Avant le déluge
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soniadidierkmurgia

1 435 abonnés 4 336 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 février 2020
Décidemment André Cayatte est un réalisateur sous-estimé. Résolument engagé, l'ancien avocat s'est souvent vu reproché le traitement sans guère de nuances des sujets qu'il abordait. Ici, il démontre tout le contraire à partir d'un scénario écrit en collaboration avec Charles Spaak. Alors que la France est impliquée dans la guerre de Corée, la crainte d'une guerre nucléaire envahit l'opinion publique. C'est dans ce contexte où les blessures d'après guerre sont encore mal refermées que quatre jeunes gens rêvant d'aller vivre une vie meilleure dans une île de Polynésie comparaissent pour le meurtre d'un gardien de nuit. Leurs parents leur font face dans la salle d'audience et la caméra de Cayatte les découvrent un à un en travelling avant de s'arrêter sur chacun pour aller tenter de comprendre dans l'éducation des accusés ce qui a pu générer une telle violence. Bernard Blier encore une fois stupéfiant de vérité, Paul Frankeur, Jacques Castelot, Isa Miranda, Line Noro et Antoine Balpêtré vont épauler brillamment le réalisateur pour cette introspection qui balaie de nombreuses problématiques comme l'antisémitisme, l'excès d'amour maternel, la difficulté du veuvage ou encore la démission parentale. Progressivement le drame se construit par addition des angoisses et des manques de chacun des jeunes gens pour aboutir à une conclusion tout aussi subversive que celle de "L'appât" de Bertrand Tavernier sorti 40 ans plus tard et qui tout comme le film de Cayatte souleva quelques polémiques induites par la déliquescence de l'éducation qu'il présentait. Sujet éternellement d'actualité déjà traité avec force et acuité par André Cayatte en 1954.
groil-groil
groil-groil

105 abonnés 186 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 septembre 2006
André Cayatte réalise « Avant le Déluge » en 1953, juste après « Nous sommes tous des assassins ». Mis à part la présence de Marina Vlady et de Bernard Blier au générique, tous deux excellents, on ne pensait pas grand chose de ce film avant de le visionner. Et pourtant, c’est une claque, tant dans son récit que dans sa mise en scène, tous deux amples et ambitieux, riches et complexes. Le film s’ouvre sur une scène de procès : quatre adolescents sont entendus par la Justice pour avoir commis un meurtre, ils attendent, terrifiés, leur condamnation. Les parents sont dans la salle. Par le biais d’astucieux flashes-back continus et d’habiles récits croisés entre les quatre familles, Cayatte nous raconte alors ce qui a pu mener ces quatre enfants de bonne famille, étudiants brillants, à ce terrible drame. Juste après la fin de la seconde guerre mondiale, la population redoute l’éclatement d’un nouveau conflit en Corée. La bande de jeunes amis projette alors, pour fuir ce danger, de s’enfuir sur une île du Pacifique. Mais pour réaliser ce doux rêve d’adolescent, il faut de l’argent… et ceux-ci n’ont pas de meilleure idée que d’organiser un cambriolage… qui bien entendu tournera vite au drame. Au delà du récit déjà fort prenant, Cayatte livre un constat lucide et désabusé sur la jeunesse française d’après-guerre, sur la perte de l’innocence et des illusions. Plus encore, Cayatte ose des choses véritablement incroyables pour l’époque, comme montrer des seins nus de manière ostentatoire, ou encore inscrire dans son récit de manière affichée et volontaire, un couple d’homosexuels parmi les rôles principaux, qui ne sont ni condamnés ni montrés du doigt à cause de leur préférence sexuelle. En plus d’être un film dense et prenant, « Avant le Déluge » est aussi un film engagé et courageux.
chrischambers86

16 164 abonnés 13 117 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 4 octobre 2024
Tableau du dèsarroi de certains milieux d'une èpoque à jamais rèvolue avec ces quatre ados qui se voient passer en cours d'assise pour avoir ètè mêlès à un crime! Jacques Castelot ne tarit pas les mots : « Tuer un veilleur de nuit, c'est presque un policier » . Voici donc une ètude psychologique très approfondie, mise en chantier à partir d'un script savamment construit de Charles Spaak! Une fois encore, Andrè Cayatte se hisse contre les tares de la justice! Les seconds rôles sont excellents (Antoine Balpêtrè, Bernard Blier...) et l'une des robes (tout en journal) que porte la jeune Marina Vlady (seize ans seulement) dans sa première partie est d'une affolante originalitè! Même si "Avant nous le dèluge" paraît datè (la sociètè a bien changè depuis), cette oeuvre d'inspiration, plus ou moins dramatique / policière dans laquelle les parents et le fonctionnement de la justice sont mis en cause, captive autant qu'elle dèconcerte! Le dèluge est peut-être pour demain messieurs-dames ?
In Ciné Veritas
In Ciné Veritas

108 abonnés 922 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 janvier 2020
Avant le déluge fait sans nul doute partie des films les plus importants et intéressants parmi ceux réalisés par André Cayatte. Dans la tétralogie sur la justice que le cinéaste a réalisée, ce film intervient après Justice est faite (1950) et Nous sommes tous des assassins (1952) et sera suivi par Le dossier noir (1955). Au-delà de l’appareil judiciaire, Cayatte interroge l’incompréhension entre parents et enfants, les souvenirs de la Seconde Guerre mondiale encore présents dans l’esprit de la population dont l’antisémitisme mais aussi la crainte d’un troisième conflit généralisé en regard des évènements en Corée. Critique complète sur incineveritasblog.wordpress.com/festivals/lumiere/lumiere2019/
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

91 abonnés 4 227 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 4 janvier 2025
Le film s'ouvre sur quatre adolescents debout dans le box des accusés d'une cour d'assises dans l'attente du verdict. Quel crime ont pu commettre ces trois garçons et cette jeune fille apparemment de bonne famille? La caméra d'André Cayatte fixe les parents dans la salle comme pour pointer leur responsabilité.
Flashback sur l'ensemble des personnages et sur les faits.
En cinéaste-avocat et spécialiste de la chose judiciaire, Cayatte pousse le bouchon un peu loin et sa démonstration sur les déterminismes sociaux et familiaux, comme des fatalités, est excessive et, même, tourne au mauvais mélo. Sur fond de guerre de Corée qui annonce peut-être la troisième guerre mondiale et le possible cataclysme atomique, qui affolent le bourgeois et incite la jeunesse à rêver d'évasion lointaine, Cayatte met en scène le projet candide d'une groupe de lycéens et les turpitudes de toutes natures de leurs ainés. Les premiers font de trop commodes victimes expiatoires des "péchés" et des laideurs des adultes.

Sur la forme, la faiblesse du film tient beaucoup à l'interprétation de jeunes acteurs à qui on demande jouer comme des grands, avec l'esprit des grands. Le dénouement, théâtral, souligne plus encore cette maladresse (et j'admets ne pas supporter Marina Vlady à cette époque, avec ses minauderies d'adolescente et sa voix aigüe).
Et puis, en mettant la fin au début pour favoriser son postulat, au détriment du suspense, le réalisateur diminue l'intérêt de l'intrigue, laquelle devient trop lisible dans un film trop long.
Il faut reconnaitre à Cayatte et à Charles Spaak, son co-scénariste et dialoguiste, de composer des portraits variés (d'adultes) assez fins pour éviter la caricature. Mais, décidément, ces parents fustigés méritent-ils qu'on leur mette tout sur le dos?
Pascal
Pascal

253 abonnés 2 399 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 2 août 2025
Grand succès au moment de sa sortie ( 2,6 millions de spectateurs), prix de la critique ( Cannes 1954 ), " Avant le déluge" est un peu oublié aujourd'hui.

Il faut dire que André Cayatte ne fut pas épargné par la critique influente que fut celle des cahiers du cinéma au moment de la naissance de la nouvelle vague.

Si Cayatte fût défendu par Yves Boisset notamment ( Bertrand Tavernier fit aussi beaucoup pour la reconsideration du cinéma de " qualité française" ), il est toujours considéré avec condescendance comme le représentant du film à thèse.

" Avant le déluge" n' a pourtant rien perdu de sa pertinence. C'est ici l'importance cruciale du rôle des parents, de l'éducation, dans la construction psychologique de leurs enfants.

Reposant sur un scénario qui mêle étude de caractères et film criminel, " Avant le déluge" fait bien sûr penser au postérieur " l'appât " de Bertrand Tavernier ( ours d'or à Berlin).

Le casting permet de voir débuter à l'écran Marina Vlady ( 16 ans lors du tournage) et revoir Bernard Blier, André Castelot et Paul Frankeur ( acteurs majeurs de la période).

Même si les cinéastes de la nouvelle vague reviendront par la suite sur leurs commentaires acides, à l'égard du travail artistique de cinéastes qui tenaient alors le haut du pavé, le mal était fait.

Éternelles querelles entre les modernes et les anciens. Il faut revoir " Avant le déluge".
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 1 mai 2012
Un peu trop d'éléments et à vouloir tous les joindre Cayatte ajoute de la lourdeur et perd son efficacité habituelle. En compensation cela donne de la richesse au film donc l'ensemble s'équilibre. Même chose pour les acteurs il y a du très bon et du moins bon, et si je n'ai pas rêvé, Cayatte passe à coté de Gérard Blain qui n'a qu'une petite réplique :-(
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