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Pourtant amateur de politique, de joute verbale et de rhétorique, je dois bien reconnaitre que ce « Président » m’a perdu ou plutôt qu’il ne m’a pas emporté.
Je m’y suis ennuyé à des nombreuses reprises du fait d’une mise en scène sans grand relief et surtout d’un scénario sans enjeux forts.
Le scénario se résume à une succession de dialogues certes, fort bien déclamés par un Jean Gabin charismatique, entremêlés de flashbacks nourrissant la trame principale mais à la narration assez molle.
Alors, bien sur, les dialogues écrits par Michel Audiard ont toujours un certain cachet mais la qualité d’écriture et de leur interprétation n’a pas suffit à maintenir mon intérêt.
Même la fin qu’on aurait pu espérer plus marquante conclut le film sans éclat.
« Le Président » vaut le coup d’œil pour la prestation d’un Jean Gabin parfait dans son rôle mais je ne saurai le recommander pour d’autres raisons.
Note : 10/20
Je m’y suis ennuyé à des nombreuses reprises du fait d’une mise en scène sans grand relief et surtout d’un scénario sans enjeux forts.
Le scénario se résume à une succession de dialogues certes, fort bien déclamés par un Jean Gabin charismatique, entremêlés de flashbacks nourrissant la trame principale mais à la narration assez molle.
Alors, bien sur, les dialogues écrits par Michel Audiard ont toujours un certain cachet mais la qualité d’écriture et de leur interprétation n’a pas suffit à maintenir mon intérêt.
Même la fin qu’on aurait pu espérer plus marquante conclut le film sans éclat.
« Le Président » vaut le coup d’œil pour la prestation d’un Jean Gabin parfait dans son rôle mais je ne saurai le recommander pour d’autres raisons.
Note : 10/20
Le cinéma français a toujours regardé la politique de loin, quand Hollywood préfère le regarder droit dans les yeux. Henri Verneuil choisit le corps à corps et s'y jette dès l'aube de la Ve République. Le geste seul mérite le détour, tant la politique-fiction demeure chez nous un genre boudé. Son film dessine une France où le pouvoir se négocie dans les couloirs plutôt que dans les urnes, où le carriérisme a fini par supplanter le sacerdoce. Le plus troublant tient à cette immobilité du temps : des décennies ont passé, et les mêmes petits arrangements se drapent toujours des mêmes habits de dévouement. Quant à la menace pesant sur une Europe naissante, prise en étau par les puissances financières, le propos reste d'une actualité frappante, mais se fait plus démonstratif que fouillé. Un film inégal, donc, qui alterne l'ennui et la fulgurance sans jamais trouver son assise.
L'ensemble traîne pourtant les pieds au démarrage. Un premier acte qui s'étire, une tension qui peine à éclore. Verneuil filme avec une sobriété presque monacale, comme si l'image s'effaçait volontairement devant les mots. Le texte d'Audiard, à force, écrase jusqu'à la mise en scène censée le porter. Puis vient le monologue à l'Assemblée et tout bascule. Gabin trône au centre d'une arène de costumes-cravates, la caméra tourne autour de lui pour mieux le couronner, et les mots claquent comme des coups de fouet. Cette seule scène vaut le prix du visionnage.
Il faut dire qu'Audiard écrit sur mesure, en ami intime qui connaît le phrasé de chacun de ses comédiens, Gabin en tête. Cela s'entend car l'acteur porte le film sur ses épaules lasses, avec une autorité qui semble moins jouée qu'usée par le pouvoir lui-même. Face à lui, Bernard Blier compose un Chalamont mesquin et fébrile, dont chaque réplique mord avec le même venin. Au fond, tout cela n'est peut-être qu'un songe nostalgique : celui d'un pouvoir à visage humain, presque paternel, celui de l'homme providentiel, si cher aux Français, mais qui relève davantage du fantasme que de la réalité.
L'ensemble traîne pourtant les pieds au démarrage. Un premier acte qui s'étire, une tension qui peine à éclore. Verneuil filme avec une sobriété presque monacale, comme si l'image s'effaçait volontairement devant les mots. Le texte d'Audiard, à force, écrase jusqu'à la mise en scène censée le porter. Puis vient le monologue à l'Assemblée et tout bascule. Gabin trône au centre d'une arène de costumes-cravates, la caméra tourne autour de lui pour mieux le couronner, et les mots claquent comme des coups de fouet. Cette seule scène vaut le prix du visionnage.
Il faut dire qu'Audiard écrit sur mesure, en ami intime qui connaît le phrasé de chacun de ses comédiens, Gabin en tête. Cela s'entend car l'acteur porte le film sur ses épaules lasses, avec une autorité qui semble moins jouée qu'usée par le pouvoir lui-même. Face à lui, Bernard Blier compose un Chalamont mesquin et fébrile, dont chaque réplique mord avec le même venin. Au fond, tout cela n'est peut-être qu'un songe nostalgique : celui d'un pouvoir à visage humain, presque paternel, celui de l'homme providentiel, si cher aux Français, mais qui relève davantage du fantasme que de la réalité.
Réussite au box office ( 2,8 millions de spectateurs à sa sortie -1961), " le président" ne l'a pas été par la critique.
Il faut dire que la nouvelle vague est déjà bien installée et que Henri Verneuil fait partie des cibles esthétiques des influents critiques des cahiers du cinéma.
Alors certes, " le président" est un peu engoncé dans un style épais de théâtre filmé. Mais l'intérêt de ce titre, aujourd'hui considéré comme un classique du cinéma français du moment, est ailleurs.
Gabin est vraiment, mais alors vraiment formidable et les dialogues de Audiard sont ( de mon point de vue ) parmi ses meilleures réussites.
C'est de surcroît un film sur le monde politique français traversé par un regard acéré, acide et (peut-être ?)intemporel.
Bertrand Tavernier a rendu hommage dans son documentaire " voyage dans le cinéma français" à cet opus de Verneuil et au cinéma de scénaristes et il avait bien raison !
Il faut dire que la nouvelle vague est déjà bien installée et que Henri Verneuil fait partie des cibles esthétiques des influents critiques des cahiers du cinéma.
Alors certes, " le président" est un peu engoncé dans un style épais de théâtre filmé. Mais l'intérêt de ce titre, aujourd'hui considéré comme un classique du cinéma français du moment, est ailleurs.
Gabin est vraiment, mais alors vraiment formidable et les dialogues de Audiard sont ( de mon point de vue ) parmi ses meilleures réussites.
C'est de surcroît un film sur le monde politique français traversé par un regard acéré, acide et (peut-être ?)intemporel.
Bertrand Tavernier a rendu hommage dans son documentaire " voyage dans le cinéma français" à cet opus de Verneuil et au cinéma de scénaristes et il avait bien raison !
Un pur film politique ou Gabin excelle . Des dialogues de haut vol signé Audiard... Et ce film qui date pourtant de 1960 était d'une réalité actuelle.... Les seconds rôles sont impeccables...
Bons dialogues d’Audiard et bonne prestation d’un Gabin éloquent et d’un Blier ambivalent. Le film fait réfléchir, bien que très manichéen.
Ce film est une curiosité cinématographique, ne serait-ce que par son sujet : il plonge le spectateur dans l’univers trouble d’un ancien président du Conseil et de son directeur de cabinet, révélant sans fard les dérives d’une classe politique où magouilles et corruption finissent par remplacer l’intérêt général. La politique y devient un simple moyen d’enrichissement personnel, un jeu cynique où les idéaux s’effacent derrière les combines.
La véritable force du film réside dans ses dialogues, ciselés par la plume acérée de Michel Audiard. Ce dernier, maître incontesté de la réplique cinglante, signe ici des échanges qui claquaient comme des coups de feu, aussi bien adaptés à la carrure de Jean Gabin qu’à la verve de Bernard Blier. Ces deux monstres sacrés, portés par des répliques savoureuses, transcendent le film et en font un objet cinématographique à part.
Pour le reste, cependant, le constat est plus mitigé. L’histoire, légère et dépourvue de véritable intrigue, repose presque exclusivement sur ces joutes verbales entre l’intégre Gabin et l’arriviste Blier. Sans elles, le spectateur risquerait de décrocher, tant l’action se fait discrète, voire absente. La construction narrative, inhabituelle, en fait un film atypique – et c’est précisément ce qui le rend si intéressant.
La véritable force du film réside dans ses dialogues, ciselés par la plume acérée de Michel Audiard. Ce dernier, maître incontesté de la réplique cinglante, signe ici des échanges qui claquaient comme des coups de feu, aussi bien adaptés à la carrure de Jean Gabin qu’à la verve de Bernard Blier. Ces deux monstres sacrés, portés par des répliques savoureuses, transcendent le film et en font un objet cinématographique à part.
Pour le reste, cependant, le constat est plus mitigé. L’histoire, légère et dépourvue de véritable intrigue, repose presque exclusivement sur ces joutes verbales entre l’intégre Gabin et l’arriviste Blier. Sans elles, le spectateur risquerait de décrocher, tant l’action se fait discrète, voire absente. La construction narrative, inhabituelle, en fait un film atypique – et c’est précisément ce qui le rend si intéressant.
Magistral. Du grand Gabin, un Audiard en grande forme et une réalisation intelligente font de ce film un grand classique des coulisses de la vie politique et de ses manigances avec un cynisme et une arrogance joussive à entendre et admirable à voir jouer par un Gabin simple et charismatique et un Blier tout en sournoiserie et en bonhomie respectable. Du vrai cinéma d'écriture.
Il s’agit d’une véritable fiction politique dans laquelle un ancien Président du Conseil écrivant ses mémoires demeure très au fait de l’actualité politique. C’est un personnage à la verve tranchante qu’incarne l’excellent Jean Gabin devant la caméra du réalisateur Henri Verneuil offrant une certaine vision de la politique à la française et des institutions de la IIIème et IVème République tout en bénéficiant de la plume acéré du dialoguiste Michel Audiard. C’est un film certes exigeant dont le souci de réalisme le rend parfois un brin abscons pour les néophytes. Cependant, l’interprétation brillante de l’acteur principal associée à une réalisation rendant les longs débats et scènes de dialogues dynamiques mettant comme il se faut en avant de redoutables joutes verbales.
Un chef d'oeuvre absolu! Si vous cherchez un film qui résume 60 ans en avance les causes de la situation politique actuelle c'est bien celui la qu'il faut voir. Outre les prestations des acteurs, les dialogues et le réalisme dont il fait preuve, ce film est à mon sens, la plus grande leçon de "science" politique qui devrait être étudiée et même disséquée point par point lors du parcours scolaire. Une exploration des valeurs, des mécanismes politiques et financiers d'une justesse qui devrait faire passer les rayeurs de parquet des grandes écoles pour ce qu'ils sont, des arrivistes sans vergogne au service des intérêts les plus vils. La déconnexion des élites actuelles y est parfaitement illustrée, des incompétents "qui fixent le prix de la betterave et ne seraient pas foutus de faire pousser des radis!" dont les intérêts ne coïncident que rarement avec ceux de la France. Les pêchés capitaux, le sens du bien commun, la médiocrité et la naïveté la plus vulgaire, éloquence au service du fond (pas celle de notre époque évidemment) sont servis magistralement aux spectateurs qui s'épargneront de longues années à l'E.N.A ou à science PO pour un résultat bien différent. Une hauteur savoureuse avec des dialogues ciselés de monsieur Audiard. A voir et à revoir pour en pleurer de rire et se dépolluer du Q.I d'huître pochée des experts de plateau.
Film de 1960 qui est plus que jamais d actualité
Gabin dénonce les magouilles des hommes politiques de l epoque et les conflits d intérêts La situation est bien actuelle comme quoi la mode est un éternel recommencement
Gabin dénonce les magouilles des hommes politiques de l epoque et les conflits d intérêts La situation est bien actuelle comme quoi la mode est un éternel recommencement
Sans la nommer, le film de Verneuil, d'après Simenon, reflète le visage de la Troisième République, et c'est son principal intérêt. Critique jusqu'à la caricature, le film est un pamphlet dont la cible principale est la députation, tellement décriée à l'époque pour son impuissance et son inefficacité.
Au cours d'une fameuse et spectaculaire scène où il affronte l'Assemblée qui s'apprête à le censurer, le Président (du Conseil) dénonce l'affairisme des parlementaires, représentant les lobbies plus que le peuple, nous dit-on. Le discours est manichéen qui oppose l'intégrité d'un homme politique par vocation à une bande de politiciens de métier, tous administrateurs, semble-t-il, d'une banque ou d'une multinationale. Toutefois, tant de vertu en la personne du Président, tout Gabin qu'il est, peut laisser incrédule, sauf à considérer que le personnage est une abstraction de l'honnêteté et de la conscience du devoir.
Jean Gabin incarne un président du Conseil façon Michel Audiard, c'est-à-dire avec le sens de la formule et un bon sens aux accents populistes ou poujadistes. Cette figure politique manque sans doute de nuances et le récit de subtilité. Dans les coulisses du pouvoir -que le Président, du fond de sa retraite, dévoile dans ses mémoires- on croise des personnalités de la République, un peu typées certes mais pas sans charisme.
Au cours d'une fameuse et spectaculaire scène où il affronte l'Assemblée qui s'apprête à le censurer, le Président (du Conseil) dénonce l'affairisme des parlementaires, représentant les lobbies plus que le peuple, nous dit-on. Le discours est manichéen qui oppose l'intégrité d'un homme politique par vocation à une bande de politiciens de métier, tous administrateurs, semble-t-il, d'une banque ou d'une multinationale. Toutefois, tant de vertu en la personne du Président, tout Gabin qu'il est, peut laisser incrédule, sauf à considérer que le personnage est une abstraction de l'honnêteté et de la conscience du devoir.
Jean Gabin incarne un président du Conseil façon Michel Audiard, c'est-à-dire avec le sens de la formule et un bon sens aux accents populistes ou poujadistes. Cette figure politique manque sans doute de nuances et le récit de subtilité. Dans les coulisses du pouvoir -que le Président, du fond de sa retraite, dévoile dans ses mémoires- on croise des personnalités de la République, un peu typées certes mais pas sans charisme.
Audiard s'attaque aux classes politiques, mais avec un prisme de lecture très structuraliste ; et, par conséquent, archaïque. On assiste aux règlements de compte entre les politiciens "proches du peuple" et ceux trempant dans des magouilles, en contradiction avec les "valeurs" qu'ils défendent.
Ces joutes verbales, aussi ludiques soient-elles, aussi talentueux soit Audiard à manier le verbe, s'inscrivent dans une logique politicienne élitiste. Sa vision contribue à perpétuer le mythe antique des grands orateurs – uniquement des hommes d'un certain statut social et d'un certain âge. Il y aurait ceux à mêmes de protéger les prolétaires, et ceux dont la priorité serait de conserver leurs privilèges bourgeois.
Une opposition entre la gauche et la droite aveugle des véritables enjeux politiques, ceux ne découlant pas de l'élection – épouvantail de la démocratie –, mais des mouvements sociaux organisés, où les classes dominées font directement valoir leurs droits.
À cet égard, voir Beaufort, servi par l'aplomb de Gabin, admonester ses opposants politiques peut nous amuser dans la mesure où l'on conscientise la pièce de théâtre déconnectée du réel à laquelle on assiste.
Ces joutes verbales, aussi ludiques soient-elles, aussi talentueux soit Audiard à manier le verbe, s'inscrivent dans une logique politicienne élitiste. Sa vision contribue à perpétuer le mythe antique des grands orateurs – uniquement des hommes d'un certain statut social et d'un certain âge. Il y aurait ceux à mêmes de protéger les prolétaires, et ceux dont la priorité serait de conserver leurs privilèges bourgeois.
Une opposition entre la gauche et la droite aveugle des véritables enjeux politiques, ceux ne découlant pas de l'élection – épouvantail de la démocratie –, mais des mouvements sociaux organisés, où les classes dominées font directement valoir leurs droits.
À cet égard, voir Beaufort, servi par l'aplomb de Gabin, admonester ses opposants politiques peut nous amuser dans la mesure où l'on conscientise la pièce de théâtre déconnectée du réel à laquelle on assiste.
Inspiré d'un roman de Simenon ce film de politique fiction est plutôt sombre sur ce milieu. Il est vrai qu'en 1961 il puisait dans le contexte de l'instabilité ministérielle des III ème et IV ème républiques donnant des accents gaulliens au président Beaufort que Gabin incarne parfaitement. Blier jeune, est également parfait dans son rôle de traître. La dénonciation des liens des députés avec le monde des affaires n'est rien d'autre qu'une description du capitalisme sans le nommer. Enfin il y'a cette phrase devenue culte sur les patrons de gauche :"J'ai déjà vu des poissons volants mais ce n'était pas la majorité du genre !"
film prodigieux ,avec le rôles prestigieux du président beaufort . Dans le rôles bien joué par Jean Gabin .
Un film en apparence simple, qui est très marquant, très touchant, subtil. Une interprétation magistrale.
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