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BabsyDriver
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3,0
Publiée le 24 juillet 2025
Western apologiste comme il y en eut quelques-uns dans les années 50, encore que le héros est un sudiste voulant se remettre de la défaite humiliante de la Guerre de Sécession en rejoignant des Sioux joués par des blancs badigeonnés d'auto-bronzant. Le passage d'une culture à l'autre en faisant la course contre les flèches est tout de même intéressant, même si le film souffre de ses moyens limités à cause d'un studio en fin de règne, la RKO. Fuller tente de masquer cela en affichant une certaine brutalité,spoiler: notamment lors de l'assaut final sur le Fort.
Malgré son scénario marquant l’ambivalence d’un soldat qui prend partie contre son camp, ce western m’a véritablement beaucoup ennuyé. Il navigue entre les deux et on retrouve le héros une fois avec les américains, une fois avec les indiens et sa femme indienne toujours collée à lui dans tous les cas. Ça manque totalement de dynamisme
Ce western de Samuel Fuller qui ne prend partie ni pour les indiens ni pour les américains est arbitré par Rob Steiger qui joue le rôle d'un sudiste (John O'Meara) n'acceptant pas la défaite de son camp et la résignation des siens et qui décide de se faire "adopter" par une tribu Sioux afin de pouvoir continuer à combattre les soldats américains. Chaque camp aura sa brebis galeuse (Crazy Wolf chez les Sioux et le lieutenant Driscoll (le nordiste blessé par O'Meara avec la dernière balle tirée lors de la guerre de sécession à Appomattox) pour la cavalerie), ainsi que ses âmes valeureuses (Blue Buffalo et Red Cloud d'un côté et le Capitaine Clark de l'autre) jusqu'à l'affrontement final lors de l'attaque du fort et la prise de conscience de O'Meara qu'il ne pourra définitivement pas faire partie de la tribu qui l'a adopté (spoiler: lors de la scène de torture du lieutenant Driscoll qu'il se résout à abattre avec la balle souvenir qui lui a été offerte à la fin de la guerre afin d'abréger ses souffrances ). Le tout est relativement bien interprété et filmé dans les paysages sauvages de l'Utah, même si ils ne sont pas spécialement mis en valeur par le réalisateur. "Le jugement des flèches" n'est donc pas le meilleur western de ce dernier, mais le scénario est suffisamment original et inédit pour le rendre intéressant.
"Le Jugement des flèches" est un western qui manque quelque peu d'action. Mais il est tout de même à visionner car on se prend rapidement d'affection pour le personnage principal, incarné avec talent par Rod Steiger, qui est un ancien soldat sudiste qui décide de devenir un Sioux, ce qui ne sera évidemment pas sans conséquence. Côté casting, je retiendrais aussi la solide performance de Charles Bronson dans le rôle de l'indien Blue Buffalo, mais aussi la présence de la charmante Sara Montiel. Un western de Samuel Fuller que l'on prend plaisir à visionner en règle générale d'autant qu'il possède une belle BO signée Victor Young.
Samuel Fuller a une certaine réputation mais je suis un peu partagé sur ses films (en tout cas sur ceux que j'ai vu) mais Le Jugement des flèches est clairement l'un de ses meilleurs. Ce western assez sombre voire violent (à l'image du final assez dur) annonce un peu le tournant des westerns américains des 2 prochaines décennies qui seront en partie influencés par le style des westerns spaghettis. Sa courte durée le rend assez intense (bien que 15/20 minutes aurait pu apporter plus de développement à l'histoire) et le ton assez incisif fait de ce western un bon film du genre, Rod Steiger acteur que j'apprécie dont certains reprochent parfois son cabotinage est ici bien dans la peau de ce Sudiste rejoignant les Sioux par refus de la défaite du Sud. Bien mené voilà un western à découvrir avec une vision non manichéenne des Indiens.
Je n'aime pas trop les westerns mettant en scène les indiens, on a généralement droit à quelques scènes ridicules. Ici encore on n' y échappe pas mais fuller à coté de ça propose aussi des scènes et quelques réflexions intéressantes. Tout de même c'est réconciliation à l'écran entre nordistes, sudistes et indiens parait assez naïve voir de mauvaise foi vu ce qu'ont du subir les derniers, il y a maldonne là.
Soldat confédéré pendant la guerre de Sécession, O'Meara a tiré la dernière balle de la guerre. Mais refusant de reconnaître la souveraineté des États du Nord, O'Meara s'en va vivre chez les Sioux qui luttent encore contre les yankees. Il se retrouve donc à être l'éclaireur de toute une patrouille de yankees afin de les aider à trouver un endroit pour construire un fort tout en les éloignant du terrain de chasse des Sioux. Mais la mort du capitaine yankee, tué par un Indien solitaire, offre le commandement au lieutenant Driscoll qui décide de passer outre les consignes de O'Meara, s'attirant la foudre des Sioux... Cinéaste intelligent, Samuel Fuller évite tout le manichéisme du sujet en montrant des gens intelligents et des idiots rongés par la haine de chaque côté des deux camps. Ici l'homme est responsable de son propre destin, de ses choix et de sa conscience. O'Meara, personnage finalement assez passif auquel Rod Steiger prête ses traits, se retrouve tiraillé entre les Sioux dont il clame haut et fort qu'il en a épousé la culture et les américains qu'il rejette tandis que ses propres comparses Sioux ne l'ont jamais vraiment considéré comme l'un des leurs. O'Meara est donc un homme sans pays qui doit faire des choix pour trouver sa place au sein d'un monde violent que Fuller n'hésite pas à dépeindre ouvertement (les flèches fusent et le cinéaste s'autorise même un plan très rapide montrant l'impact d'une balle sur un front). Toujours aussi iconoclaste dans sa vision du monde, le cinéaste termine quand même son film sur une note laissant de la place à une légère note d'espoir mais démontre quand même toute la violence d'une Amérique qui, encore aujourd'hui, reste plus divisée que jamais.
Sorti en 1957, RUN OF THE ARROW est incontestablement le western le plus audacieux de Samuel Fuller. Entre sa mère qui pense qu’il vaut mieux pour lui qu’une corde yankee lui brise le coup, et sa compagne qui lui explique que le drapeau US sera toujours le sien, un rebelle, la guerre de sécession terminée, cherche une paix intérieure qu’il pensera trouver auprès des Sioux. Fuller pose toutes les questions sur le racisme et l’éduction, la tolérance et le Grand Esprit, la guerre et ses conséquences (qu’un Custer en herbe frustré déclenche sans les avoirs mesurées), sans partis pris et donc sans position. D’abord poussif, le film trouve son rythme lors de fameux “Jugement des flèches”, pour gagner en tension et donc en densité, jusqu’à l’attaque indienne. Elle est certainement une des meilleures filmées à ce jour (seule celle de Rio Conchos, réalisé sept ans plus tard, me paraît supérieure), et donne une véritable leçon aux tenants du tout numérique, qui, à quelques exceptions près, devraient étudier cette scène pour sa justesse et son impact exceptionnel. Si Rod Steiger offre une prestation mitigée, parfois touchant, parfois agaçant, parfois sobre, souvent cabotinant, Charles Bronson sculptural mélange de force et de retenue est très convaincant, comme la douce Sarita Montiel. Côté U.S. cavalerie, si Brian Keith tient bien son rôle, malheureusement Ralph Meeker en fait des tonnes alors que son personnage est déjà suffisamment chargé, sans qu’il soit besoin d’en rajouter. Enfin la mise en image de Joseph Biroc est de qualité, difficile d’en dire autant d’une musique parfois grandiose (Max Steiner non crédité), parfois mal à propos (la construction du camp, plus Mickey Mouse que western). Trop de réserves pour en faire un chef d’oeuvre, ce film qui déborde largement le cadre du western est curieusement porté au pinacle par les amateurs du genre et boudé par les autres.
Très bon western signé S. Fuller qui s'attaque à une thématique complexe, assez représentative de son oeuvre. L'histoire d'un homme qui cherche sa place dans un monde en pleine mutation, superbement interprété par R. Steiger. Sudiste indomptable et qui découvrira l'amour et une harmonie de vie qui le comblera de manière temporaire. Le film traite surtout de la place d'un homme dans une communauté qui n'est pas la sienne et toute la difficulté pour s'y sentir bien. C'est aussi un pur western qui montre certaines séquences du genre filmées avec vigueur. Fuller s'avère à l'aise malgré un budget que j'imagine assez faible et malgré quelques acteurs pas trop convaincants, c'est un film porteur de différents thèmes universels qui soulèvent de nombreuses questions, parfois émouvant et qui ne s’embarrasse ni d'emphase ni de lyrisme. Tout est ramassé, concassé, traité sur le vif pour un film brillant et très riche d'un point de vue philosophique. D'autres critiques sur
Malgré une première partie assez terne, il faut regarder ce film jusqu'à la fin pour en tirer la substantifique moelle. En premier lieu, Rod Steiger incarne un vétéran de l'armée confédérée, las de la guerre, et révolté contre le pouvoir nordiste. Il se réfugie chez les sioux dont il épouse l'une des leurs. Par la suite, dans le cadre de tractations entre les tribus sioux et l'armée américaine, il devient éclaireur au profit de celle-ci. Mais les évènements vont se précipiter par la faute d'un jeune officier imbu de pouvoir. Le vétéran O'Meara devra choisir entre sa fidélité envers sa tribu d'adoption et son allégeance au drapeau américain. L'éclat de la bataille finale entre les indiens et la troupe américaine donne ses lettres de noblesse à cette belle réalisation. Le démarrage est assez soporifique et les différents acteurs manquent de conviction dans la première moitié du film. Il faut attendre le troisième tiers pour que les acteurs prennent un peu d'épaisseur et rentrent avec plus de persuasion dans la peau de leur personnage. Rod Steiger interprète son rôle avec sobriété et Charles Bronson campe un chef indien tolérant mais ferme. Samuel Fuller a eu le mérite de faire un film audacieux, prenant fait et cause pour les indiens, dans une Amérique encore plongée dans les imprécations du Maccarthysme.
un beau western bien mené, mais plutôt contemplatif et frais pour un Fuller. Rod Steiger est vraiment séduisant en héros ironique et à l'esprit acéré, les paysages sont superbes et les attaques des Indiens sont assez chouettes. l'intrigue nous propose une vision intéressante de la naissance des USA, des rapports de forces après la guerre de Sécession, de la complexité des sentiments des Indiens envers les Blancs, et vice-versa. pas de bien absolu ni de mal absolu, pas de manichéisme idiot, mais quelle force !
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3,5
Publiée le 26 janvier 2012
Vaut-il mieux faire confiance au jugement des flèches qu'au jugement des hommes ? Ce classique du western des annèes 50 relate brillamment l'aventure d'un soldat sudiste qui, après la guerre de Sècession, prèfère rejoindre les Sioux que vivre avec les Yankees! il survit à la fameuse "course de la flèche" (inspirèe d'un vrai rituel indien) et èpouse une squaw, mais se retrouve bientôt rattrapè par son passè! Les figurants indiens descendent de Sitting Bull et de Red Cloud et sont tous de vèritables Sioux, à l''exception, ironie, de Frank de Cova, un mexicain espagnol, interprète du rôle de Red Cloud! Dans ce film, le rèalisateur Samuel Fuller prouve que l'exactitude historique n'exclut pas un certain lyrisme! Il faut souligner la remarquable composition de Rod Steiger...
Un western historique aux ressorts psychologiques sacrément bien étudiés et exposés. Un ex sudiste qui refuse d’accepter la défaite trouve refuge chez les Sioux et va devoir apprendre à démêler son ambivalence quant à son appartenance à un peuple. Un des tout premiers westerns où les Indiens sont montrés comme des êtres humains et non plus comme des sauvages vociférants et où les « Blancs » peuvent se montrer stupides, cruels et bornés. La mise en scène de Samuel Fuller ne s’embarrasse pas de florilèges et va droit au but avec une efficacité redoutable. La seule réserve concerne le choix de Rod Steiger pour le rôle principal, malheureusement un peu léger pour interpréter toutes les nuances de ce personnage contrasté. À remarquer dans un rôle secondaire de chef sioux, Charles Bronson alors débutant. Un beau film courageux sur les affrontements entre les peuples et sur les imbécillités de la guerre.
.Tout a fait exceptionnel et cela fait un bien immense de revoir un tel film après quelques modernités américaines uniquement tournées vers la rentabilité. C'est un des 100 meilleurs westerns surtout à cause de son contenu philosophique d'une richesse rarissime. On pourrait en discuter des heures avec Onfray tant il fait le tour de la nature humaine et qu'il renvoie le racisme à vrai nature:le caractère et l'éducation de chacun. Des dizaines de questions sont posées, y compris sur l'origine des États-Unis, dont chacun d'entre nous possède ou ne possède pas une réponse. Le réalisateur n'en donne pas. Avec Albert Camus,il est facile d'arrêter sa lecture pour réfléchir aux phrases écrites...Avec le cinéma cela va trop vite,l'action et l'émotion emportent la réflexion immédiate. C'est dans les ciné clubs que cela se passe. En plus, Samuel Fuller aux commandes,quel bonheur! Ce film est beau et aussi profond que « Naked kiss » qui lui restait sur un seul sujet. Constance Tower en prostituée au physique trop parfait fait penchant avec Rod Steiger au physique ici inattendu ,mais oh combien édifiant pour conforter les propos de Fuller. L'attaque finale des indiens avec de vrais chevaux et de vrais figurants fait pâlir toutes les images de synthèse actuelles...C'est comme déguster un grand cru classé derrière la dernière piquette en promotion Fuller est aussi un spécialiste des plans forts qui vous arrivent pleine face et c'est un des rares à faire pleurer quand on s'y attend pas avec des propos et des images extrêmement éloignées de toute sensiblerie. Les confrontations du héros avec sa mère ou son épouse en sont l'illustration la plus évidente. Vous l'aurez compris c'est un très grand film avant d'être un très beau western. Il faut ajouter que 'Run of arrows'' a chaque vision ce film parait de plus en plus beau et émouvant. (6 étoiles)