Comment souvent chez Naruse, la première partie du film est dispersée, elliptique, avant de se concentrer sur un personnage et d'en éclairer la signification. Il s'agit encore ici du portrait d'une femme seule pour élever son fils, obligée de travailler dans un bar pour joindre les deux bouts avec le mince espoir de trouver un compagnon. Mais les hommes sont si veules ! Moins réussi que Quand une femme monte l'escalier, dont le thème est voisin.
Beau film de Naruse où Kinuyo Tanaka et Kyôko Kagawa, que l'on retrouvera toutes deux dans "La Mère", incarnent deux générations d'hôtesses désireuses de quitter leur condition et de rencontrer l'homme honnête avec qui refaire (ou faire) leur vie. La plus jeune l'emportera, suscitant le courroux passager de son aînée, qui donne le sentiment d'avoir laissé passer le dernier wagon. Comme toujours, beaucoup de sensibilité dans l'évocation du temps qui passe et dans la culpabilité d'une mère, dont le travail la contraint à négliger son fils.
Ressortie en salle de " Ginza cosmetics " ( " le fard de Ginza " ou aussi " lumières de Tokyo" ) opus de 1951 de Mikio Naruse, sorte de répétition avant la période reine de ce cinéaste majeur de l'histoire du cinéma japonais ( et sans doute du Septième art tout court ).
Kinuyo Tanaka est absolument admirable dans ce portrait de gérante d'un bar à hôtesses de l'après-guerre, mère célibataire, qui recherche l'amour sincère comme compensation à la dureté émotionnelle de sa vie.
Le scénario met du temps avant d'aborder le cœur du sujet, en s'attachant à nous montrer plusieurs aspects de la vie du personnage principal et permettre de mieux comprendre son intériorité cachée derrière son masque social.
La désespérance n'atteint pas encore le degré extrême que Naruse développera dans ses opus futurs. Ici au moins, un personnage féminin semble trouver l'amour et le bonheur reste encore pour Naruse, une option possible.