrigue donne t'elle lieu à un déploiement de « tirades » somptueuses (au sénat), et de joutes verbales politiques savoureuses (avec Chalamont) ou morales (avec Mileran). Hélas, elle ne repousse pas l’ennuie qui s’instille entre les scènes. Et pour cause, les personnages, poussés par une instrumentalisation extrême, semblent désincarnés, évoluant dans les méandres d’une histoire peu probable. Les aveux de Chalamont surviennent trop aisément, son absence de certitude et de programme politiques est exagérée.
Sans la nommer, le film de Verneuil, d'après Simenon, reflète le visage de la Troisième République, et c'est son principal intérêt. Critique jusqu'à la caricature, le film est un pamphlet dont la cible principale est la députation, tellement décriée à l'époque pour son impuissance et son inefficacité. Au cours d'une fameuse et spectaculaire scène où il affronte l'Assemblée qui s'apprête à le censurer, le Président (du Conseil) dénonce l'affairisme des parlementaires, représentant les lobbies plus que le peuple, nous dit-on. Le discours est manichéen qui oppose l'intégrité d'un homme politique par vocation à une bande de politiciens de métier, tous administrateurs, semble-t-il, d'une banque ou d'une multinationale. Toutefois, tant de vertu en la personne du Président, tout Gabin qu'il est, peut laisser incrédule, sauf à considérer que le personnage est une abstraction de l'honnêteté et de la conscience du devoir. Jean Gabin incarne un président du Conseil façon Michel Audiard, c'est-à-dire avec le sens de la formule et un bon sens aux accents populistes ou poujadistes. Cette figure politique manque sans doute de nuances et le récit de subtilité. Dans les coulisses du pouvoir -que le Président, du fond de sa retraite, dévoile dans ses mémoires- on croise des personnalités de la République, un peu typées certes mais pas sans charisme.
C'est un bon film français avec J. Gabin en tête d'affiche traitant de politique. Bien que le film ne soit pas basé sur des faits avérés, on peut reconnaître ou imaginer reconnaître certains événements vieux ou anciens.Le film est bien construit et se regarde bien. Les dialogues mériteraient surement une écoute plus attentive ou une seconde lecture. Par contre la musique est peu fade.
4 étoiles pour l'interprétation des acteurs! Gabin est immense et complétement investi dans son rôle d'ancien président du Conseil, on croirait à un vrai chef d'Etat tant le naturel de sa diction, sa prestance est bluffante. Au niveau de l'histoire, c'est autre chose, je me suis vite trouvé dépassé, un peu dur à suivre car la politique n'est pas mon fort et ces gens-là (les politiciens) emploient des termes, des débats, discours souvent complexes dans lesquels bien souvent, il n' y a qu'eux qui se comprennent. Reste que certaines scènes valent le détour, ne fût-ce que pour les dialogues d'Audiard incisifs et le jeu d'acteurs.
Le Président est un film moyen.Le scénario manque d'épaisseur et de relief malgré une bon construction narrative.La mise en scène,moyenne,est académique et désuète.Le film manque cruellement de rythme et contient de nombreux temps morts(certaines scènes sont trop longues).Le principal point fort de l'oeuvre est la bon interprétation de Jean Gabin qui interprète un président crédible,virulent,imposant et politiquement incorrect.Prestation en demi-teinte de Bernard Blier,sobre mais avec un jeu plus distant qu'a l'accoutumé.Bon travail au niveau du cadrage avec de nombreux mouvements de caméra fluides(travelling divers).Les décors sont minimalistes et la musique est surchargé.Les dialogues de Michel Audiard sont incisifs et percutants.Henri Verneuil dénonce dans ce long métrage avec une liberté de ton étonnante le monde impitoyable de la politique et des finances.Le Président est donc un film désuet, très inégal,qui reste en surface à cause d'une mise en scène trop académique.
« On ne dit rien à sa femme quand on a épousé une banque ! Ça se paie, la fortune, c’est ce qui coûte le plus cher. »
Henri Verneuil a collaboré avec Michel Audiard neuf fois, Jean Gabin cinq (ce Président est leur deuxième film ensemble), Bernard Blier trois fois seulement. En revanche, Audiard et Gabin, c’est 17 films, Audiard et Blier, 18. Voilà pour les chiffres et l’intime relation du réalisateur à son scénariste et dialoguiste, et celle de ce dernier à ses acteurs fétiches. Ajoutons pour la petite histoire que Jean Gabin a joué dans une dizaine d’adaptations de Georges Simenon, dont trois Maigret.
Des chiffres, il en est question dans le début du film. L’action se passe sous la IVème République, quand le Président du Conseil (le Premier Ministre) était l’homme fort du pays. Retraité toujours écouté des grands de ce monde, il dicte ses mémoires à sa secrétaire et repense alors à un épisode de sa carrière qui l’a meurtri, le moment où il a dû décider de dévaluer la monnaie nationale. Ce début, lent et peut-être complexe à qui ne maîtrise pas la politique, tient la route grâce à la caméra légère de Verneuil et à l’interprétation toute en sobriété de Jean Gabin et des autres interprètes, Bernard Blier, Renée Faure, Henri Crémieux, Louis Seigner, Alfred Adam.
Il faut ainsi attendre une bonne demi-heure pour qu’un scandale éclate et lance vraiment le film, sur un ton beaucoup plus enlevé malgré encore quelques scènes plus lentes. Dans les faits, un Simenon énergique, c’est plutôt rare. Le Président égrène ainsi ses souvenirs en forme de flashbacks, dans une œuvre originale, filmée avec fluidité et interprétée à la perfection, avec plusieurs points d’orgue, comme cette scène de diatribe à la Chambre, devenue culte, ou d’autres non dénuées d’une certaine émotion.
(Au rayon des curiosités, on notera qu’un conseil des ministres et un parlement uniquement composés d’hommes paraissent aujourd’hui complètement incongrus et qu’Audiard, pourtant anarchiste revendiqué, pourfendant l’autorité et l’État, dresse ici le portrait d’un gardien de celui-ci.)
Le Président est, au final, un film certes lent, mais dense et assez inclassable, un « portrait du siècle » porté par un Gabin impérial dans un rôle simenonien positif.
Un film français traitant de la politique, voilà qui est assez rare. Et quand on voit que Jean Gabin tient le rôle principal, il n’en faut pas plus pour être très tenté. Et on est effectivement loin d’être déçu. Encore plus truculent et grande-gueule qu’à l’accoutumée, Gabin incarne ici une sorte de Clemenceau de la Quatrième République, qui profite de sa retraite pour écrire ses mémoires. Mais lorsqu’il apprend que son ancien chef de cabinet, incarné par le toujours excellent Bernard Blier, risque de devenir le prochain président du conseil, il va être contraint de revenir dans le jeu pour lui barrer la route. Bref, ça va faire des étincelles, pour notre plus grand plaisir ! Le film a pour lui deux énormes atouts, que l’on pressent à la seule lecture de la fiche technique : les monstrueux dialogues d’Audiard, et un Gabin non moins monstrueux pour les réciter. Il faut certes aimer un tant soit peu la politique pour bien apprécier mais si c’est le cas alors c’est un pur régal. Le film n’élude rien et tout le monde en prend pour son grade : corruption, attrait du pouvoir, politique politicienne, bref la totale ! Le tout sans prendre partie pour aucun courant politique, ce qui est à mon avis indispensable dans ce genre de film. Au centre de tout ça, il y a bien entendu l’inimitable Jean Gabin, qui nous offre quelques répliques dont seul Audiard a le secret (« quand on a une ambition comme la votre, on dirige un bordel, pas un état ! »). Le film compte certes quelques petites longueurs mais balayées par son lot de scènes inoubliables ; en particulier le mémorable discours à l’Assemblée et la confrontation finale Gabin/Blier. Globalement, chaque réplique ou presque fait mouche, et les questions soulevées sont encore tristement d’actualité, mention spéciale pour le discours sur l’Europe. Bref, à la sortie de ce film, une seule conclusion : Gabin président ! Comparé à Hollande et autres Sarkozy, c’est quand même autre chose…
Jean Gabin était l'acteur idéal pour interpréter le rôle d'Emile Beaufort. Il possède la carrure et le parlé d'un président. Ce film est une immersion tantôt cynique, tantôt sérieuse sur le milieu politique de la France. Les acteurs sont géniaux dans leur rôle, surtout Bernard Blier et Jean Gabin. Les dialogues de Michel Audiard sont bien écrits et s'inscrivent parfaitement dans la rhétorique si chère aux hommes politiques.
Gabin incarne ici un président charismatique avec des dialogues coup de poing et emblématique. Le scénario tient encore la route sur pas mal de choses de nos jours. Le duo Gabin et Blier est magnifique. Un excellent film sur la politique et sur l'une des plus haute fonction, le président nous parle du rôle difficile qu'a le chef du gouvernement, le premier ministre dans notre 5ème république et le président du conseil sous la 4ème république. Car il ne faut pas se tromper le titre ne fait pas allusion au président de la république mais au président du conseil de la 4ème république.
D’après Simenon. L’Homme d’état mais aussi le cynisme et les magouilles de la politique avec un Gabin en Président du Conseil dans son (bon) numéro habituel, notamment à l’Assemblée (dialogues de Audiard). On pense à Clémenceau ou à de Gaulle dans une France des années 50 en train de se tourner vers l’Europe. Quand Gabin surpasse de la tête et des épaules un rôle spécialement taillé sur mesure pour lui !
Le Président d’Henri Verneuil est, parait-il, tiré d’une œuvre de Simenon. Mis à part la charge sur les politiciens (Simenon, sauf erreur, fut un des rares écrivains non marxistes de son époque à dénoncer les liens de la haute finance avec les politiques coloniales de tous bords), on ne trouve pas l’habituelle description fouillée des caractères. Le Président Beaufort, copie de Clemenceau, est peint à grands coups de rouleaux, les autres personnages sont abusivement caricaturaux et les dialogues d’Audiard donnent l’occasion de farcir l’œuvre de mots d’auteur un peu faciles. Par ailleurs, le film plaçant les personnages dans un contexte de régime parlementaire du type IV° République sans prendre la distance d’un film historique, vieillit bien mal. Enfin, la conclusion en queue de poisson nous laisse perplexes. Comme toujours avec Verneuil, on ne s’ennuie pas mais on ne s’enthousiasme pas pour autant malgré un Gabin qui en fait des tonnes.
Un film produit il y a plus de 60 ans mais qui est encore criant de vérité de nos jours avec un langage et un scénario dégageant une nostalgie du cinéma français d'antan perdu à tout jamais avec les navets tels que "taxi", "les profs" ou "les tuches"
Le président est un bon film français ou règne tout de même la politique. Jean Gabin est une fois de plus très bon dans son rôle de président et d'ancien président. C'est un film ou il y a tout de même de belles valeurs entre autres politiques qui sont transmises. Michel Audiard est lui aussi une fois de plus toujours a la hauteur et extraordinaire dans les dialogues, il écrit des dialogues à la perfection et sur mesure pour Jean Gabin et Bernard Blier qu'il semble très bien connaitre ce qui en fait dans ce sens la une réussite. On trouve des répliques cultes, mais aussi des vérités d'une justesse incroyable. Le film n'a à peine vieilli, il peut être aujourd'hui toujours d'actualité et c'est un film que l'on peut apprécier aussi sans aimer particulièrement la politique. Après il faut aussi dire que le film est un peu ennuyant à certains moments, surtout si comme moi on n'aime pas la politique. Bref, un bon film qu'il faut probablement avoir vu si l'on aime bien des gens comme Henri Verneuil, Michel Audiard, Bernard Blier et Jean Gabin, car dans ce cas on a la chance de les voir réunis dans un même film, mais aussi surtout si l'on aime bien la politique (ce qui n'est pas mon cas).
Excellent film politique avec une mise en scène très soignée de Henri Verneuil. Plus de 60 ans après ce film peut encore paraître très actuel par certains aspects. Jean Gabin et Bernard Blier sont parfaits.