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Jean Gabin était l'acteur idéal pour interpréter le rôle d'Emile Beaufort. Il possède la carrure et le parlé d'un président. Ce film est une immersion tantôt cynique, tantôt sérieuse sur le milieu politique de la France. Les acteurs sont géniaux dans leur rôle, surtout Bernard Blier et Jean Gabin. Les dialogues de Michel Audiard sont bien écrits et s'inscrivent parfaitement dans la rhétorique si chère aux hommes politiques.
Un an avant le cultissime "Un singe en hiver", le trio Verneuil (réalisateur) Audiard (dialoguiste) Gabin (acteur principal) s'était déjà constitué sur le tournage du "Président" (1961), l'une des rares tentatives en France de "politique-fiction".
Une fois saluée l'initiative, on doit constater que "Le président" est une très belle réussite, la charge cinglante contre les mœurs politiques de l'époque restant tristement d'actualité un demi-siècle plus tard.
La force du film de Verneuil tient dans son contenu proche du documentaire, mais dont la forme est celle d'une œuvre de cinéma, transcendée par l'interprétation habitée, parfois grandiloquente, d'un Gabin aux accents gaulliens, vieux patriarche droit et respectueux des intérêts publics, au détriment du clientélisme de ses rivaux, dénoncé dans une tirade finale majestueuse parfaitement rédigée par Audiard.
Les thèmes du débat politique de l'époque trouvent un écho contemporain assez fascinant, à l'instar de ces "Etats-Unis" d'Europe en construction, à l'heure où des voix se multiplient aujourd'hui pour défendre la sortie de l'euro...
Outre la prestation hors-norme de Gabin (vieilli pour l'occasion), les seconds rôles sont remarquables, à l'image de Bernard Blier en opposant ambigu, ou encore Louis Seigner, Henri Crémieux et Renée Faure...
Henri Verneuil signe donc un classique du cinéma français, vision acerbe mais non manichéenne du monde politique, magnifiée par sa mise en scène inventive et par les dialogues au cordeau de Michel Audiard.
Une fois saluée l'initiative, on doit constater que "Le président" est une très belle réussite, la charge cinglante contre les mœurs politiques de l'époque restant tristement d'actualité un demi-siècle plus tard.
La force du film de Verneuil tient dans son contenu proche du documentaire, mais dont la forme est celle d'une œuvre de cinéma, transcendée par l'interprétation habitée, parfois grandiloquente, d'un Gabin aux accents gaulliens, vieux patriarche droit et respectueux des intérêts publics, au détriment du clientélisme de ses rivaux, dénoncé dans une tirade finale majestueuse parfaitement rédigée par Audiard.
Les thèmes du débat politique de l'époque trouvent un écho contemporain assez fascinant, à l'instar de ces "Etats-Unis" d'Europe en construction, à l'heure où des voix se multiplient aujourd'hui pour défendre la sortie de l'euro...
Outre la prestation hors-norme de Gabin (vieilli pour l'occasion), les seconds rôles sont remarquables, à l'image de Bernard Blier en opposant ambigu, ou encore Louis Seigner, Henri Crémieux et Renée Faure...
Henri Verneuil signe donc un classique du cinéma français, vision acerbe mais non manichéenne du monde politique, magnifiée par sa mise en scène inventive et par les dialogues au cordeau de Michel Audiard.
4 étoiles pour l'interprétation des acteurs! Gabin est immense et complétement investi dans son rôle d'ancien président du Conseil, on croirait à un vrai chef d'Etat tant le naturel de sa diction, sa prestance est bluffante. Au niveau de l'histoire, c'est autre chose, je me suis vite trouvé dépassé, un peu dur à suivre car la politique n'est pas mon fort et ces gens-là (les politiciens) emploient des termes, des débats, discours souvent complexes dans lesquels bien souvent, il n' y a qu'eux qui se comprennent. Reste que certaines scènes valent le détour, ne fût-ce que pour les dialogues d'Audiard incisifs et le jeu d'acteurs.
Gabin incarne ici un président charismatique avec des dialogues coup de poing et emblématique. Le scénario tient encore la route sur pas mal de choses de nos jours. Le duo Gabin et Blier est magnifique. Un excellent film sur la politique et sur l'une des plus haute fonction, le président nous parle du rôle difficile qu'a le chef du gouvernement, le premier ministre dans notre 5ème république et le président du conseil sous la 4ème république. Car il ne faut pas se tromper le titre ne fait pas allusion au président de la république mais au président du conseil de la 4ème république.
Depuis bien longtemps, les opinions sur Henri Verneuil se succèdent et sont surtout radicalement différentes. Certes Verneuil n’était pas un virtuose de la caméra, mais quel professionnel il était ! Et surtout quelle capacité il avait à tirer le meilleur de ses acteurs. Regardez par exemple ce qu’il obtient de Jean Gabin dans « Le Président ». Voila un film qui a une place à part dans l’histoire du cinéma français car il est l’un des rares longs métrages à parler de politique et à se plonger pleinement dans l’univers qui gravite autour. « Le Président » est, à plus d’un titre, un film drôlement ambitieux car abordant avec véracité les problèmes de l’époque. Notamment celui de l’Union Européenne créée, à l’époque, depuis 10 ans. Le film se penche également sur les problèmes économiques inhérents. S’il n’y avait qu’une seule séquence à retenir, ce serait celle du monologue dans laquelle Gabin fusille tous les hypocrites, tous ses détracteurs et tous ses collaborateurs qui ont fini par le trahir avant de se retirer la tête haute. De Gabin, parlons en ! Que dire de plus, à part qu’il est absolument impérial, magistral dans ce rôle qui lui sied à merveille. Une nouvelle fois, son charisme bestial fait des merveilles. Il n’y avait que lui pour jouer ce rôle. Quel acteur tout de même ! Jamais on en aura un autre comme lui. Face à lui, Bernard Blier donne parfaitement la réplique en tant qu’homme d’état ambitieux mais manquant de conviction. Depuis quelques temps maintenant, l’œuvre de Verneuil est réévaluée, j’ose espérer que « Le Président » connaitra la même destinée.
Le jeu des acteurs, le scénario, la mise en scène, les dialogues… Tout m'a paru excellent, très soigné.
"Le président » sorti sur les écrans en 1961 est l'illustration parfaite de l'ambition artistique encore intacte de Jean Gabin alors redevenu le poids lourd du cinéma français depuis le succès de "Touchez pas au grisbi" (Jacques Becker, 1954). Les grincheux de la Nouvelle Vague surtout soucieux de se faire leur propre place lui reprocheront par conformisme de limiter ses entreprises à une équipe restreinte de réalisateurs (Verneuil, Grangier, Delannoy, de la Patellière), dialoguistes (Audiard, Jardin) et techniciens. Il n'empêche qu'aucun des films de cette période allant de 1955 à 1965 n'est de qualité médiocre même si l'homme ayant évolué et surtout vieilli on ne pourra pas retrouver dans les interprétations de Gabin patriarche les accents rebelles de l'ouvrier sableur du "Jour se lève" (Marcel Carné,1939).
Cette adaptation de Georges Simenon, pseudo biographie d'un ancien Président du Conseil (nous sommes encore sous la IVème République) mélange de De Gaulle et de Clémenceau, au-delà de son excellente facture quant à son intrigue et ses dialogues qui sont parmi les plus travaillés d'Audiard, est très prémonitoire de ce qu'est aujourd'hui devenue l'Europe encore naissante à l'époque. Les mœurs politiques n'ont malheureusement pas beaucoup évolué hormis les petites bassesses de la course au pouvoir et aux bonnes places qui sont aujourd'hui exposées au feu insatiable des chaînes télévisées d'information en continu. Le monologue de Gabin à l'assemblée nationale reproduite en studio à Joinville, point d'orgue du film dresse un portrait sans concession de l' "homo politicus" dont la corruption petite ou grande semble consubstantielle à sa fonction . Gabin ne s'y est pas trompé qui a recommencé la prise 54 fois. Cette seule anecdote apporte un démenti cinglant à la version du Gabin en roue libre venant chercher sur les plateaux les subsides nécessaires pour dépouiller de leurs terres les agriculteurs voisins de sa ferme normande.
Derrière le patron du cinéma français de ces années-là, une myriade de grands seconds rôles vient jouer leur partition de Louis Seigner, à Hélène Dieudonné en passant par Jacques Monod, René Faure, Alfred Adam ou Henri Crémieux. Mais c'est encore Bernard Blier qui se taille la part du lion en campant un chef de cabinet suborné qui un moment se rêve un destin, vite fracassé par la main de fer du vieux sage qui vieille encore au grain. Dans l'acte final du film lors de la confession de Chalamon (Blier) à Beaufort (Gabin) venu chercher l'imprimatur auprès du grand homme, la rondeur de Blier et ses propos tenus sur le caractère de l'homme d'État rappellent étrangement un Président de la Cinquième République vilipendé pour son art de l'indécision. Quand on revoit "Le Président" on se dit que quoiqu’en disent les tenants de la Nouvelle Vague, la qualité française avait du bon.
Cette adaptation de Georges Simenon, pseudo biographie d'un ancien Président du Conseil (nous sommes encore sous la IVème République) mélange de De Gaulle et de Clémenceau, au-delà de son excellente facture quant à son intrigue et ses dialogues qui sont parmi les plus travaillés d'Audiard, est très prémonitoire de ce qu'est aujourd'hui devenue l'Europe encore naissante à l'époque. Les mœurs politiques n'ont malheureusement pas beaucoup évolué hormis les petites bassesses de la course au pouvoir et aux bonnes places qui sont aujourd'hui exposées au feu insatiable des chaînes télévisées d'information en continu. Le monologue de Gabin à l'assemblée nationale reproduite en studio à Joinville, point d'orgue du film dresse un portrait sans concession de l' "homo politicus" dont la corruption petite ou grande semble consubstantielle à sa fonction . Gabin ne s'y est pas trompé qui a recommencé la prise 54 fois. Cette seule anecdote apporte un démenti cinglant à la version du Gabin en roue libre venant chercher sur les plateaux les subsides nécessaires pour dépouiller de leurs terres les agriculteurs voisins de sa ferme normande.
Derrière le patron du cinéma français de ces années-là, une myriade de grands seconds rôles vient jouer leur partition de Louis Seigner, à Hélène Dieudonné en passant par Jacques Monod, René Faure, Alfred Adam ou Henri Crémieux. Mais c'est encore Bernard Blier qui se taille la part du lion en campant un chef de cabinet suborné qui un moment se rêve un destin, vite fracassé par la main de fer du vieux sage qui vieille encore au grain. Dans l'acte final du film lors de la confession de Chalamon (Blier) à Beaufort (Gabin) venu chercher l'imprimatur auprès du grand homme, la rondeur de Blier et ses propos tenus sur le caractère de l'homme d'État rappellent étrangement un Président de la Cinquième République vilipendé pour son art de l'indécision. Quand on revoit "Le Président" on se dit que quoiqu’en disent les tenants de la Nouvelle Vague, la qualité française avait du bon.
Un film français traitant de la politique, voilà qui est assez rare. Et quand on voit que Jean Gabin tient le rôle principal, il n’en faut pas plus pour être très tenté. Et on est effectivement loin d’être déçu. Encore plus truculent et grande-gueule qu’à l’accoutumée, Gabin incarne ici une sorte de Clemenceau de la Quatrième République, qui profite de sa retraite pour écrire ses mémoires. Mais lorsqu’il apprend que son ancien chef de cabinet, incarné par le toujours excellent Bernard Blier, risque de devenir le prochain président du conseil, il va être contraint de revenir dans le jeu pour lui barrer la route. Bref, ça va faire des étincelles, pour notre plus grand plaisir !
Le film a pour lui deux énormes atouts, que l’on pressent à la seule lecture de la fiche technique : les monstrueux dialogues d’Audiard, et un Gabin non moins monstrueux pour les réciter. Il faut certes aimer un tant soit peu la politique pour bien apprécier mais si c’est le cas alors c’est un pur régal. Le film n’élude rien et tout le monde en prend pour son grade : corruption, attrait du pouvoir, politique politicienne, bref la totale ! Le tout sans prendre partie pour aucun courant politique, ce qui est à mon avis indispensable dans ce genre de film. Au centre de tout ça, il y a bien entendu l’inimitable Jean Gabin, qui nous offre quelques répliques dont seul Audiard a le secret (« quand on a une ambition comme la votre, on dirige un bordel, pas un état ! »). Le film compte certes quelques petites longueurs mais balayées par son lot de scènes inoubliables ; en particulier le mémorable discours à l’Assemblée et la confrontation finale Gabin/Blier. Globalement, chaque réplique ou presque fait mouche, et les questions soulevées sont encore tristement d’actualité, mention spéciale pour le discours sur l’Europe.
Bref, à la sortie de ce film, une seule conclusion : Gabin président ! Comparé à Hollande et autres Sarkozy, c’est quand même autre chose…
Le film a pour lui deux énormes atouts, que l’on pressent à la seule lecture de la fiche technique : les monstrueux dialogues d’Audiard, et un Gabin non moins monstrueux pour les réciter. Il faut certes aimer un tant soit peu la politique pour bien apprécier mais si c’est le cas alors c’est un pur régal. Le film n’élude rien et tout le monde en prend pour son grade : corruption, attrait du pouvoir, politique politicienne, bref la totale ! Le tout sans prendre partie pour aucun courant politique, ce qui est à mon avis indispensable dans ce genre de film. Au centre de tout ça, il y a bien entendu l’inimitable Jean Gabin, qui nous offre quelques répliques dont seul Audiard a le secret (« quand on a une ambition comme la votre, on dirige un bordel, pas un état ! »). Le film compte certes quelques petites longueurs mais balayées par son lot de scènes inoubliables ; en particulier le mémorable discours à l’Assemblée et la confrontation finale Gabin/Blier. Globalement, chaque réplique ou presque fait mouche, et les questions soulevées sont encore tristement d’actualité, mention spéciale pour le discours sur l’Europe.
Bref, à la sortie de ce film, une seule conclusion : Gabin président ! Comparé à Hollande et autres Sarkozy, c’est quand même autre chose…
Le président est un bon film français ou règne tout de même la politique. Jean Gabin est une fois de plus très bon dans son rôle de président et d'ancien président. C'est un film ou il y a tout de même de belles valeurs entre autres politiques qui sont transmises. Michel Audiard est lui aussi une fois de plus toujours a la hauteur et extraordinaire dans les dialogues, il écrit des dialogues à la perfection et sur mesure pour Jean Gabin et Bernard Blier qu'il semble très bien connaitre ce qui en fait dans ce sens la une réussite. On trouve des répliques cultes, mais aussi des vérités d'une justesse incroyable.
Le film n'a à peine vieilli, il peut être aujourd'hui toujours d'actualité et c'est un film que l'on peut apprécier aussi sans aimer particulièrement la politique.
Après il faut aussi dire que le film est un peu ennuyant à certains moments, surtout si comme moi on n'aime pas la politique.
Bref, un bon film qu'il faut probablement avoir vu si l'on aime bien des gens comme Henri Verneuil, Michel Audiard, Bernard Blier et Jean Gabin, car dans ce cas on a la chance de les voir réunis dans un même film, mais aussi surtout si l'on aime bien la politique (ce qui n'est pas mon cas).
Le film n'a à peine vieilli, il peut être aujourd'hui toujours d'actualité et c'est un film que l'on peut apprécier aussi sans aimer particulièrement la politique.
Après il faut aussi dire que le film est un peu ennuyant à certains moments, surtout si comme moi on n'aime pas la politique.
Bref, un bon film qu'il faut probablement avoir vu si l'on aime bien des gens comme Henri Verneuil, Michel Audiard, Bernard Blier et Jean Gabin, car dans ce cas on a la chance de les voir réunis dans un même film, mais aussi surtout si l'on aime bien la politique (ce qui n'est pas mon cas).
Je viens de le voir en Dvd à l'instant,c'est un tres bon film.
Le président est une impressionnante leçon de politique d'Henri Verneuil avec un Jean Gabin époustouflant dans le rôle du président.
Pourtant je me suis profondément ennuyé la première heure. Le réalisateur nous plonge dans les arcanes du pouvoir politique avec son lot de tractations en coulisses ce qui crée d'inévitables longueurs. De plus, le film est presque uniquement porté par Gabin malgré la présence de Bernard Blier dans un second rôle que j'ai trouvé trop discret.
Mais quel revirement à partir de la célèbre scène dans l'assemblée. Sur un texte d'Audiard écrit sur-mesure pour le phrasé de Gabin, l'acteur magnifiquement filmé par Verneuil expose tout son talent dans un long monologue de dénonciation. Tout est dit et toute la politique est revue en détail avec une incroyable acuité et actualité. Pour moi c'est une scène culte dans la filmographie de Gabin.
Même si le président est du genre de la "politique-fiction" on retrouve de nombreux parallèles avec l’histoire politique et ses hommes de la IIIe et IVe république. Les plus jeunes spectateurs, eux, seront saisis par la modernité du propos.
Pourtant je me suis profondément ennuyé la première heure. Le réalisateur nous plonge dans les arcanes du pouvoir politique avec son lot de tractations en coulisses ce qui crée d'inévitables longueurs. De plus, le film est presque uniquement porté par Gabin malgré la présence de Bernard Blier dans un second rôle que j'ai trouvé trop discret.
Mais quel revirement à partir de la célèbre scène dans l'assemblée. Sur un texte d'Audiard écrit sur-mesure pour le phrasé de Gabin, l'acteur magnifiquement filmé par Verneuil expose tout son talent dans un long monologue de dénonciation. Tout est dit et toute la politique est revue en détail avec une incroyable acuité et actualité. Pour moi c'est une scène culte dans la filmographie de Gabin.
Même si le président est du genre de la "politique-fiction" on retrouve de nombreux parallèles avec l’histoire politique et ses hommes de la IIIe et IVe république. Les plus jeunes spectateurs, eux, seront saisis par la modernité du propos.
Le Président est l'une des rares tentatives d'un réalisateur français de s'essayer au genre épineux de la politique-fiction. Mais lorsque le savoir-faire d'Henri Verneuil rencontre l'écriture de Georges Simenon, adaptée par Michel Audiard et destinée à Jean Gabin, cela produit un film très abouti et bourré de qualités. Tout d'abord on connait avant tout Verneuil pour ses films d'action, mais on le connait moins dans le registre "Un singe en hiver", pour autant le plaisir du spectateur est le même, la mise en scène est enthousiasmante et maîtrisée de bout en bout. Le Président prend d'abord place dans le cadre d'un régime parlementaire, copie de la IIIe et de la IVe République, le personnage interprété par Jean Gabin apparaît comme l'homme politique idéal rêvé par le réalisateur, fortement influencé par Georges Clémenceau mais on reconnait aussi des traits de Charles De Gaulle. Plus que l'interprétation magistrale de Jean Gabin dans un rôle taillé sur mesure et affûté par un Audiard des grandes heures, ce film met le spectateur français en face de ses propres paradoxes politiques ... Haïssant le régime monarchique mais constamment en quête d'un homme providentiel capable de résoudre tous les problèmes par une volonté et une sincérité à toute épreuve. Ce film est d'ailleurs à l'image de la pensée politique d'Audiard : à la fois anarchiste et conservateur. Toutefois, le soucis du détail lors des discussions technico-politiques fait parfois baisser l'intensité. L'ensemble demeure cependant très plaisant mais parfois troublant.
La stature et le phrasé de Gabin font qu'il incarne à la perfection ce président. Les dialogues écrit par Audiard semblent tout droit sorti de la bouche des comédiens, il faut dire que le scénariste connait parfaitement le phrasé de chacun et ça se sent.
L’une des oeuvres les plus rèalistes jamais tournèes sur un sujet politique qui fut pourtant moyennement accueillie à sa sortie en1961! Aujourd'hui, "Le Prèsident" est devenu un grand classique du cinèma français et en font plus que jamais un favori des èlections prèsidentielles! Jean Gabin s'y montre èblouissant en ancien Prèsident du Conseil qui aurait pu devenir Prèsident de la Rèpublique si les partis ne s'y ètaient pas opposès! il incarne parfaitement cette sociètè française, s'imposant plus que jamais comme l'un des meilleurs acteurs de son èpoque! On suit une crise ministèrielle en train de naître et un Gabin qui essaye de dènouer la situation à sa manière! Henri Verneuil dirige sa digne camèra vers un domaine plus sèrieux que "Le Mouton à cinq pattes" ou "Le grand chef". Le rèalisateur ose tout même une partie de boules à Matignon! Les dialogues de Audiard font ègalement dans l'anthologie! Et quand il donne la parole à Gabin, ça fait des ètincelles (cf. le discours de Beaufort à l'Assemblèe Nationale). Blier, Faure, Adam sont aussi formidables dans les seconds plans! Un must...
Je ne suis pas un grand fan de politique, ni dans la vie ni au cinéma. Mais en voyant qu'un même film réunit Verneuil, Audiard, Simenon, Gabin et Blier, difficile de résister à la tentation. Et si le film ne tient pas toutes les promesses de son affiche, il reste très intéressant. La structure du récit, construite autour du président dictant ses mémoires à sa secrétaire, me fait beaucoup penser au tout récent "J.Edgar". Et il est bien dommage que Clint Eastwood n'ait pas vu le Verneuil avant de tourner son dernier film! En effet, le portrait de la figure politique à la fin de sa vie est bien plus touchante chez le cinéaste français. Il nous est montré avec une double facette très intéressante : son côté humain, ses doutes, ses faiblesses ; mais les flash-back nous le montrent de manière intense et héroïque lorsqu'il était sur le devant de la scène. Ce président est un beau personnage de cinéma ; difficile de ne pas s'attacher à cet homme idéaliste qui défend le bien de son pays même en ayant toute l'assemblée contre lui! Jean Gabin apporte évidemment tout son charisme pour appuyer la dimension de son personnage. Mais surtout, la différence se fait au niveau des dialogues. Je reproche à beaucoup de films politiques d'être bavards et ennuyeux, mais lorsque c'est Michel Audiard qui écrit, impossible de s'en lasser! Le film a beau reposer presque uniquement sur les dialogues, aucun problème: chaque réplique fait mouche. Audiard se plonge avec plaisir dans la rhétorique politique et nous offre des superbes joutes verbales entre politiciens. La longue séquence de l'assemblée est un régal pour tous les amateurs de bons mots! Inutile de dire qu'à côté de répliques comme "lorsqu'on a une ambition comme la vôtre, on dirige un bordel, pas un état !", les débats Sarkozy-Hollande ressemblent à des combats de cour de recré !! Le duel politique entre Gabin et Blier fonctionne très bien aussi, l'idéaliste face au corrompu. Malheureusement, on reste dans un film orienté politiquement, qui caricature les deux camps. De plus, il y a tout un contexte socio-économique qui parait très lourd pour ceux comme moi qui ne le connaissent pas. Il y avait pourtant de quoi offrir quelque chose d'universel avec un personnage comme ce président. Il donnera cependant envie de voir un homme pareil arriver vraiment à la tête de l'état, et ça, c'est déjà pas mal...
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