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Bigas Luna est aujourd’hui connu pour être un réalisateur sulfureux dont les films sont essentiellement centrés sur les rapports amoureux et sexuels entre les hommes et les femmes et qui ont permis à Javier Bardem et Penelope Cruz de se faire un nom dans le cinéma espagnol. On avait oublié qu’il avait réalisé en 1987 un petit joyau du film d’horreur que Wild Side Vidéo a eu la très bonne idée de ressortir en DVD agrémenté d’une interview explicative du metteur en scène. Car ne nous y trompons pas c’est une œuvre très personnelle livrée par le réalisateur bien plus qu'un simple film de commande. Le principe du film dans le film n'a jamais été aussi bien employé que par Bigas Luna qui grâce à ce procédé virtuose mais périlleux joue en permanence avec les nerfs du spectateur. L’entame d’un baroque absolu met en scène deux acteurs spécialistes du genre dont la très bizarre Zelda Rubinstein réputée pour sa petite taille et sa voix enfantine quoique rocailleuse , qui dans un appartement rococo nous exposent des rapports pour le moins névrotiques entre une mère et son fils. C’est l’occasion pour Luna de rendre en moins de dix minutes, trois hommages appuyés à Hitchcock. Aux « Oiseaux » tout d’abord avec l’échappée d’un volatile qu’il faudra aller délivrer de son emprisonnement derrière une armoire d’époque, « Vertigo » ensuite avec l’hypnose de Michael Lerner imagée de façon très explicite par la spirale en mouvement portée sur l’ affiche du chef d’œuvre du maître, « Psychose » enfin pour les rapports de soumission du fils à sa mère.
spoiler:
D’emblée Luna met le spectateur mal à l’aise avec cette longue exposition suivie de la découverte de la folie du fils apprenti chirurgien qui sur simple suggestion de sa mère s’est mis en tête d’énucléer tous les habitants de la ville. Une fois le décor planté, commence la mise en abyme qui conduit Michael Lerner dans un cinéma de quartier où le drame se déroulera tout à la fois sur l’écran et dans la salle. La transition est tellement bien amenée et si loin dans le film qu’elle constitue un véritable choc. A partir de là, Luna prend un malin plaisir à jouer avec le spectateur qui ne sait jamais très bien dans quel film il est exactement
. Le suspense va crescendo jusqu’à la fin du métrage, Luna maîtrisant parfaitement tous les paramètres de son ouvrage. A la vision de ce petit chef d'œuvre du genre on se demande bien pourquoi il n'a pas fait un tabac à l'époque et on se prend à rêver à la tournure qu'aurait pu prendre la carrière de Luna s'il avait persévéré dans cette voie qui semblait faite pour lui. A noter outre les références hitchcockiennes, l'hommage rendu à Bunuel et à son "Chien Andalou" au cours d'une scène directement inspirée de l'image gravée dans toutes les mémoires.
. Le suspense va crescendo jusqu’à la fin du métrage, Luna maîtrisant parfaitement tous les paramètres de son ouvrage. A la vision de ce petit chef d'œuvre du genre on se demande bien pourquoi il n'a pas fait un tabac à l'époque et on se prend à rêver à la tournure qu'aurait pu prendre la carrière de Luna s'il avait persévéré dans cette voie qui semblait faite pour lui. A noter outre les références hitchcockiennes, l'hommage rendu à Bunuel et à son "Chien Andalou" au cours d'une scène directement inspirée de l'image gravée dans toutes les mémoires.
25 ans après sa sortie dans les salles, Angoisse de Bigas Luna demeure une grande expérience cinématographique, viscérale, claustrophobe, étouffante et obsessionnelle, dont on ressort véritablement exténué. En multipliant les fausses pistes et en adoptant un ton à mi-chemin entre le surréalisme et le film d'horreur, le cinéaste espagnol invite le spectateur à entrer dans un film interactif rappelant le cinéma de Brian de Palma (on pense bien évidemment à Body Double), de Dario Argento (Ténèbres) et même Un Chien andalou de Buñuel. Il serait difficile voire inutile d'analyser Angoisse tant le film étonne toujours aujourd'hui par sa complexité et son pouvoir hypnotique. Les mises en abyme sont réellement vertigineuses et n'en finissent pas de nous serrer la gorge jusqu'à la dernière image. Mais mieux vaut en savoir le moins possible afin de jouir entièrement de ce superbe objet de cinéma diaboliquement interprété (Zelda Rubinstein vue dans Poltergeist est particulièrement angoissante) et mené de main de maître (même le générique est un véritable tour de force), qui une fois vu s'imprime dans nos mémoires de cinéphile. Par-dessus tout, Bigas Luna (nommé au Goya du meilleur réalisateur en 1988) se pose la question de la responsabilité de l'artiste face à son oeuvre. Alors, attention à la paranoïa la prochaine fois que vous vous assiérez au cinéma, n'oubliez pas le popcorn et attention les yeux !
Alors soit je n'ai absolument rien compris, soit le film n'a aucun intérêt et il n'y avait rien à comprendre. Reste le côté un peu psychédélique, une bien maigre consolation...
Et il faut compter avec la prétention en plus !
Résumé du scénario selon mon interprétation: spoiler: un film diffusé au cinéma possède un pouvoir hypnotique qui va pousser un fan dudit film à tuer plein de gens dans la salle. Et c'est tout.
Et il faut compter avec la prétention en plus !
Résumé du scénario selon mon interprétation: spoiler: un film diffusé au cinéma possède un pouvoir hypnotique qui va pousser un fan dudit film à tuer plein de gens dans la salle. Et c'est tout.
Angoisse, film quasi introuvable, est celui qui m'a laissé le souvenir le plus impérissable. Angustia de par son titre original, ou Anguish en anglais laisse une empreinte indélébile pour celui qui l'a vu. Excellement bien filmé, pas tape à l'oeil ni marqué par son époque, il laisse une impression d'étouffement, d'oppression, de malaise. Ses mises en abymes permanentes font en sorte que le spectateur ne sait plus où il en est, c'est assez incroyable que ce film unique en son genre (et pourtant on peut dire que j'en ai vu des films d'horreur) ne soit pas recencé sur les sites spécialisés. C'est un peu comme si on oubliait Brazil ou Orange Mécanique en parlant de films cultes!
Un film d'horreur original et très surprenant, notamment du fait de la mise en scène. Les acteurs jouent justes et le scénario est bien ficelé. Une bonne surprise, surtout de la part d'un réalisateur qui n'est pas un spécialiste du genre !
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