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3,0
Publiée le 23 avril 2026
Avec Yoyo, Pierre Étaix rend hommage au burlesque muet dans une forme élégante et mélancolique. Le film séduit par son inventivité visuelle et son sens du gag, hérités de Charlie Chaplin et Buster Keaton. Pourtant, cette filiation assumée peut parfois donner le sentiment d’un exercice de style plus que d’une œuvre pleinement personnelle. La narration, fragmentée, avance par tableaux inégaux. Reste un film charmant et poétique, mais dont la nostalgie limite légèrement l’impact.
Le synopsis est un total contresens. Il serait bon de le réécrire, désolé. Le millionnaire joué par Pierre Etaix reconnaît son ex-amour, dont le fils lui ressemble, etc.
Je ne suis pas fan de cet univers qui mêle le burlesque au ridicule. J’admets que la frontière est mince. B. Keaton ne la dépassait jamais. Tati par exemple était constamment du mauvais côté. Ici quelques scènes auraient pu faire un beau film mais de multiples détails fâchent la personne ronchonne que je suis. L’ensemble manque de poésie pure. Le film n’en est pas dénué certes mais c’est le mélange des deux qui pour moi est mal assorti. Rajoutez en plus qu’on a du mal à différencier l’acteur de la fin de l’acteur du début. Évidemment c’est le même sauf qu’il est censé être le fils du père. C’est confus
Un film à part pour un réalisateur à part qui signe avec Yoyo un superbe film sur le cirque en multipliant les idées. Il rappelle à quel point le cinéma d’hier pouvait se montrer inventif avec trois fois rien. Yoyo est une réussite d’interprétation pour commencer. Etaix, par ailleurs clown, comédien, gagman, est parfaitement à l’aise dans un double rôle taillé sur mesure pour lui. Il se fond presque, d’une certaine manière, dans sa propre vie, celle d’un clown touche-à-tout et un peu fou au succès jamais démenti ! Il est à la fois drôle, touchant, poétique, burlesque, et rend hommage avec habileté à ses inspirateurs, notamment Chaplin. Autour de lui d’excellents interprètes, en particulier Luce Klein et William Coryn avec lesquels il forme un touchant trio dans la partie centrale du film. Le scénario est très simple et très efficace. Il raconte la jeunesse et l’ascension d’un clown qui se trouvera, un jour, confronté à un choix. C’est une histoire simple mais racontée avec beaucoup de poésie, de douceur, d’humour, et d’ailleurs, à chaque fois qu’on croit que le métrage va s’essoufler, pouf, un gag sorti de nulle part vient relever immédiatement l’affaire. Hommage au monde du cirque, c’est plaisant de voir un film qui a une approche légère et drôle du cirque à l’ancienne, souvent plus dans l’esprit d’un Rémi sans famille ! Le tout, il faut le préciser, quasiment entièrement en muet, un tour de force payant car ça plonge encore davantage dans l’ambiance. Formellement, c’est superbe. Les décors sont grandioses, notamment le château, superbe, en particulier lorsqu’il est décrépi. L’ambiance du cirque est bien là, il y a des tas d’idées de mise en scène brillantes (la caméra subjective par exemple), un sens de la mise en scène du gag particulièrement affuté et énormément de narration visuelle. Le film est une réussite, avec en sus beaucoup de figuration, de beaux costumes, et une bande son très présente et variée qui accompagne à merveille le film. A noter aussi l’humour sur les bruitages qui finissent de faire de ce film un indispensable de sa génération. A mon sens, Pierre Etaix signe là un des grands films de sa génération, un film qui emploie à peu près tout ce qui était déjà désuet dans les années 60 pour faire un film quasiment d’avant-garde ! Brillant. 5
Hommage au monde du cirque, une fresque pleine d’humour burlesque, de poésie et de mélancolie, qui s’écoule sur quarante années, des Années folles aux Trente Glorieuses, servie par une mise en scène pleine d'inventivité.
Chassez le naturel, il revient au galop comme une expression toute faite : pour son deuxième film, Étaix retournait déjà au cirque. Il fait le clown, mais c’est bien plus que ça : on le connaît principalement pour Yoyo car il y est un peu tout. Il était temps de reprendre sa filmographie dans l’ordre.
Il démarre en cinéma muet jusqu’à la crise économique de 1929 ; avec la guerre, c’est le seul évènement qui vient influer sur le cours de l’histoire de Yoyo. Et ce n’est pas rien de tout faire en fonction d’un genre éteint depuis si longtemps : intertitres et gros plans fixes ne font pas tout et les gags doivent être dimensionnés en fonction. Par contre, le film doit acquérir bien vite les traits d’une compilation, succession oiseuse de petits sketchs.
Il y a quand même du bon à prendre de tous côtés : en clown ou en magnat, Étaix est drôle, ses moqueries un peu absurdes à la hauteur de son air égaré. Il est le digne secrétaire général du groucho-marxisme, et non content de déposer des petites pépites comiques comme un Grand Poucet heptartistique, il vise la transformation, la rétrospective.
Étaix, de bourgeois, devient père et clown. Quand le personnage s’efface, il se met à incarner le fils, Yoyo, qui lui ne rencontrera ni de crise économique ni de guerre. Il jouira de sa célébrité dans un cirque qui devient métaphorique, puis télévisuel, puis le déshérite. De ce questionnement sur la légitimité d’une vie, le clown fait rejaillir une thèse bien sérieuse, sans morale, où Étaix semble se juger lui-même sans sévérité ni encourager au vice.
Plus qu’un film mimé où se rencontrent Chaplin et les arts du chapiteau, c’est une comédie mal scénarisée et inconstante, mais c’est surtout sincère. Quand on a vu Le Soupirant et qu’on en a été un autre devant les affreux parents de Le Grand Amour, c’est un soulagement et un plaisir de voir quelque chose d’autre encore que cela ou le surréalisme sortir de l’esprit d’Étaix.
Note sévère car le potentiel qui était à exploiter pour ce long métrage aurait du l'être de manière plus ambitieuse quand le réalisateur s'appelle Pierre Etaix. En clair, on ne rigole pas beaucoup pour un film censé être comique.
Certes, les idées ne manquent pas mais ils sont pour la plupart mises en valeur sans perdition.
Il manque donc à ce deuxième opus la légèreté d'un Charlie Chaplin et la dextérité d'un Max Linder.
2d film de Pierre Etaix. Très beau film plein d'humour et de poésie. Le thème du film est original, le récit comporte 2 parties : une partie muette, et une partie parlée. La partie muette présente de nombreux gags et fait penser à Buster Keaton. Importance des bruitages. La réalisation est presque parfaite, très efficace. Tout au long du film, c'est un vrai plaisir que l'on prend à suivre les aventures de Yoyo. Naîveté, poésie et humour accompagnent cette histoire à la fin très morale...
Pierre Etaix propose de nombreux clins d' oeil et rend hommage en particulier à Max Linder dans une première partie totalement muette, attention la suite ne sera pas beaucoup plus bavarde ça peut en refroidir un certain nombre. C'est première partie est assez géniale et esthétiquement très réussie ensuite le réalisateur fait évoluer son scénario en fonction des événements historiques ce qui donne encore lieu à de bons gags. Cependant le final reste un peu moins inspiré.
Une comédie française de Pierre Etaix, tournée en 1964, qui sonne comme un hommage sincère et affectueux à Charlie Chaplin, au cinéma muet et au monde du cirque. La réalisation est riche en gags sonores et trouvailles visuelles, en idées fines et inventives, le tout sublimé par une superbe photographie en noir et blanc. La mise en scène inspirée s’ajoute à une histoire tendre, mélancolique et nostalgique. Cependant, une inégalité de rythme et quelques longueurs sont parfois perceptibles. Une réalisation à l’humour burlesque et poétique, à l’univers graphique et émotionnel, qui rappelle agréablement les œuvres de Jacques Tati sans toutefois les surpasser. Un beau film français, empli de charme et de drôlerie !
Avant tout, Yo-yo est un film inspiré de la propre expérience d'Etaix en clown. Ici, ce n'est pas l'auguste qu'il incarne mais un clown triste et mélancolique. Issu d'une famille forcée par la pauvreté de rentrer dans les arts du spectacle, il s'attache à cette passion et devient clown, jusqu'à devenir célèbre, mais se rendant compte que, dévoré par sa passion et la fermeté de la haute bourgeoisie, il perdra le respect de ses parents et de la fille qui l'aimait. Cette mélancolie racontée subtilement, par gestes et expressions par Etaix, est exprimée avec poésie dans le cadre et la musique, petite valse d'errance qui devient le thème du film. On le voit dans les symétries parfaites, qui ne permettent pas une volonté de cadrage déjanté ; notons la référence picturale au tableau de Jean-François Millet, l'Angélus. Le son est très travaillé et est une des marques de fabrique du cinéaste. Il ajoutera quelques absurdités trouvées avec Carrière au scénario : la nature morte en trompe-l'oeil, la liaison Karl / Groucho Marx, le clin d'oeil à Chaplin. L'absurdité mélée à la poésie enfantine, voilà ce qu'est le film de Etaix, qui compare, dans le plan final, la cour du château au chapiteau d'un cirque.
A vouloir imiter de manière flagrante et sans grande originalité Chaplin, Keaton, et en faire trop dans les gags pour ne pas faire rire (finalement), la comédie devient vite fatigante et bruyamment fatigante (le comble pour une comédie censée être muet). La partie muette avec des bruitages en fond sonore est une bonne chose pour la narration ; cela fonctionnait bien, c'était burlesque et amusant mais je ne sais pas pourquoi avoir basculé après la première heure dans le parlant, du coup ça enlève tout charme au film qui en possédait au début. De très bonnes idées de mise en scène (spoiler: l'avion qui avale un avion de guerre, les employés tombant du haut d'un immeuble pour rappeler la crise boursière de 1929, les danseuses de Charleston, le chien, etc. ) mais par moment ne décolle jamais vraiment.
L’immense et méconnu Pierre Étaix nous offre un petit chef-d’œuvre, hommage sublime au cinéma muet, au cinéma burlesque et au cirque, sa passion, paraît-il. Un noir et blanc somptueux, une réalisation travaillée. Mais surtout une suite de moments comiques ou nostalgiques, une avalanche de gags discrets et de clins d’œil, une empreinte permanente de poésie. Inclassable chef-d’œuvre remarquablement restauré, heureusement pour la gloire d’un certain cinéma français.
Une fois de plus je suis épaté par Pierre Étaix. Toute les dix secondes, il y a une idées ou trouvailles visuelles, un gag ou bien encore un moment de poésie. Les 30 premières minutes sont les meilleures et muette mais les bruitages sont géniaux, en plus de tout cela je trouve que ce film est bien réalisé.
Considéré comme le meilleur film de Pierre Etaix,"Yoyo"(1964)est autant un vibrant hommage au cinéma muet,qu'un manifeste pour l'univers du cirque,qui a toujours fasciné Etaix.Quel plaisir de redécouvrir cette oeuvre qui emprunte à Chaplin,Keaton et aux Marx Brothers dans un humour burlesque et poétique,qui laisse perçer une mélancolie durable.Beaucoup d'humanité,et l'envie de vivre ses rêves d'enfant.Ici,le petit Yoyo,riche,et vivant dans un manoir,recherche les plaisirs simples de la vie itinérante,de la camaraderie et de l'épate.Etaix est fort sur les gags sonores et pour se muer en clown blanc.Il est beaucoup moins à l'aise,lorsqu'il s'agit de mieux répartir les moments forts.Son film accuse des longueurs,et est un peu avare en rires.Mais il provoque indéniablement un sentiment de plénitude,et on a envie de conserver en mémoire ce petit trésor du genre.Et il fallait du culot pour tourner une première demi-heure muette,ou mettre à l'image un faux-journal télévisé dans une toute petite lucarne.