De la politique-fiction en 1960,c'était une gageure.Et pourtant,Henri Verneuil(dont les oeuvres sont de plus en plus ré-évaluées)l'avait fait!"Le Président" suit les pas d'un ex-président du Conseil,qui en écrivant ses mémoires,se rappelle ces années difficiles et grisantes à la fois,où il tentait d'imposer sa vision de l'Europe,où il subissait les critiques de ses détracteurs et les trahisons de ses collaborateurs.Jean Gabin est absolument magistral dans ce rôle qui lui va comme un gant.Non seulement,il peut imposer sa stature et son comportement(calqués sur Georges Clémenceau),mais il récite avec une verve partagée les dialogues exquis de Michel Audiard.Le morceau de bravoure se situe clairement au milieu du film,lors d'un long monologue à l'Assemblée Nationale,où le président fustige les arrivistes et les hypocrites,et annonce son retrait de la vie politique.On peut clairement y voir une critique des IIIème et IVème répulbique.Bernard Blier lui donne une réplique parfaite,en second qui tente de récupérer une lettre compromettant,l'impliquant dans un scandale financier.Un homme ambitieux mais en quête d'approbation.Un film au discours qui n'a pas pris une ride.
Verneuil signe un film saisissant par l'écho qu'il fait à l'actualité des années 2010. Une modernité du propos sidérante et des dialogues d'Audiard d'une grande finesse qui servent des acteurs excellents.
Un président du conseil se souvient de sa carrière pour l’écriture d’un livre de mémoires. Jean Gabin est plus que parfait dans se rôle. Ce qui étonne s’est la proximité des mœurs politiques d’alors avec aujourd’hui. Les alliances, les stratégies, les coups bas n’ont pas changés. Le film dénonce le conflit d’intérêts des députés par ailleurs chefs d’entreprises, qui votent des lois ou orientent des textes pour leur seul intérêt. Le Président apparaît comme un juste qui place l’intérêt général au dessus de tout, contrairement à tous ceux qui l’entourent ou le combattent. Le Président Jean Gabin est un peu donneur de leçon, mais le film est vraiment intéressant.
Voici un film de Henri Verneuil qui ne rentrera pas dans mes mémoires. La faute à une mise en scène qui paraît aujourd'hui bien démodé et surtout à une intrigue - sur fond de politique - qui est bien loin d'être passionnante. Jean Gabin et Bernard Blier font leur boulot, même si leurs prestations n'est pas non plus d'une grande richesse. Bref, un tout petit film français qui possède sans doute sa plus grande qualité au niveau des dialogues de Mr Audiard.
Verneuil signe une œuvre de politique fiction, chose rare pour le cinéma français, où Gabin incarne un président du conseil s'opposant à son ancien directeur de cabinet. La mise en scène est soignée, les dialogues signés Audiard sont savoureux, et le duel Blier/Gabin réussi. Mais "Le président" est surtout intéressant car il n'a pas pris une ride, en dépeignant la corruption et les magouilles politiques, ou les débats sur la construction de l'Europe. Une curiosité.
Film plutôt méconnu , le président est l'un des rares films français de politique - fiction. Gabin prouve qu'il s'est remarquablement bien adapté à l'époque post duvivier,renoir et autres carné , et signe une composition de premier plan. Verneuil quand à lui , autrefois villipendé par une critique pitoyable et snobinarde lui reprochant le coté commercial de ces films , démontre une nouvelle fois son électisme , pouvant passer de la comédie tendre au film policier, et donc à une adaptation de simenon en un clin d'oeil. A nouveau un très bon film de la part d'un réalisateur dont on ne compte plus les classiques.
Uchronie passionnante au cœur de la politique de la 4ème république, Le Président est un film où la rhétorique est essentielle, portée par deux acteurs au sommet : Jean Gabin et Bernard Blier. Y figure également une belle réflexion sur l'Europe.
Un ancien Président du conseil (Jean Gabin), façon quatrième république, écrit ses mémoires et cherche à éviter le pire au pays. Verneuil a toujours été tenté par la critique sociale. Presque toujours présente dans ses films policiers (par exemple dans « I comme Icare »), elle représente l’essentiel de certaines productions, comme celle-ci : un président au service de la France, qui constate avec amertume que tous les autres font de la politique par intérêt personnel. La forme a de l’élégance, avec ses alternances de dictées du président à sa secrétaire, de scènes du passé, et de scènes du présent. Le tout créant une ambiance cohérente, douce-amère, plutôt agréable, pimentée de discours politiques aux répliques cinglantes signées Audiard (il y a aussi des poissons volants, mais ils ne constituent pas l’essentiel de l’espèce). Sur le fond, Verneuil développe la thèse « tous pourris sauf les gens simples et moi-même » : journalistes, secrétaires, politiciens et autres en prennent pour leur grade. La thèse fait évidemment recette, vu sa démagogie, mais un tel manichéisme, avec des effets aussi appuyés, s’il est roboratif sur le moment, ne fait finalement qu’illustrer la citation de Talleyrand : « tout ce qui est excessif est insignifiant ». Un réquisitoire vain, mais joliment emballé, avec un rôle en or pour Gabin, qui l’interprète d’ailleurs excellemment.
Totalement à l’aise dans son rôle, Jean Gabin est une fois de plus éblouissant, tout en autorité et doté d’une faconde inimitable. Cette plongée dans les arcanes du pouvoir met en plus à jour la gestion des affaires vue des coulisses, lieu des arrangements les plus divers et des calculs les plus intéressés : toujours d’actualité quelques décennies après. Les autres interprètes ont par contre un mal fou à exister, et exception faite de la joute verbale avec Bernard Blier en toute fin de film, c’est un quasi monologue qui nous est servi, la réalisation n’étant malheureusement pas exempte de quelques longueurs.
Le Président est un film moyen.Le scénario manque d'épaisseur et de relief malgré une bon construction narrative.La mise en scène,moyenne,est académique et désuète.Le film manque cruellement de rythme et contient de nombreux temps morts(certaines scènes sont trop longues).Le principal point fort de l'oeuvre est la bon interprétation de Jean Gabin qui interprète un président crédible,virulent,imposant et politiquement incorrect.Prestation en demi-teinte de Bernard Blier,sobre mais avec un jeu plus distant qu'a l'accoutumé.Bon travail au niveau du cadrage avec de nombreux mouvements de caméra fluides(travelling divers).Les décors sont minimalistes et la musique est surchargé.Les dialogues de Michel Audiard sont incisifs et percutants.Henri Verneuil dénonce dans ce long métrage avec une liberté de ton étonnante le monde impitoyable de la politique et des finances.Le Président est donc un film désuet, très inégal,qui reste en surface à cause d'une mise en scène trop académique.
Quand Audiard, qui reste incontestablement le meilleur dialoguiste du cinéma français, s'en prend à la politique, et quand Jean Gabin incarne un homme d'état sur sa fin mais dont la verve est plus énergique que jamais, on ne pouvait s'attendre qu'à un chef d'œuvre immortel tant sur le fond que sur la forme... et on n'est pas déçu en découvrant cette intrigue haletante où les discours politiques et les coulisses des campagnes électorales restent d'actualité 50 ans plus tard!