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rogerwaters
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2,5
Publiée le 23 janvier 2016
Film d’Yves Allégret sorti en 1952 et ayant fait près d’un million et demi d’entrées, La jeune folle est totalement oublié aujourd’hui. Si le long-métrage n’est pas toujours passionnant à suivre, on peut regretter qu’il soit à ce point tombé dans les oubliettes de l’histoire du cinéma. Effectivement, le cinéaste avait le mérite de s’emparer d’un sujet pas banal (la trahison au sein d’un mouvement indépendantiste irlandais) et de le rapprocher des œuvres de Carné de la période des années 30. Le ton est donc très déclamatoire, les personnages ne cessent de dialoguer sous forme d’aphorisme et l’ensemble du film baigne dans une atmosphère irréelle (le fait que tous ces irlandais soient interprétés par des titis parisiens n’aide pas en matière de crédibilité). Disons que le métrage possède un certain charme suranné, mais qu’il a surtout mal vieilli. Je pense d’ailleurs qu’il était déjà démodé au moment de sa sortie. Les acteurs font ce qu’ils peuvent pour rendre leurs personnages attachants, mais ils n’y parviennent pas totalement et leurs crises de larmes et de conscience nous laissent souvent froids. Bref, un bilan très mitigé pour une œuvre bancale, mais assez attachante quand même.
L'histoire se déroule en 1922 dans l'Irlande en proie à la guerre civile. C'est francisé et si peu ou mal contextualisé que le drame et les personnages ne se départiront jamais de leur caractère théorique. Le film d'Yves Allégret est conforme à la Qualité française -selon Truffaut- des adaptations littéraires des années 50. Conforme au soin formel indéniable de la réalisation -en particulier, ici, les rues nocturnes et blafardes de Dublin- et …aux personnages factices qui s'affichent dans le décor. Danielle Delorme est une innocente illettrée, domestique méprisée dans un couvent et sujette à des hallucinations, ce qui fait d'elle une jeune "folle". A la recherche de son frère bienaimé, elle se lie avec un militant (Henri Vidal) dont elle ignore spoiler: qu'il vient de liquider son frère.
Cette relation romantique et mélo entre les deux personnages est le cœur du récit ; sans préjudice d'autres thèmes (comme l'engagement combattant, par exemple) induits par le sujet et probablement par le roman adapté mais qui ne prennent aucune importance dans le film. A vrai dire, le film d'Allégret est assez étrange, autant par son authenticité irlandaise défaillante qu'à cause de l'anecdotisme où le maintient la mise en scène. Danielle Delorme ne démérite sans doute pas en jeune fille hagarde, mais il passe dans sa composition plus de romanesque que de vérité. Le réalisateur n'est pas qualifié pour donner à son personnage et aux autres, ou à l'amour naissant entre Catherine et Steve, une sensible portée dramatique.
Bon film. Ce n'est pas le film le plus connu d'Yves Allégret mais il mériterait d'être plus connu. L'histoire se déroule en Irlande en 1922, en plein insurrection nationale : Catherine, jouée par Danièle Delorme, ménagère dans un couvent va partir à la recherche de son frère qu'elle a entendu dans un rêve l'appeler au secours. Le duo Danièle Delorme/Henri Vidal fonctionne merveilleusement bien. Danièle Delorme joue certainement l'un de ses meilleurs rôles. On a hâte de savoir comment cela va se terminer.